[BOUQUINS] Graeme Simsion – Le Théorème Du Homard

G. Simsion - Le Théorème Du HomardChangement total de registre le temps que mes constantes (rythme cardiaque et tension nerveuses) redescendent à des niveaux normaux après avoir fortement rudoyées par la lecture de Je Suis Pilgrim. Rien de tel pour se faire que de s’offrir une séance de musculation zygomatique (en clair se payer une bonne tranche de rire), il me semble avoir sorti de mon Stock à Lire Numérique le titre parfait ce genre d’exercice. La chose s’appelle Le Théorème Du Homard et est signée Graeme Simsion.
A 39 ans, Don Tillman, brillant professeur de génétique, est toujours à la recherche de la femme idéale. Il faut dire qu’il est tellement psycho-rigide qu’il en devient inapte à toute relation sociale normale. Il en va de même pour la future heureuse élue, elle devra répondre à des critères bien spécifiques. Et c’est tout le contraire de Rosie Jarman, la trentaine, étudiante en psycho le jour et barmaid la nuit, à la vie dissolue, qui croisera son chemin presque par hasard…
Encore un australien et encore un premier roman (mais cette fois l’essentiel de l’histoire se déroule en Australie)… Et encore une réussite (les droits ont déjà été achetés en vue d’une adaptation au cinéma) ! La comédie romantique (et la romance d’une façon générale) ne figure pas franchement dans mes genres littéraires de prédilection, mais, curieux de tout, j’aime parfois m’aventurer hors des sentiers battus. Parfois (souvent) c’est l’occasion de quelques belles découvertes, ce qui est confirmé avec ce bouquin.
Ecrit à la première personne, il nous présente les choses telles que Don les vit et les interprètes. C’est justement dans leur interprétation que l’on se rend compte que plus socialement inadapté et en total décalage avec la réalité, tu meurs ! Même moi à côté de lui je fais figure d’amateur ; et pourtant, en gros ours grognon, je fais le minimum syndical en matière d’efforts d’intégration sociale, ma politique serait plutôt : « Je suis comme je suis, j’assume. A prendre ou à laisser. » (la version longue est un peu plus longue est pas toujours très polie dans sa formulation).
Est-ce que sa rencontre avec Rosie va lui permettre de profiter pleinement et simplement de la vie, et d’éjecter le tronc de sequoia qu’il a dans le cul ? Heu… C’est une comédie romantique pas un psycho-drame, la réponse est évidente avant même de commencer à lire le bouquin. Est-ce que ça se confirme au fil des pages ? Si tu veux savoir, tu vas chercher le bouquin et tu le lis.
Le bouquin repose essentiellement sur le paradoxe entre Don et Rosie, leur façon de voir la vie étant radicalement différente on le droit à quelques échanges qui, parfois, flirtent avec l’absurde. D’autres personnages interviennent dans l’histoire dont le couple, Gene (un peu gros beauf et beaucoup queutard… mais pas méchant) et Claudia (ses conseils sont bien plus pertinents), les seuls amis de Don.
Pas de grande surprise au rendez-vous, on retrouve tout les classiques de l’amour impossible revus et corrigés par la comédie dramatique. Même si on ne s’esclaffe pas à tout bout de champ, un sourire quasi permanent nous accompagne au fil de cette lecture pleine de fraîcheur et de bonne humeur.
Cerise sur le gâteau c’est vraiment bien écrit, une lecture agréable et fluide (ça se lit tout seul) ; parfois ça fait du bien ces petites bouffées d’oxygène dans ce monde de brutes (surtout dans mes choix de lecture les brutes). J’ai passé un très bon moment avec ce bouquin et je ne peux que vous le recommander si vous cherchez une escapade littéraire sans prise de tête. A défaut de m’avoir tuer ce homard m’a fait beaucoup de bien.
Un petit exemple de l’ampleur du handicap social de Don : « Il est presque impossible d’établir des comparaisons pertinentes entre les niveaux de bonheur, surtout sur de longues périodes. Pourtant, si on m’avait demandé quel avait été le jour le plus heureux de ma vie, j’aurais cité sans hésitation la première journée que j’avais passée au Musée d’histoire naturelle de New York. Je m’étais rendu dans cette ville à l’occasion d’un colloque, à l’époque où je préparais mon doctorat. Le deuxième plus beau jour de ma vie avait été le deuxième jour que j’y avais passé, et le troisième le troisième jour. » Et encore ce n’est pas le pire (au premier regard le gars jauge son interlocuteur, homme ou femme, sur une estimation de son âge et de son indice de masse corporelle)…
Vous vous demandez peut être d’où vient le titre, simplement d’une des exigences de Don quant à la sélection de la femme idéale, le mardi au dîner c’est salade de homard, une des règles de son Système de Repas Normalisés (je vous laisse le plaisir de découvrir les détails de la chose).

