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[BOUQUINS] Stephen King – Joyland

15 Mai

S. King - JoylandPour l’inconditionnel que je suis la parution d’un nouveau roman de Stephen King est toujours un moment très attendu, malgré une mise en bouche un peu terne à l’occasion de la sortie de Sale Gosse, je me suis rué sur Joyland, et c’est plutôt confiant que je m’y suis plongé.
Pour Devin Jones, étudiant (et accessoirement puceau) de 21 ans, l’été 73 aurait pu être l’été de toutes les déprimes puisqu’il venait de se faire plaquer par celle qu’il considérait naïvement comme la femme de sa vie. Mais son emploi à Joyland, un parc d’attractions sur Heaven’s Bay, pourrait bien changer le cours des choses…
D’entrée de jeu l’épaisseur du bouquin peut surprendre les adeptes du King, avec un peu plus de 300 pages on est bien loin des pavés habituels ; court roman ou longue nouvelle ? Je miserai d’avantage sur la première option, l’auteur prend le temps de poser ses personnages, son décor et son intrigue.
Durant toute la première partie (difficile à délimiter vu que le bouquin n’est pas chapitré, mais on peut dire jusqu’à la journée du 4 juillet) on découvre le quotidien de Devin Jones à Joyland, ponctué par quelques phases d’auto-apitoiement sur sa condition de puceau, puis sur celle de puceau plaqué (on lui pardonne, un type qui écoute The Doors et les Pink Floyd ne qu’être un mec bien)… Déconcertant venant du King mais c’est tellement bien écrit (et, pour une fois, bien traduit) que l’on ne s’ennuie pas une minute tout en se demandant où l’auteur compte nous emmener. Rassurez vous les choses se précisent par la suite, l’intrigue se teinte d’un soupçon de fantastique sans toutefois sombrer dans l’horrifique.
Ecrit à la première personne, on vit les souvenirs de Devin, les rencontres et les événements via l’adulte qu’il est devenu (il raconte son séjour à Joyland une quarantaine d’années plus tard, de nos jours). Contrairement à 22/11/63 le contexte temporel ne joue pas un rôle primordial dans ce bouquin, que l’intrigue se déroule dans les années 70 ou de nos jours ne change pas vraiment la donne.
Pour tout vous dire ce roman est plutôt inclassable, tant dans l’oeuvre de Stephen King (il ne ressemble à rien de ce qu’il a déjà fait) que dans un genre en particulier (une pointe romanesque, un soupçon de fantastique et quelques pincées de policier… secouez le tout et vous obtiendrez Joyland). Mais il n’en reste pas moins que le King reste un conteur hors pair qui excelle faire vibrer les bonnes émotions au bon moment chez le lecteur et à surprendre encore et encore.
Peut être pas le meilleur cru de Stephen King mais un bouquin diablement efficace, même s’il faut peut être prendre un peu de recul pour l’apprécier pleinement. Déconcertant pour en revenir à mon premier qualificatif, et c’est sans doute ce qui le rend si intéressant.
Petit bémol à adresser à l’éditeur (Albin Michel), qu’est-ce que c’est que cette quatrième de couv’ odieusement racoleuse et limite mensongère ? « Les clowns vous ont toujours fait peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage… » A se demander si on a bien lu le même bouquin.

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15 Commentaires

Publié par le 15 mai 2014 dans Bouquins

 

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15 réponses à “[BOUQUINS] Stephen King – Joyland

  1. gruznamur

    15 mai 2014 at 15:09

    Je suis bien d’accord sur la 4° de couv ! très racoleuse !
    J’ai vécu le même genre d’émotions que toi durant cette lecture, par contre c’est marrant moi j’ai trouvé que c’était du King pur jus, comme on le trouvait dans pas mal de ses novellas par exemple

     
    • Lord Arsenik

      16 mai 2014 at 06:53

      C’est le début mou du bulbe qui m’a surpris. Ca aurait pu faire l’objet d’une nouvelle avec moitié moins de pages mais là je pense qu’il aurait manqué quelque chose (je sais je cultive l’art du paradoxe).

       
      • gruznamur

        16 mai 2014 at 07:10

        l’émotion n’aurait pas été la même, je pense

         
      • Lord Arsenik

        17 mai 2014 at 06:53

        On va sagement attendre Mr Mercedes, avec un peu de chance on pourra le découvrir en fin d’année.

         
  2. belette2911

    15 mai 2014 at 17:52

    Ils devaient être bourrés chez Albin Michel ! 😆 Ou alors, plan marketing pour attraper le client !

    21 ans, puceau et en dépression après la perte de celle qu’il pensait être la femme de sa vie ? Il me fait penser à l’ex de ma meilleure amie quand elle a croisé la route… 🙄 les scarifications en plus ! 🙂

    Je ne sais pas si j’irai faire un tour tout de suite au pays de la joy(issance?), j’attendrai sa sortie en poche… 😉

     
    • Lord Arsenik

      16 mai 2014 at 06:51

      Tu ne perdras rien à attendre la sortie en poche… Mais je confirme avoir bien aimé ce bouquin 🙂

       
      • belette2911

        16 mai 2014 at 16:39

        C’est déjà ça ! 😉 Si tu savais le nombre de super LP qui m’attendent, tu comprendrais que le King attendra aussi trèèèès longtemps !

         
      • Lord Arsenik

        17 mai 2014 at 06:54

        Je connais ça en version numerique, plus de 500 clients qui font la queue !

         
      • belette2911

        17 mai 2014 at 07:19

        Dis donc, c’est le Sofitel, chez toi, qu’on y fait la queue ??

        Je sors !!! :/ Mais avant de filer, j’en ai autant que toi en version papier !

         
      • Lord Arsenik

        19 mai 2014 at 13:10

        C’est juste un peu plus encombrant 🙂

         
      • belette2911

        19 mai 2014 at 21:50

        😆 Je me marre !!

         
  3. Zélie Coptaire

    21 mai 2014 at 21:01

    Je ne trouve pas que ce bouquin soit surprenant, ni le début mou du genou (ou du bulbe). Au contraire, je reconnais bien Stephen King et sa manière de folâtrer longuement avec ses personnages, avant d’enfin balancer l’action au lecteur (dont les moustaches frémissent alors d’impatience).

    Par contre, c’est vrai que l’intrigue est moins emberlificotée que d’habitude et j’aime assez ça. Dans « Sacs d’os » par exemple, King est allé nous chercher tellement de rebondissements de derrière les fagots que j’ai comme qui dirait égaré le fil de l’intrigue dans la 4ème dimension. J’adoooore Stephen King, je voudrais juste parfois qu’il se dise RSMG (reste simple mon gars), comme dans ce bouquin.

    Intégralement d’accodac (cotcotcodek) avec toi concernant la couverture pourrie !

     
    • Lord Arsenik

      22 mai 2014 at 05:22

      Comme quoi nous avons chacun un ressenti différent, l’essentiel c’est d’apprécier.
      Finalement c’est King le coupable, l’an dernier on a eu le droit à deux excellents titre du coup on s’habitue à l’excellence.

      Encore deux titres annoncés pour cette année aux States.

       
  4. Zélie Coptaire

    22 mai 2014 at 21:27

    Il nous faudra mijoter dans la bouillante marmite de l’expectative ! Stephen King est absolument épatant, inclassable et de surcroît, anthume : profitons-en !

     
    • Lord Arsenik

      26 mai 2014 at 11:11

      Je suis confiant, je n’ai jamais été franchement déçu par Stephen King.
      Il y a de l’excellent, du très bon, du bon et du moyen mais rien de mauvais…

       

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