[BOUQUINS] Daniel Friedman – Ne Deviens Jamais Vieux

D. Friedman - Ne Deviens Jamais VieuxA contrario il est des livres pour lesquels je craque sans me poser la moindre question, Ne Deviens Jamais Vieux de Daniel Friedman fait partie de cette catégorie. Rien que le titre est une invitation à la lecture, la couverture est tout aussi craquante et la quatrième de couv’ plutôt alléchante. Ajoutez à cela que c’est Sonatine l’éditeur et voilà la cerise sur le gâteau (ou le gâteux en l’occurrence).
A quelques jours de ses 88 ans Buck Schatz est une ancienne gloire de la police de Memphis à la retraite. Son quotidien plus ou moins paisible et routinier est chamboulé quand il apprend que son tortionnaire pendant la Seconde Guerre Mondiale, Heinrich Ziegler serait vivant et aurait fui avec un trésor de guerre conséquent. Le hic c’est qu’il n’est pas le seul à le savoir et que l’or nazi semble susciter bien des convoitises, pas toujours bien intentionnées…
Une fois de plus Sonatine a su me surprendre et me séduire. Le personnage de Buck Schatz est des plus pittoresques, un vieux grincheux qui n’a pas sa langue dans sa poche et encore toute sa tête (même si parfois il semble en douter). Comme le bouquin est écrit à la première personne c’est lui qui nous guide tout au long de l’intrigue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la ballade ne sera pas de tout repos et parsemée de morts brutales. Buck est le plus souvent taciturne et bourru mais il lui arrive aussi d’être touchant (dans la complicité et la tendresse qu’il partage avec Rose, sa femme qui le supporte depuis 64 ans) et souvent drôle dans ses analyses (même si parfois c’est malgré lui). Un flic à l’ancienne complétement dépassé par la technologie actuelle. Mais il n’est pas facile de vouloir jouer les durs à cuire quand le corps ne suit plus. C’est ce mélange de force et  de fragilité qui rend le personnage de Buck aussi attachant.
Daniel Friedman nous propose un polar qui révise avec intelligence et brio les règles du genre. On a tout de même droit à une intrigue pleine de rebondissements, on se prend vite au jeu à essayer de trouver les réponses avant Buck. Si au départ Buck semble se lancer dans l’affaire simplement pour égayer une routine un peu trop paisible pour l’homme d’action qu’il a été, il va rapidement ses réflexes (façon de parler) d’enquêteur pour démêler ce sac d’embrouilles. Un dernier baroud d’honneur avant de tirer sa révérence…
Pour un premier roman l’auteur réussi un véritable coup de maître, c’est plutôt prometteur pour la suite, en espérant que suite (ou plus exactement autres romans) il y ait. J’ai été scotché dès les premières phrases et je n’ai pas décroché avant le clap de fin et quelle fin ! Même si j’avais identifié l’assassin avec une quasi certitude mais plus au feeling qu’autre chose.