[BOUQUINS] Terry Hayes – Je Suis Pilgrim

T. Hayes - Je Suis PilgrimL’accueil unanimement enthousiaste reçu par ce bouquin a suffi à titiller ma curiosité, il était grand temps que je plonge mon nez dans c’te chose et m’en fasse ma propre idée. Ah oui, j’allais oublier, la chose en question s’appelle Je Suis Pilgrim et est signée Terry Hayes.
Pilgrim est le nom de code d’un ancien responsable de La Division, une agence de renseignement ultra secrète, aujourd’hui jeune retraité. Expert en criminologie et en médecine légale, il a écrit un ouvrage de référence sur le sujet. Appelé sur une scène de crime il ne tarde pas à apprendre que l’assassin, une femme, s’est inspirée de son livre pour commettre le crime parfait. Commence alors une traque dont il ne soupçonne ni l’ampleur, ni les enjeux…
Pas de mise en bouche, on entre directement dans le vif du sujet, à savoir une scène de crime particulièrement sordide. On peut alors légitimement s’attendre à une chasse à l’homme (ou plutôt à la femme) et tout ce qui va avec, que nenni ! Trop classique ! Au lieu de ça le narrateur, Pilgrim himself, nous fait partager ses souvenirs, ses missions au sein de La Division, et en freelance. Je suppose que vous vous demandez si Terry Hayes n’aurait pas fumé la moquette. Que nenni de nouveau ! Le gars sait exactement ce qu’il fait et nous mène là où il veut par le bout du nez. Non seulement les souvenirs de Pilgrim sont passionnants (et peuplés de grandes figures du terrorisme contemporain, tels que les sympathiques Mollah Omar et Ben Laden) mais en plus ils sont plus ou moins liés à cette fameuse scène de crime et au reste. Comment ? Et puis quoi encore ? Rien de rien, je ne dirai rien. Si ce n’est que l’auteur sait y faire pour rendre son bouquin hautement addictif !
Au niveau des personnages on suit un parallèle un tantinet manichéen entre la progression de Pilgrim (incarnation du Bien) et celle du Sarrasin (son alter égo du côté obscur). Deux hommes déterminés à arriver à leurs fins, on se doute que la rencontre sera explosive…
Plus les pages défilent et plus la chasse à l’homme se transforme en course contre la montre, tandis que le scénario apocalyptique imaginé par le Sarrasin se met en branle. Et nous brave lecteur égaré on pourrait presque sentir la tension devenir palpable, nos nerfs seront mis à rude épreuve ! Un pur régal !
Le bouquin est relativement épais (600 pages bien remplies) mais le découpage en chapitres courts et percutants (en plus d’une intrigue sans temps mort) permet une lecture fluide. Le page turner par excellence, on a toujours envie d’en savoir plus et on ne lâche le bouquin qu’à regrets (si je l’avais lu pendant mes congés je suis certain que j’en serai venu à bout en deux jours).
Terry Hayes,anglo-australien (il a la double nationalité), signe là un premier roman parfaitement maîtrisé. Il faut dire que notre homme sait manier la plume puisqu’il est aussi scénariste (et accessoirement producteur) pour le cinéma (on lui doit notamment les scénarios de Mad Max 2, Calme Blanc, Payback et From Hell pour ne citer que les blockbusters) et pour la télévision. C’est difficile à expliquer mais son roman se lit comme on pourrait voir un thriller au cinéma, pas de chichis ou de baratin inutiles, un style trés visuel pour happer directement le spectateur/lecteur. Ca peut plaire ou déplaire, pour ma part je vote pour un sans faute (hormis quelques fautes de la part du traducteur qui semble avoir certaines lacunes orthographiques et grammaticales).
Je ne suis pas un adepte des classements, mais incontestablement Je Suis Pilgrim restera pour moi un must de cette année littéraire 2014.

