[BOUQUINS] Jac Barron – Plasma

J. Barron - PlasmaJe continue à épurer les « séries » que j’ai commencé (et y’a du boulot vous pouvez me croire), retour au thriller avec Plasma, le second opus de La Trilogie Des Pulsions de Jac Barron.
Après une série de cinq crimes aussi atroces qu’inexpliqués dans la même journée à Paris, les inspecteurs Lisa Gaspini et Richard Norias, chargés de l’enquête, se font assister par Marc Dru afin d’obtenir un regard nouveau sur l’affaire. Rapidement Franck Marshall et Serge Miller vont, eux aussi, se retrouver impliqués dans l’enquête. Les trois hommes ne sont pas encore totalement remis de leur expérience commune face au « Prédateur », cette affaire mettra, une fois encore, leurs nerfs à rude épreuve…
Comme dans le premier opus, Les Cicatrices, on retrouve le même style qui ne s’encombre pas de bla-bla superflu pour nous plonger au coeur de l’intrigue. C’est du brut de décoffrage, trash certes mais pas gratuit, on a véritablement en main un thriller aussi percutant que passionnant. Les habitués retrouveront le même genre de découpage, chaque chapitre propose de voir la scène à travers les yeux d’un des personnages, outre nos trois « habitués », Marc Dru (le psy), Frank Marshall (le profiler) et Serge Miller (le flic), on aura aussi le droit aux points de vue de Lisa Gaspini et Richard Norias, sans oublier celui du tueur (Le Vétéran) ; et comme précédemment l’immersion dans la peau et l’esprit des personnages est complète.
Si l’intrigue n’est pas directement liée au précédent opus je vous recommande vivement de les lire dans l’ordre. Ce second tome apporte un regard nouveau (recul oblige) et complémentaire (les deux affaires cohabitent tout au long du roman) sur les faits décrits dans le précédent (entre les deux intrigues il s’est écoulé un peu moins d’un an), les personnages ont été fortement ébranlés par leur expérience commune (et chacun surmonte à sa façon le traumatisme) mais surtout, et ce serait de loin le plus regrettable, vous perdriez tout effet de surprise en lisant Les Cicatrices après celui-ci.
Je pense être quelqu’un de très ouvert en matière de paranormal, parapsychologie et tutti quanti, aussi un soupçon de ces petites choses dans un thriller ne me dérange pas mais là il y en a juste trop. Si j’étais plongé dans un thriller fantastique ça ne me dérangerait pas outre mesure, seulement voilà en ouvrant ce bouquin j’attendais un thriller fortement ancré dans le réel, comme son prédécesseur, ici la surenchère parapsychique nuit à l’ensemble plus qu’autre chose (c’est en tout cas mon opinion personnelle). Hormis ce petit bémol je tiens à préciser que vous aurez entre les mains un thriller aussi riche (et richement documenté) qu’efficace, rythmé et bourré de rebondissements, du haut de gamme ; disons qu’au lieu d’un brillant 10/10 je me contenterai de lui attribuer un 9 plus qu’honorable.
Il est indéniable que même l’intrigue globale est trop énorme pour que l’on y croie un seul instant mais malgré tout l’auteur parvient à nous faire entrer dans son jeu, du coup, bien sachant tout cela hautement improbable, on se laisse balader au fil des pages et plus on avance plus on brule d’impatience de connaître le fin mot de l’histoire.
Il semblerait que les bisbilles entre l’éditeur Transit et l’auteur se soient enfin réglées (l’éditeur a perdu les droits de la trilogie), Jac Barron travaille actuellement sur un tout autre roman, Addictions (à paraitre en novembre 2013) ; on peut donc légitimement espérer voir le troisième opus, Impulsions, courant 2014. Je suis curieux de savoir de quoi il sera question dans cet ultime opus, d’après le peu que j’ai pu lire çà et là il s’inscrirait vraiment dans la continuité des deux précédents tomes. Parmi le trio initial il en est qui ne seront forcément pas de la partie, tandis que certains personnages apparus dans Plasma joueront un rôle important dans ce volet final. L’attente sera d’autant plus longue que dans ses remerciements l’auteur promet de « passer à la vitesse supérieure » pour ce troisième opus…

