[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Et Soudain Tout Change

G. Legardinier - Et Soudain Tout ChangeEn voilà un qui a bien failli voler la vedette à Franck Thilliez lors de la dernière ligne droite vers le sommet de mon Stock à Lire Numérique avant se faire griller in extremis par Psycho Killer. Changement total de registre puisque j’ai opté pour Et Soudain Tout Change de Gilles Legardinier, je fais aveuglément confiance à l’auteur pour une séance de musculation zygomatique !
Camille, 17 ans, mène sa vie d’adolescente entre sa famille et sa bande d’amis avec toute l’insouciance propre à cette période de notre vie. Où l’on ignore encore toute l’inconsistance de nos grands questionnements du moment. Un âge où l’on n’est plus un(e) enfant mais pas encore un(e) adulte. Une période de transition, loin de se douter que ce fragile équilibre peut voler en éclats pour X raisons…
Honnêtement si cette histoire n’avait pas été signée Gilles Legardinier je serai passé à côté du bouquin sans même y jeter un oeil. Mais l’auteur a su me rendre accro tant il parvient à se mettre dans la peau de ses personnages et à nous faire vivre des situations du quotidien (ou presque) vues sous un angle unique en son genre. Et une fois encore son don fait des miracles, on s’y croit vraiment et on partage intensément les émotions de Camille.
L’écriture et le style de l’auteur réussissent toujours à nous arracher des fous rires qui nous font passer pour de doux dingues vis à vis des spectateurs involontaires de nos bidonnages ; le résultat est encore pire si on essaye de se retenir, on en vient à ressembler à un constipé qui ferait une crise d’apoplexie sur le trône, les joues gonflées par le rire prisonnier, le corps agité de soubresauts douteux et les yeux baignés de larmes.
Mais l’auteur sait utiliser les séquences les plus loufoques pour nous faire partager des pensées plus profondes, à travers Camille bien entendu mais aussi toute sa bande de potes confrontés à des situations exceptionnelles qui les feront gagner en maturité et en profondeur. De ses trois romans estampillés humour celui-ci est sûrement le plus intense au niveau émotionnel, l’auteur aborde un sujet grave qui ne devrait pas préoccuper des adolescents, les larmes qui viendront baigner vos joues ne seront pas que des larmes de joie.
Autre signature humoristique de l’auteur on retrouve les couvertures colorées mettant en scène un chat, un chaton en l’occurence, le premier dans une situation « normale » pour un félin (pas de bonnet péruvien sur la tête, pas de confiturier en cuivre dans lequel il est assis… juste un chaton surpris par une coccinelle).
L’auteur nous promet un nouveau titre comique pour 2014, je brûle d’impatience de le découvrir, les trois précédents ont été de totales réussites (j’ai lu celui-ci d’une traite, en une journée), je lui fais aveuglément confiance pour nous embarquer dans son prochain délire. En 2015, il devrait signer son retour au thriller, là encore je l’attends de pieds fermes.
Ne zappez pas le mot de la fin de l’auteur, déjà par respect pour sa personne et son travail, mais aussi parce que présentement il se livre à coeur ouvert sur une partie de sa vie.

[BOUQUINS] Anonyme – Psycho Killer

Anonyme - Psycho KillerJ’avais prévu de chroniquer mes prochaines lecture par ordre d’arrivée dans mon Stock à Lire Numérique mais un trublion, survenu plus tôt que prévu, a remis en question mon choix. J’ai en effet été totalement incapable de résister à Psycho Killer, le dernier bébé de l’Anonyme à qui l’on doit la tétralogie du Bourbon Kid.
B Movie Hell était une bourgade paisible jusqu’à ce qu’un type portant un masque en forme de crâne surmonté d’une crête rouge ne débarque et ne commence son carnage à grands coups de couperet. L’ex agent spécial Jack Munson reprend du service afin de mettre fin au carnage orchestré par celui que l’on surnomme l’Iroquois. Mais les apparences sont parfois trompeuses, l’ennemi n’est pas forcément là où on l’attend…
Ceux qui ont lu Le Livre Sans Nom n’auront pas manqué de noter certaines similitudes, rassurez vous les quelques ressemblances s’arrêtent là, Psycho Killer bénéficie d’une intrigue qui lui est propre et l’ambiance à B Movie Hell est très différente de celle de Santa Mondega. Premier point, et non des moindres, aucun signe de fantastique dans ce roman, on est dans le thriller pur et dur. Même si l’intrigue est contemporaine il flotte sur l’ensemble un petit air de western spaghetti.
Globalement le bouquin est moins déjanté que la saga du Bourbon Kid, mais je vous garanti que l’on ne s’ennuie pas un instant au fil des pages (le week end m’aura suffi pour dévorer le bouquin). L’intrigue nous réserve son lot de personnages hauts en couleurs, une histoire menée tambour battant avec de nombreux rebondissements. Un thriller original, très rock n roll, truffé de clins d’oeil cinématographiques divers et variés (de Halloween à Dirty Dancing). Notre Anonyme préféré réinvente le roman noir avec un résultat aussi efficace que jubilatoire, et on en redemande (je retrouverai avec plaisir certains personnages mais je ne sais pas si cela est d’actualité dans l’esprit de l’auteur).
J’aurai pu m’épancher plus longuement sur certains personnages (en commençant par l’Iroquois, mais Jack Munson mérite aussi le détour, ainsi que Silvio Mellencamp), ou sur certains aspects de l’intrigue mais je préfère vous laisser découvrir tout ça par vous même et vous faire votre propre opinion de la chose. Vous l’aurez compris, pour ma part j’ai adoré !