– Edit du 6 juin 2014 –
Après un échange aussi courtois qu’intéressant avec Sophie Bastide-Foltz, la traductrice du bouquin, je tiens à faire deux choses :
– Remercier les traducteurs et traductrices, c’est grâce à leur travail et à leur passion que l’on peut s’évader aussi souvent dans les pages d’un livre
– Renvoyer la faute sur les relecteurs et correcteurs, c’est leur boulot de corriger les éventuelles coquilles.
J’espère avoir bientôt l’occasion de laisser une professionnelle vous parler de son métier.

[BOUQUINS] Stephen King – Joyland

S. King - JoylandPour l’inconditionnel que je suis la parution d’un nouveau roman de Stephen King est toujours un moment très attendu, malgré une mise en bouche un peu terne à l’occasion de la sortie de Sale Gosse, je me suis rué sur Joyland, et c’est plutôt confiant que je m’y suis plongé.
Pour Devin Jones, étudiant (et accessoirement puceau) de 21 ans, l’été 73 aurait pu être l’été de toutes les déprimes puisqu’il venait de se faire plaquer par celle qu’il considérait naïvement comme la femme de sa vie. Mais son emploi à Joyland, un parc d’attractions sur Heaven’s Bay, pourrait bien changer le cours des choses…
D’entrée de jeu l’épaisseur du bouquin peut surprendre les adeptes du King, avec un peu plus de 300 pages on est bien loin des pavés habituels ; court roman ou longue nouvelle ? Je miserai d’avantage sur la première option, l’auteur prend le temps de poser ses personnages, son décor et son intrigue.
Durant toute la première partie (difficile à délimiter vu que le bouquin n’est pas chapitré, mais on peut dire jusqu’à la journée du 4 juillet) on découvre le quotidien de Devin Jones à Joyland, ponctué par quelques phases d’auto-apitoiement sur sa condition de puceau, puis sur celle de puceau plaqué (on lui pardonne, un type qui écoute The Doors et les Pink Floyd ne qu’être un mec bien)… Déconcertant venant du King mais c’est tellement bien écrit (et, pour une fois, bien traduit) que l’on ne s’ennuie pas une minute tout en se demandant où l’auteur compte nous emmener. Rassurez vous les choses se précisent par la suite, l’intrigue se teinte d’un soupçon de fantastique sans toutefois sombrer dans l’horrifique.
Ecrit à la première personne, on vit les souvenirs de Devin, les rencontres et les événements via l’adulte qu’il est devenu (il raconte son séjour à Joyland une quarantaine d’années plus tard, de nos jours). Contrairement à 22/11/63 le contexte temporel ne joue pas un rôle primordial dans ce bouquin, que l’intrigue se déroule dans les années 70 ou de nos jours ne change pas vraiment la donne.
Pour tout vous dire ce roman est plutôt inclassable, tant dans l’oeuvre de Stephen King (il ne ressemble à rien de ce qu’il a déjà fait) que dans un genre en particulier (une pointe romanesque, un soupçon de fantastique et quelques pincées de policier… secouez le tout et vous obtiendrez Joyland). Mais il n’en reste pas moins que le King reste un conteur hors pair qui excelle faire vibrer les bonnes émotions au bon moment chez le lecteur et à surprendre encore et encore.
Peut être pas le meilleur cru de Stephen King mais un bouquin diablement efficace, même s’il faut peut être prendre un peu de recul pour l’apprécier pleinement. Déconcertant pour en revenir à mon premier qualificatif, et c’est sans doute ce qui le rend si intéressant.
Petit bémol à adresser à l’éditeur (Albin Michel), qu’est-ce que c’est que cette quatrième de couv’ odieusement racoleuse et limite mensongère ? « Les clowns vous ont toujours fait peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage… » A se demander si on a bien lu le même bouquin.