[TV News] Vikings

VikingsLa série canado-irlandaise Vikings de Michael Hirst nous propose un mix réussi d’Histoire et d’aventures.
Scandinavie, à la fin du VIIIème siècle. Ragnar Lothbrok (Travis Fimmel), un jeune guerrier viking, est avide d’aventures et de nouvelles conquêtes. Lassé des pillages sur les terres de l’Est, il se met en tête d’explorer l’Ouest par la mer. Malgré la réprobation de son chef, Haraldson (Gabriel Byrne), il se fie aux signes et à la volonté des dieux, en construisant une nouvelle génération de vaisseaux, plus légers et plus rapides…
Proposée à l’origine par la chaîne History et reprise en France par Canal+, cette première saison se décline sous la forme de 9 épisodes de 42 minutes. Comme je l’ai dit en intro cette plongée dans l’univers des vikings permet de se familiariser avec une culture méconnue (de moi en tout cas) sans paraître trop didactique. Pour ce faire on a le droit à une intrigue qui tient la route, sans cesse renouvelée par maints rebondissements, beaucoup d’action, un soupçon de romance, des personnages soignés… Bref tous les atouts pour que le téléspectateur ait envie d’aller jusqu’au bout, et ça marche (du moins ça a marché avec moi).
Je ne dois pas être le seul à avoir été séduit puisque la série a été reconduite pour une seconde saison, en cours de tournage et annoncée pour 2014. Il faut dire que le final de la première saison laissait présager bien des rebondissements pour la suite. Il va juste falloir se montrer patient…
Pour la petite histoire Ragnar Lothbrok est un personnage qui a réellement existé et est considéré comme l’un des plus grand héros vikings ; la série ne prétend pas être une reconstitution fidèle de sa vie mais s’en inspire plus ou moins, mêlant quelques faits historiques à la fiction.
Moins glorieux pour ce brave Ragnar, la première fois que j’ai entendu son prénom je n’ai pu m’empêcher de sourire, ce n’est pas l’image d’un puissant guerrier viking qui m’est venue à l’esprit mais celle d’un viking qui s’escrime à choper un saumon avec un harpon taillé grossièrement dans un morceau de bois tandis qu’un autre lui lance en riant : Ragnar, tu veux du saumon ? (pub Apéricub).

