[BOUQUINS] L.C. Tyler – Etrange Suicide Dans Une Fiat Rouge A Faible Kilométrage

L.C. Tyler - Etrange Suicide...J’ai eu beaucoup de raisons de me sentir attiré, presque aimanté, par ce bouquin. Déjà un titre à rallonge plus que bizarroïde, puis une couv’ sobre (faut dire que vu la longueur du titre la sobriété est obligatoire, ensuite l’éditeur (Sonatine) et enfin la quatrième de couv’ qui m’a paru être la cerise sur la cadeau. Et voilà mes chers lecteurs et amis comment je me retrouve à chroniquer Etrange Suicide Dans Une Fiat Rouge A Faible Kilométrage de L. C. Tyler.
Ethelred Tressider écrit sous trois pseudonymes différents trois types de romans différents, notamment des romans policiers. Un jour la police lui annonce que son ex-épouse a disparu en laissant une supposée lettre de suicide. Le lendemain le corps est retrouvé, il semblerait qu’elle ait été assassinée. Elsie Thirkettle, son agent littéraire, pousse son poulain à mener sa propre enquête mais notre écrivain n’est guère motivé à l’idée de jouer les détectives privé, pour lui une enquête de police est l’affaire des policiers…
Point de corps dans la Fiat rouge, point non plus de suicide à l’horizon. On se demande bien où le traducteur a été cherché un titre aussi tordu, seule la Fiat rouge est présente dans le récit. Il faut bien avouer que le titre original, The Herring Seller’s Apprentice, n’est guère plus évocateur du contenu puisque qu’il pourrait se traduire littéralement par L’Apprenti du Vendeur de Harengs (à moins que la subtilité d’un jeu de mot ne m’ait échappé).
La construction même du bouquin est plutôt originale, le plus souvent on suit la progression de l’intrigue à travers le personnage d’Ethelred, mais parfois Elsie vient y mettre son grain de sel (ces deux points de vue sont écrits à la première personne, différenciés par le choix de la police de caractère) ; plus tard on retrouve des premiers jets du prochain roman d’un Ethelred en mal d’inspiration. Ca peut paraitre chaotique mais tout s’emboite parfaitement (hormis les digressions littéraires d’Ethelred qui semblent être là juste pour le fun) au fur et à mesure que l’on suit l’enquête pas vraiment conventionnelle d’Ethelred et Elsie (des prénoms à coucher dehors vous en conviendrez avec moi).
N’espérez pas un thriller qui vous hérissera le poil des pieds à la tête (si vous frissonnez en lisant ce bouquin alors c’est qu’il doit y avoir un courant d’air quelque part chez vous), le ton est franchement léger, l’auteur joue plus la carte de l’humour que du suspense, toutefois l’enquête n’est pas totalement laissée en plan, elle est même plutôt bien ficelée et nous réservera quelques surprises (le final est grandiose). Un polar burlesque qui procure un réel plaisir de lecture.
Ethelred et Elsie sont des personnages récurrents de L. C. Tyler (ce qui est loin d’être une évidence à la fin de ce premier volet), à ce jour la série comporte quatre titres (celui-ci est le premier) ; le second roman de la série devrait sortir dans les prochains jours chez Sonatine, nul doute que les autres suivront. J’ai hâte de découvrir les prochaines péripéties d’Ethelred et Elsie…

Syrie or not Syrie ?

SyrieA l’heure où Barack Obama attend le feu vert du Congrès américain pour lancer une action militaire contre le régime de Bachar Al Assad et où notre Flamby national attend la décision de Barack pour se joindre à la coalition (« dualition » ça existe ? Parce qu’à part Obama et Flamby personne ne semble presser de se mouiller, même ceux qui approuvent « par principe » le font du bout des lèvres), je reste pour ma part plus que perplexe sur la question.
Entendons nous bien je ne cautionne aucunement les agissements de Bachar Al Assad, ce type est un fumier de première, une ordure de la pire espèce mais… (sans le mais ça serait pas marrant) je serai tenté de dire on sait ce qu’on perd mais pas ce que l’on gagne. Le reportage sur les Tribunaux Islamistes, diffusé dans le dernier numéro de Sept à Huit (sur TF1) n’aura fait que confirmer mes craintes.
Ca se passe à Alep, ville contrôlée aux deux tiers par la rébellion syrienne et notamment par le groupe Jabhat Al-Nosra, mouvement inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’ONU et qui revendique clairement son attachement à Al Qaïda. Ces « gentils rebelles » promettent d’instaurer la paix en Syrie dans le cadre d’une république islamiste (deux mots antonymes) régie par les lois de la charia… Tout un programme ! Il suffit de voir ce qui se passe dans ces prétendus tribunaux islamistes (sans parler de ce qu’on n’a pas vu, les journalistes n’ayant pas le droit de pénétrer dans le tribunal central qui juge les cas les plus « lourds »… genre de truc où tu rentres pour ne jamais en ressortir) pour se faire une idée de l’avenir de la Syrie.
On a vu comment avec la Tunisie et l’Egypte, comment un printemps arabe peut devenir un long hiver pour la démocratie (pour nos « gentils rebelles » de Jabhat Al-Nosra, la démocratie est « la religion des impies« ) ; du coup perso avant de renverser Al Assad j’y réfléchirai à deux fois. Virer une ordure pour mettre une pourriture à la tête du pays, c’est tendre le bâton pour mieux se faire battre ! Wait and see, mais faudra pas venir pleurer si ça leur pète à la gueule.
Vous me direz « c’est ton point de vue ça n’engage que toi… », oui et comme d’hab j’assume parfaitement ma prise de position sur cette question. C’est aussi le point de vue de Domenico Quirico, journaliste italien détenu pendant cinq mois par l’opposition : « J’ai cherché à raconter la révolution syrienne, mais il est possible que cette révolution m’ait trahi, parce que ce n’est plus la révolution que j’ai connue il y a deux ans à Alep, laïque et tolérante » (à lire dans Le Monde). CQFD !