[BOUQUINS] Bernard Minier – Glacé

B. Minier - GlacéIl aura fallu un Book Club pour que je me lance enfin dans un roman de Bernard Minier, ses trois titres tournant autour du personnage de Martin Servaz autant commencer par le début. Place donc à ma chronique de Glacé.
Le commandant Martin Servaz de la SRPJ de Toulouse est appelé sur une scène de crime peu ordinaire. En effet la « victime » est un jeune pur-sang appartenant à un influent homme d’affaire de la région. Le cheval a été décapité, sa carcasse dépecée exhibée, à 2000 mètres d’altitude, sur le portique du téléphérique d’une centrale hydroélectrique appartenant au propriétaire…
Avant d’aller plus loin je tiens à préciser que ma présentation n’aborde qu’un aspect de l’intrigue. En parallèle à l’enquête de Servaz, on suit l’arrivée de Diane Berg, nouvellement embauchée comme psychologue au centre psychiatrique pénitentiaire du Dr Wargnier, un établissement proche de la scène de crime. Du coup forcément on peut supposer que tôt ou tard ces deux intrigues vont se télescoper.
Je vous rassure l’intrigue ne va pas tourner uniquement autour d’un canasson mort, l’auteur s’en sert comme d’une mise en bouche annonciatrice d’une affaire bien plus complexe que l’on pourrait le supposer. Bernard Minier sait y faire pour nous tenir en haleine, son arme n’est pas l’action mais plutôt l’ambiance et la tension psychologique. Il mène sa barque à son rythme, brouille parfois les pistes et ménage les imprévus.
L’autre force de l’auteur réside dans ses personnages, à commencer par Martin Servaz. La quarantaine, un brin hypocondriaque, empâté, maladroit et très mauvais tireur ; ce n’est pas vraiment un clone de l’inspecteur Harry, du coup on s’identifie plus facilement à lui et ses faiblesses nous le rendent encore plus sympathique. Le personnage le plus intrigant et le plus difficile à cerner est incontestablement Julian Hirtmann.
Le cadre, les Pyrénées au coeur de l’hiver, neige et brume, blanc et glacé, joue aussi beaucoup dans l’ambiance que l’auteur nous impose.
Ce qui m’a le plus frappé dans ce bouquin est le portrait sans concession, et visiblement bien documenté, de la prise en charge psychiatrique en France. Ca fait froid dans le dos.
Pour un premier roman l’auteur réussi un coup de maître, j’aurai beaucoup de plaisir à retrouver ses personnages dans les romans suivants, surtout s’ils sont du même gabarit que celui ci.
Petit bémol qui n’est peut être pas du fait de l’auteur, l’usage abusif des tirets demi-cadratins, notamment dans les dialogues, alors que de simples virgules auraient été plus adaptées d’un point de vue typographique. Idem avec une multiplication pas forcément souhaitable des mots en majuscules, là encore c’est surtout dans les dialogues que le bât blesse.

Provinciales 2014 – Les résultats

Des élections marquées, sans réelle surprise, par une abstention relativement forte. Une abstention qui a plus que probablement profité aux indépendantistes (nombre de loyalistes, déçus par les divisions affichées, ont préféré bouder les urnes en guise de sanction). Pour ma part j’ai pris le parti d’aller voter, droit dans mes bottes c’est sur la liste de Calédonie Ensemble que mon choix s’est porté.

Province Sud

– Calédonie Ensemble : 36,5% des voix, 16 sièges
– Front Pour l’Unité : 19,9%  des voix, 9 sièges
– Union pour la Calédonie dans la France : 18,1% des voix, 8 sièges
– Nation Arc-en-Ciel : 18,1% des voix, 7 sièges

Province Nord

– UNI : 38,2% des voix, 9 sièges
– UC-FLNKS : 35,4% des voix, 9 sièges
– Une Province pour Tous : 10,7% des voix, 3 sièges
– Entente Provinciale Nord : 9,3% des voix, 1 siège

Province Iles

– UC-FLNKS : 39,1% des voix, 6 sièges
– Parti Travailliste : 16% des voix, 2 sièges
– Palika : 15,1% des voix, 2 sièges
– LKS-UPM : 11,5% des voix, 2 sièges
– Union pour Construire les Loyautés : 11,5% des voix, 2 sièges

Le nouveau visage du Congrès

Selon toute vraisemblance, 29 sièges pour le camps loyaliste et 25 pour les indépendantistes.

– Calédonie Ensemble : 15 sièges
– FPU : 8 sièges
– UCF : 6 sièges
– UC-FLNKS : 15 sièges
– Palika-UNI : 6 sièges
– LKS-UPM : 1 siège
– PT : 1 siège
– UL : 1 siège

Sans surprise CE confirme sa position de leader du camps loyaliste mais ne parvient pas  à obtenir la majorité au Congrès (le contraire eut été étonnant). Selon toute logique les trois frères ennemis loyalistes vont donc devoir oeuvrer ensemble s’ils veulent faire avancer le schmilblick dans le bon sens. A moins que certains ne nous rejouent le jeu des alliances contre nature…