Messieurs les éditeurs, respectez le numérique et le consommateur…

eBiblioQue ça plaise ou non il est indéniable que le marché du livre numérique explose sans doute du fait de la multiplication des supports (liseuses, tablettes, smartphones ou encore PC) toutefois il semblerait que les premiers concernés par la chose considèrent encore le phénomène avec un certain mépris… A moins qu’ils ne méprisent le consommateur, allez savoir. Je parle bien entendu des éditeurs.
Commençons par le sujet qui fâche, le prix. Pour un même bouquin on note à peine 5 ou 6 € de différence entre les formats papier et numérique. Au vu des coûts de production la différence devrait être d’au moins 10 €, voire plus ! Mais non, nos braves éditeurs préfèrent considérer que le consommateur moyen est une vache à lait qu’il faut traire jusqu’à la dernière goutte.
Je passe rapidement sur la question des DRM (droits numériques) qui pénalisent plus qu’autre chose le lecteur/acheteur lambda et démontrent chaque jour un peu plus leur inutilité et leur inefficacité. Ne vous voilez pas la face messieurs les éditeurs, un lecteur averti (honnête ou non) fera sauter ces saloperies en quelques clics.
Mettons que vos acceptiez de raquer et de faire avec les DRM, la moindre des choses serait encore d’espérer un résultat satisfaisant. Que nenni ! Il faut croire que les éditeurs considèrent le format numérique comme étant de seconde zone. L’étape de relecture doit être en option au vu des diverses fautes et coquilles que l’on peut relever dans un epub commercial : orthographe, typographie, mise en page… Rien n’est épargné ! Je mentirai en disant que c’est systématique mais c’est suffisamment fréquent pour être souligné. Passons l’éponge sur les maladresses qui alourdissent inutilement le fichier final (Black Moon est spécialiste du genre) et parfois même remettent en cause la lisibilité de la chose (comme ce fut le cas pour Inferno, le dernier Dan Brown, avec une image mal dimensionnée).
A l’heure actuelle la moindre des choses serait de proposer systématiquement le choix entre le livre traditionnel et son alter ego numérique, mais là encore la réalité est tout autre. Certains titres ne sortent jamais en version numérique. Encore une chose messieurs les éditeurs, vivez avec votre temps, le format PDF c’est dépassé pour un livre numérique ; vous n’achèteriez pas un téléviseur noir et blanc avec un tube cathodique, non ? Alors évoluez bordel de merde !
Et dire que ces mêmes éditeurs s’indignent du piratage de « leurs » titres. Désolé les gars mais ce marché parallèle propose un catalogue plus vaste que le vôtre, des titres dont la qualité est quasiment irréprochable (la plupart du temps), une totale liberté d’utilisation (adios DRM merdiques)… Et un excellent rapport qualité / prix ! Le jour où vous prendrez en considération les attentes des lecteurs numériques alors peut être que j’accepterais de sortir ma carte bleue pour m’offrir un ebook… Malheureusement il semblerait que ça ne soit pas pour demain !
Comme je l’ai dit en ouverture à ce post, le numérique peut plaire ou déplaire, il n’en reste pas moins qu’il existe et qu’il a ses adeptes, ceux-ci (dont je fais partie) sont en droit d’attendre des produits de qualité et non du travail bâclé refourgué au prix fort ! J’ai longtemps  été de ceux à cracher sur le numérique, du temps où le PDF régnait en maître absolu, puis j’ai découvert l’epub et me suis peu à peu converti. Ultime étape de ma conversion, la liseuse, depuis notre rencontre elle m’accompagne partout, quasiment 24/24 et 7/7. Toutefois je n’ai aucunement renié le livre papier, les deux formats cohabitent en parfaite harmonie chez moi.
Ne dites jamais jamais… Qui sait… Un jour peut être…

[BOUQUINS] Anthelme Hauchecorne – Baroque ‘n’ Roll

A. Hauchecorne - Baroque 'n' RollVoilà un bouquin dont le visuel aura fait le plus gros du travail, ne connaissant pas l’auteur je serai passé à côté sans cette couv’, le titre et la quatrième de couverture ont fait le reste et me voilà en train de chroniquer Baroque ‘n’ Roll, un recueil de nouvelles, ou plutôt devrais-je dire un cercueil de nouvelles pour reprendre les mots de l’auteur, Anthelme Hauchecorne.
Ce cercueil/recueil propose quinze nouvelles piochant allégrement dans le vaste genre SFFF ou S3F (Science-Fiction, Fantasy et Fantastique), l’auteur nous propose un vaste éventail du bestiaire du genre puisque l’on croisera au fil des pages : des diablotins, un vampire, des zombies, une fée, des extra-terrestres, et autres bestioles exotiques, même des superhéros ! L’auteur joue aussi sur les ambiances, on passe sans transition de l’humour (noir forcément) à quelque chose de plus brut, voire angoissant. Seule l’écriture reste la même (heureusement sinon on pourrait se demander si notre gars ne souffrirait pas de schizophrénie avancée), le ton est léger, ponctué de quelques remarques acidulées (voire franchement acides) de l’auteur. Si le genre est connu je peux toutefois vous assurer toutefois que l’originalité est belle et bien au rendez-vous, certaines trouvailles ne manqueront pas de vous surprendre…
L’auteur annonce la couleur dans son prologue avec deux définitions (que j’abrège ici) :
– Baroque : se dit de quelque chose d’irrégulier, de bizarre.
– Rock ‘n’ Roll : apologie de la transgression.
Prenez une dose de chacun de ces ingrédients, mélangez bien le tout et régalez-vous !
Avant d’entrer dans le vif du sujet l’auteur nous propose un rapide « historique » de chacune des nouvelles constituant ce recueil, quasiment toutes (il y en a une d’inédite dans le lot) sont issues d’anthologies, de fanzines ou webzines, publiées ici dans leur version d’origine ou retouchée pour l’occasion. La touche d’originalité de cette présentation tient au fait que l’auteur nous indique aussi l’ambiance musicale qui l’a inspiré au cours de la phase d’écriture (d’où le titre je suppose).
Je ne vais pas vous faire un topo sur chacune des quinze nouvelles, ça prendrait des plombes et ça n’avancerait pas à grand chose au final. Comme pour tout recueil de ce genre les différents récits sont inégaux, chacun appréciera plus ou moins, selon son propre ressenti. Pour ma part je n’ai relevé aucune fausse note, j’ai bien entendu mes préférences mais aucune nouvelle du présent volume ne m’a ennuyé ou déçu ; le choix de l’originalité et la variété dans la façon de traiter les divers thèmes abordés y sont sans doute pour beaucoup, le fait est que je me dois de tirer mon chapeau à Anthelme Hauchecorne, moi qui ne suis pas vraiment un amateur de recueil de nouvelles je me suis bien éclaté avec celui-ci.
Un second recueil/cercueil, Punk’s Not Dead, est annoncé pour le quatrième trimestre 2013, je m’en vais donc guetter les rayonnages de mes cimetières/librairies favoris afin de ne pas rater sa sortie, ensuite il sera toujours temps pour moi de me pencher sur ses romans si l’occasion se présente…

[BOUQUINS] Frédérique Deghelt – La Grand-Mère De Jade

F. Deghelt - La Grand-Mère De JadeAu programme de cette chronique un titre lu dans le cadre du Book Club de la Team AlexandriZ, un roman vers lequel je ne me serai pas naturellement porté mais étant ouvert à tout et au vu des nombreuses critiques positives j’ai décidé de jouer le jeu. L’heureux élu du mois de juillet 2013 est La Grand-Mère De Jade de Frédérique Deghlet.
Pour éviter que sa grand-mère, Mamoune, ne soit placée en maison de retraite, Jade, journaliste-pigiste, a « kidnappe » pour l’installer dans son appartement parisien. Au fur et à mesure qu’elles apprennent à se connaître et partagent leurs souvenirs, une véritable complicité nait entre les deux femmes. Un lien renforcé par l’amour des livres : tandis que Jade ambitionne de devenir écrivain, Mamoune s’avère être passionnée de littérature…
De prime abord, hormis l’amour des livres, je ne trouve rien de bien folichon là-dedans. Oui ce roman est une ode à la lecture et aux mots, ne serait-ce que pour ça il mérite largement que l’on s’y intéresse. Mais en plus il nous offre un formidable tourbillon d’émotions que l’on partage avec Jade et Mamoune, d’abord deux femmes qui se connaissent sans vraiment se connaître, puis qui se découvrent et tissent entre elles des liens qui vont bien au-delà des liens du sang. Impossible de rester de marbre face à la complicité qui unit ces deux femmes, avec elle on passe, du rire aux larmes sans aucune mièvrerie, des émotions vraies garanties sans guimauve ajoutée. C’est justement cette vérité dans les émotions qui fait que la sauce prend aussi bien et aussi vite.
Au fil des courts chapitres on passe d’un récit à la troisième personne pour suivre, vu de l’extérieur, le quotidien et les pensées de Jade, à un récit à la première personne, intime et direct, quand Mamoune nous livre ses impressions et ses souvenirs. Si la complicité entre ces deux femmes est touchante, leurs différences le sont tout autant, on assiste simultanément à deux visions de la vie, des sentiments, du temps qui passe et de l’avenir…
Pour couronner le tout la fin est des plus déconcertante, jamais je n’aurai imaginé un pareil baisser de rideau. Mais comme vous le savez déjà je ne vous en dirai pas plus. Lisez ce bouquin, quel que soient vos styles de lectures habituels je suis convaincu qu’il ne vous laissera pas indifférent.
J’ai abordé ce bouquin avec certaines réserves mais finalement il m’a profondément touché et totalement conquis (lu d’une traite dans la journée). Peut être en partie parce qu’il me renvoie l’image des échanges que j’aurai voulu avoir avec mon père avant qu’il ne « parte » (emporté par une longue maladie comme ils disent) plutôt que de me contenter du minimum syndical pour tout un tas de mauvaises raisons, aujourd’hui les non-dits sont condamnés à rester aux oubliettes (sans pouvoir être oubliés, ça serait trop simple) et même plus de 10 ans après son décès, j’ai encore du mal à me pardonner mon égoïsme et ma lâcheté de n’avoir osé faire le premier pas vers un « vrai »- dialogue…
Je ne me suis jamais fixé aucune limite quant à l’élargissement de mes horizons littéraires, j’ai mes genres de prédilection (et ils le resteront) mais reste ouvert à toute découverte, il faut juste le déclic pour me pousser vers ces « terres inconnues » ; merci aux Alexandriens et au Book Club de m’avoir permis de vivre une lecture qui met ud baume au coeur et à l’âme. Ne connaissant pas l’auteure il faudrait que je me penche sur ses autres titres, avec le même esprit de découverte, afin de voir si certains sont susceptibles de m’inspirer…