[MUSIC] EPICA – The Quantum Enigma

Epica - The Quantum EnigmaCa fait un moment que je ne vous ai pas offert une chronique musicale, il était temps d’y remédier, et qu’espérer de mieux qu’un nouvel album studio du groupe de Metal Symphonique néerlandais, Epica. Leur sixième album studio, sorti début mai, s’appelle The Quantum Enigma.
J’ai découvert Epica avec l’excellentissime Design Your Universe (2009), avant de rattraper mon retard et de m’offrir l’intégralité de leurs albums. J’ai volontairement passé sous silence leur précédent opus, Requiem For The Indifferent (2012), qui m’a laissé un sentiment mitigé (voire une franche déception). Heureusement le triple album live Retrospect (2013) m’a rappelé  quel point le groupe pouvait me faire vibrer de plaisir (grosse lacune de ma part de ne point l’avoir chroniqué, on va dire que j’étais trop charmé pour trouver les mots).
Trêve de digression, attaquons la cuvée Epica 2014. Comme toujours le premier ravissement est visuel, la jaquette est particulièrement soignée, ça donne envie d’aller plus loin dans la découverte de la chose. On pose la galette dans le lecteur et on appuie sur la touche PLAY, let’s go…
Début en douceur avec Originem, un instrumental symphonique sublimé par les choeurs. Une mise en bouche avant d’enchainer avec The Second Stone. Aucun doute c’est bien un album d’Epica que l’on a entre les mains, Une mélodie mêlant un son brut de décoffrage tendance death metal et les envolées symphoniques. On retrouve le même cocktail dans les voix, la douceur de Simone Simons est magnifiée par le « grunt » de Mark Jansen.
Je ne vais pas vous passer en revue les 14 pistes (+ 4 en version acoustique dans l’album au format digipack 2CD). Epica fait dans la continuité (le côté symphonique est assumé, et même revendiqué) tout en se renouvelant, c’est vrai pour la musique (l’interlude instrumental The Fith Guardian est porté par des sonorités asiatiques), mais aussi et surtout pour le vocal (Simone Simons ne mise plus uniquement sur ses performances lyriques, elle déploie aussi des mélodies plus posées).
On trouve quelques (beaucoup en fait) perles sur cet album, si je ne devais en retenir que deux je citerai Unchain Utopia qui permet d’apprécier pleinement le jeu vocal de Simone Simons et Omen (The Goulish Malady) pour sa mélodie  vous filer la chair de poule (un orgasme auditif, rien que ça !).
Pour être totalement honnête je ne peux passer sous silence quelques (rares) couacs, le principal étant Reverence (Living In The Heart) qui fait globalement brouillon (voire foutoir). On peut aussi reprocher au titre The Quantum Enigma (Kingdom Of Heaven Part II) de traîner un peu en longueur (12 minutes ce n’est pas rien), dommage que ce soit lui qui clôture la version « ordinaire » de l’album. Raison de plus pour vous offrir la version double, qui propose un titre bonus et surtout 4 morceaux acoustiques de toute beauté.
Je veux finir cette chronique sur une note positive, sans être irréprochable l’album devrait combler les fans en s’imposant comme un digne successeur de Design Your Universe, et pourquoi attirer de nouveaux fans dans les filets d’Epica.

The Essence Of Silence

Provinciales 2014 – Les listes en lice

Comme vous pouvez le constater je ne me suis guère étendu sur la campagne pour les élections provinciales alors que, au niveau local, il s’agit du scrutin le plus important. Le but du jeu étant en effet de désigner les assemblées de Province et, de fait, le Congrès et le Gouvernement pour les 5 prochaines années. La raison de mon silence est on ne peut plus simple : un total désintérêt pour la chose au vu de l’abrutissement obtus du camps loyaliste.
Il y a peu le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes titrait « Et si le Congrès basculait ? » (dans l’hypothèse d’une majorité indépendantiste), j’aurai envie de répondre que ce serait bien fait pour la gueule de ces imbéciles pas foutus de voir au delà de leur nombril et de leur ego démesuré. Mais bon je ne m’attarderai pas d’avantage sur la question, ils ne méritent rien de mieux qu’un silence méprisant.

Petit tour d’horizon des listes en présence dans chacune des 3 provinces.

Province Sud

40 élus provinciaux dont 32 représentés au Congrès.

– La coalition Trahir Ensemble (RUMP, LMD, Avenir Ensemble) sous l’étiquette Front pour l’Unitémenée par Cynthia Ligeard.
– L’union des clones UMP like sous l’étiquette Union pour la Calédonie dans la France menée par Sonia Backes.
– Le challenger qui voudrait être calife à la place du calife, Calédonie Ensemble, mené par Philippe Gomes.
– L’invité surprise, Convergence Pays de Stéphane Hénocque.
– La liste Front National de Bianca Hénin.
– La coalition indépendantiste, Construisons Notre Nation Arc-en-Ciel, menée par Roch Wamytan.