[BOUQUINS] Stéphane Beauverger – Le Déchronologue

S. Beauverger - Le DéchronologueRetour à mon challenge 100% SF avec un titre qui m’a été chaudement recommandé par Gruz (que je remercie pour cette excellente suggestion), j’ai nommé Le Déchronologue de Stéphane Beauverger.
XVIIème siècle, le capitaine Henri Villon et son équipage de flibustiers sillonnent les Caraïbes à bord de leur bâtiment le Déchronologue, en quête de galions espagnols à couler ou de quelques maravillas, ces trésors venus du futur, à glaner. Toutefois le Déchronologue est aussi investi d’une mission bien particulière, renvoyer dans leurs siècles les excursions ennemies venues d’autre temps, passés ou futurs, pour se faire l’équipage peut compter sur ses canons temporels. Sa rencontre avec un bâtiment de guerre venu du futur va totalement changer la donne…
Le bouquin se présente comme le journal de bord du Capitaine Villon, écrit en 1640 et 1653, mais ne se présente pas dans l’ordre chronologique d’écriture, on saute ainsi du chapitre 1 (1640) à 16 (1646) et ainsi de suite on fait des bonds en avant et des sauts en arrière ; ça pourrait paraître déconcertant mais finalement les chapitres s’enchaînent naturellement sans jamais casser le rythme de l’intrigue. Un pari osé pour l’auteur, que je ne connaissais pas du tout, mais au final l’auteur nous offre un véritable coup de génie plus que convaincant ; je suis même persuadé qu’en lisant le bouquin dans l’ordre chronologique il perdrait de sa magie (ne serait-ce que parce que c’est contraire à la volonté de son auteur mais aussi parce que ce choix vient souligner les distorsions temporelles).
L’intrigue démarre comme une vulgaire histoire de flibusterie avant de virer en uchronie où le passé, le présent et l’avenir s’affrontent, où le roman d’aventure croise la science-fiction. Un mélange plutôt étonnant et détonnant mais, une fois encore, l’auteur réussit un tour de force en rendant l’ensemble cohérent, on adhère sans se poser plus de questions que ça. Il faut dire que le style contribue beaucoup à cette cohésion, ne perdons pas de vue que notre héros vit au XVIIème siècle, il était donc important de restituer un style et un vocabulaire conforme à l’époque.
Au niveau des personnages le récit se concentre sur le capitaine Villon (et pour cause nous sommes sensés lire son journal) et son équipage, ou plutôt ses équipages au fil du temps et des bâtiments qu’il a commandé. Plus exotiques que les Espagnols, les Français et autres colons européens, on croise une étrange tribu d’indiens, les Itza (on apprendra plus loin ce qu’ils sont), mais surtout les mystérieux Targui, des êtres dont tout le monde se méfient mais dont on ne sait pas grand chose au final. La géographie du monde et plus particulièrement des Caraïbes évolue aussi au fil des tempêtes temporelles de plus en plus fréquentes, mais je vous laisse découvrir si cette évolution est positive ou négative.
Bien que n’étant pas un spécialiste, loin s’en faut, les Caraïbes du XVIIème siècle ainsi que la flibusterie semblent correspondre à la réalité (du moins à l’idée que je m’en fais) ; je suppose que l’auteur a dû sérieusement potasser le sujet (ce qui est confirmé par la bibliographie à la fin du roman) afin de combiner au mieux la réalité et la fiction. Uchronie oblige, l’Histoire suit un cours totalement différent de celui que nous connaissons (plus ou moins).
Sorti en 2009, Le Déchronologue peut se targuer d’afficher un joli palmarès de prix littéraires des genres S3F (Science-Fiction, Fantasy et Fantastique) dont le grand prix de l’Imaginaire 2010 et très honnêtement c’est plus que mérité. Outre une incontestable originalité le roman devient rapidement addictif, on brûle de découvrir les réponses aux multiples questions que l’on est amené à se poser au fil des pages et à force de patience notre curiosité sera satisfaite sur quasiment tous les points. Pour ceux qui, comme moi, se demanderaient la signification de CIRCA qui figure avant une année dans nombreux chapitres (ex. CIRCA 1653), sachez que cela signifie simplement non daté ou à différentes dates ; bin voilà je me coucherai moins con ce soir.
L’auteur a aussi à son actif une trilogie de SF, Chromozone, parue en 2005 mais qui semble avoir bénéficié d’un accueil nettement plus mitigé ; du coup je pense plutôt que je vais attendre son prochain roman en espérant faire le bon choix…

[BRD] Die Hard – Belle Journée Pour Mourir

Die Hard - Belle Journée Pour MourirSeconde et dernière escapade cinéphile du weekend plus contemporaine puisque nous opterons pour Die Hard – Belle Journée Pour Mourir, cinquième opus de la saga Die Hard avec cette fois John Moore aux commandes.
L’inaltérable John McClane (Bruce Willis) se rend cette fois à Moscou afin de voir dans quel pétrin s’est fourré son fils, Jack (Jai Cooper), emprisonné pour meurtre. Le jour du procès le tribunal est pris d’assaut par des hommes lourdement armés, Jack parvient à s’enfuir avec Yuri Kamorov (Sebastian Koch), un milliardaire que la mafia russe souhaite récupérer afin de mettre la main sur un arsenal nucléaire. Les deux hommes sont pris en chasse par une équipe de tueurs dirigée par Alik (Radijove Bukvic). John de son côté se joint à la course poursuite…
Le réalisateur change mais la recette reste la même, toujours plus d’action, de pétarades et d’explosions ; on est clairement dans le cinéma 100% divertissement avec zéro prise de tête, et à ce titre ce cinquième opus ne dénote pas dans la saga. Outre son lot de scènes aussi spectaculaires qu’improbables (encore que le réalisateur affirme avoir eu recours aux effets numériques que pour le strict minimum, le majorité des effets étant assurés à l’ancienne), le scénario, bien qu’un peu vide (on est loin des premiers films signés John McTiernan), réserve toutefois quelques surprises. Si je ne devais garder qu’une scène du film, je conserverai sans aucune hésitation la scène de course poursuite dans les rues de Moscou, elle vaut vraiment le détour et bat des records au niveau de la tôle froissée…
On aime ou on n’aime pas chacun voit midi à sa porte, perso je n’ai rien contre le cinéma musclé qui s’assume et offre des vacances à mon pauvre neurone défaillant. D’ailleurs, et histoire d’enfoncer le clou dans le postérieur des râleurs de tout poil, sachez qu’un sixième film est d’ores et déjà annoncé (sortie prévue en 2015), on connait le titre (Die Hardest), le scénariste (Ben Trebilcook) et le pays qui subira les foudres de John McClane (le Japon)… C’est à peu près tout ce qui filtre pour le moment (Jai Copper sera-t-il de la partie ? Wait and see). Par contre je vous rassure à en croire Bruce Willis ce sera la dernière fois qu’il incarnera le rôle de McClane, notre cher flic qui a le don de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment devrait donc pouvoir, enfin, jouir d’une retraite bien méritée.
En attendant, et malgré certaines critiques très négatives, ce cinquième film de la franchise s’est avéré être une bonne opération au box office mondial puisqu’il a d’ores et déjà engrangé 305 millions de dollars (pour un budget de 92 millions).