Province Nord

22 élus provinciaux dont 15 représentés au Congrès.

– Union Nationale pour l’Indépendance (Palika) de Paul Néaoutyne.
– UC-FLNKS de Gilbert Tyuiénon.
– Parti Travailliste de Georges Mandoué.
– Une Province pour Tous (Calédonie Ensemble) de Gérard Poadja.
– Entente Provinciale Nord (RUMP) de Francis Euriboa.

 Province Iles

14 élus provinciaux dont 7 représentés au Congrès.

– UC-FLNKS de Néko Hnépeune.
– Union pour Construire les Loyauté (UC Renouveau) de Jacques Lalié.
– Palika de Charles Washétine.
– L’Autre Voix (LMD, unique liste loyaliste) de Simon Loueckhote.
– LKS-UPM de Basile Citré.
– Parti Travailliste de Louis Kotra Uregei.

Et moi, et moi, et moi ? Deux options s’offrent à moi :
– Si je veux être en raccord avec ce billet, dimanche je mate un bon film avec quelques bières au frais.
– Comme annoncé précédemment je vote pour la liste de CE, pas par conviction mais pour voter utile (le scrutin est à un seul tour).
Réponse la semaine prochaine avec un rapide tour d’horizon des résultats. A moins que je ne décide d’attendre la désignation du bureau du Congrès (encore un moment épique et prévision)…

[BRD] Le Hobbit – La Désolation De Smaug

La Désolation De SmaugCa fait un moment que je ne vous ai pas fait une chronique cinéphile, non que je boude le genre mais disons que les programmes de CanalSat ne sont pas vraiment transcendants en ce moment. Heureusement les sorties blu-ray permettent de compenser cette pauvreté télévisuelle, et rien de tel pour s’évader qu’une incursion en Terre du Milieu en compagnie de Peter Jackson, en l’occurrence pour le second volet de la trilogie du Hobbit, La Désolation De Smaug.
On retrouve Bilbon (Martin Freeman), Gandalf (Ian McKellen) et les nains menés par Thorin (Richard Armitage) en route vers la reconquête du Mont Solitaire, devenu la tanière du dragon Smaug. Mais la route des aventuriers est peuplée d’embuches qui peuvent s’avérer mortelles, D’autant qu’un mystérieux nécromant regroupe les armées orcs sous le commandement d’Azog Le Profanateur (Manu Bennett)…
Sans surprise cette nouvelle aventure en Terre du Milieu nous offre un grand moment de cinéma, de l’action, de l’humour, de l’évasion… Bref toute la magie du cinéma réunie dans un seul film ! Une fois de plus Peter Jackson nous fait vivre et vibrer au sein de l’univers imaginé par JRR Tolkien, il réussit même  sublimer l’original en lui donnant la même dimension épique que Le Seigneur Des Anneaux.
Outre la beauté naturelle des extérieurs, on a le droit  des décors aussi divers et variès que somptueux, qu’il s’agisse de la magnificence de la cité des elfes de la Forêt Noire ou des ténébreuses ruines de Gol Dulgur, le repaire du nécromant. Pendant 160 minutes on en prend plein les yeux, et on en redemande !
Au niveau des personnages on reste en terrain connu avec toutefois quelques nouvelles têtes, les plus remarquées étant l’elfe Tauriel (Evangeline Lilly) et Bard (Luke Evans), l’archer de Lacville. La plus attendue et la plus remarquable étant le dragon Smaug,qui cette fois intervient activement dans la dernière partie du film. Sans parler du Nécromant que Gandalf finira par identifier, un beau début de transition entre les deux trilogies.
Inutile de préciser que les effets spéciaux sont de toute beauté, les scènes de combat parfaitement chorégraphiées (j’adore  celles confrontant Legolas et Tauriel aux orcs). Rien à jeter dans ce film, comme dans le cochon, tout est bon !
Le plus pénible va être de devoir attendre la fin de l’année pour connaître le fin mot de l’histoire, quant  moi qui suis adepte du home-cinema plus que du cinéma en salle je vais devoir prendre mon mal en patience jusqu’au second trimestre 2015… Avant de m’offrir la trilogie en version longue (la machine commerciale est bien huilée, mais pour des films de cette qualité je craque volontiers).