[BRD] Django Unchained

Django UnchainedPour notre première pause cinéphile du weekend nous nous plongerons dans l’univers regretté du western-spaghetti avec Django Unchained de Quentin Tarantino.
1858, Texas. Le Dr Schultz (Christoph Waltz), chasseur de prime d’origine allemande, affranchi Django (Jamie Foxx), un esclave, afin que celui-ci l’aide à identifier trois frères, des négriers particulièrement pervers. Leur mission accomplie les deux hommes s’associent pour une saison de chasse, après quoi ils décideront d’un plan afin de tirer Broomhilda (Kerry Washington), la femme de Django, des griffes de Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), son propriétaire, un puissant homme d’affaire qui dirige d’une main de fer le domaine de Candieland.
Ne tournons pas autour du pot : Quentin Tarantino signe là un hommage particulièrement brillant à un genre très en vogue dans les années 70/80 et c’est une totale réussite. Un  casting irréprochable (j’y reviendrai), des scènes dignes des plus grands westerns (je pense notamment à l’âge d’or de Sergio Leone), quelques touches d’humour bienvenues (le personnage de Schultz ne manque pas de finesse) et une bande son qui colle parfaitement au film (fidèle à son habitude Tarantino pioche dans sa discothèque personnelle, sans surprise on retrouve donc ici des titres d’Ennio Morricone).
Outre la casquette de réalisateur Quentin Tarantino est aussi à l’origine du scénario et s’offre même un petit rôle explosif. Ce qui m’amène donc à vous dire quelques mots du casting justement, outre le duo Jamie Foxx/Christoph Waltz qui fonctionne à merveille, on peut retenir la prestation de Leonardo DiCaprio qui campe, pour la première fois un personnage méprisable au plus au point et s’en sort à merveille, pour l’anecdote c’est la première fois depuis Mort Ou Vif (1995) qu’il n’occupe pas le haut de l’affiche. Difficile aussi de ne pas signaler la prestation de Samuel L. Jackson, qui incarne Stephen, le majordome de Calvin Candie et rivalise avec son maître pour se rendre haïssable.
Le film a raflé deux Oscars et deux Golden Globe (meilleur scénario et meilleur second rôle pour Christoph Waltz), signalons que Christoph Waltz a été « poussé » vers une carrière internationale par Quentin Tarantino dans Inglorious Basterds, son interprétation du Colonel SS Hans Landa lui avait déjà valu l’Oscar du meilleur second rôle.
Parlons gros sous pour terminer, une fois de plus Tarantino signe un film plus que rentable, avec une mise de départ de 100 millions de dollars le film a déjà rapporté, au box-office international, le pactole de 423 millions.

[NO COMMENT] Gueule De Bois

Je ne résiste pas à l’envie de partager ce texte trouvé sur le Net… Pour lecteurs avertis !

GUEULE DE BOIS

J’ouvre les yeux et regarde autour de moi. Pendant trois secondes de gloire, je me sens parfaitement bien. Mais la sensation me quitte aussi vite qu’elle est venue.
Bordel. Pourquoi est-ce que j’ai picolé autant hier soir ? J’ai la tête qui tourne. Quelle heure est-il ?
En sortant de ma chambre, je déambule tant bien que mal le long du couloir. Les toilettes. Je rends hommage au dieu faïence. Après m’être lavé les mains, je retourne dans la chambre. C’est en retombant sur mon lit que je réalise.
Merde. MERDE. Les parents viennent dîner ce soir et mon ex dépose mon fils à 10h.
Je plonge la main dans mon sac pour attraper mon téléphone. 9h43. Je me dirige vers la cuisine, je sors la dinde du congélo et mets le four à préchauffer. Mes parents savent que je suis une cuisinière déplorable, mais il faut bien que je leur prouve aussi que je ne sers pas complètement à rien.
Mais merde, qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? Raquel et moi sommes allées au Gingerman. Ça j’en suis certaine. Kyle et Chris nous ont rejointes. Ils nous ont payé tournées sur tournées de tequila. Putain de tequila. J’ouvre mon sac et prends mon paquet de cigarettes. Vide. Évidemment, fait chier. Ensuite on est allé à l’Evil Olive. À l’Olive ? À moins que ce soit l’Hasted ? Putain le trou. Mais bordel pourquoi j’ai pris de la coke hier soir ?
La sonnette. J’avale un tic-tac et vais ouvrir.
Mon bébé je t’aime tellement, mais par pitié, ne sois pas d’humeur gueularde aujourd’hui. Cette nuit, pour oublier, Maman a pris une quantité insensée de drogue et d’alcool.
J’ouvre la porte à mon ex et à mon magnifique bébé.
“Oh ce que tu m’as manqué mon p’tit chéri !” J’arrache mon fils des bras de son père et lui caresse le cou du bout de mon nez. Puis je l’emmitoufle fermement dans sa couverture blanche en laine crochetée.
“Je reviendrai mardi à 10h. Au revoir fiston.” Mon ex embrasse son fils sur le front et disparaît dans la cage d’escalier.
Putain je suis décalquée. Peut-être que je devrais annuler le dîner. Non, je peux pas faire ça. Ils sont probablement déjà en route. Bon, au moins mon bébé est endormi. Dieu merci.
Ma gorge est subitement envahie par mes erreurs de la nuit dernière. Je pose mon bébé et me précipite aux chiottes. Au point où en sont les choses, ce n’est plus qu’un jus jaunâtre qui me brûle la gorge, mais bon, vaut mieux que ce soit dehors que dedans, hein ? Je me passe le visage sous l’eau. Le téléphone sonne.
“Salut Jess. On sera un peu en avance, on devrait arriver dans deux heures environ. J’espère que ça te pose pas de souci. Qu’est-ce que tu nous prépares de bon ?”
“Salut m’man. Non c’est bon, pas de problème.” Mais oui, c’est un putain de problème. Rien n’est prêt. “Ce soir on mange de la dinde. Prenez votre temps. Appelez quand vous arrivez dans le coin. Bisous.”
Tout ce que je veux c’est dormir. Prendre de l’Advil et dormir. Je savais que j’aurais pas dû sortir hier soir. J’espère que Raquel est bien rentrée chez elle. Comment je suis rentrée, moi, d’ailleurs ..?
J’ai une montée de migraine en puissance au moment où j’enfourne la dinde. Deux heures. J’ai le temps de faire une petite sieste d’une demi-heure avant de tout préparer. Je porte mon fils alors profondément endormi jusqu’à sa chambre pour le coucher dans son berceau. Je vacille vers mon lit, je sors mon casque, me mets un bon Radiohead bien posé dans les oreilles, puis je décolle.
Là je fais un rêve super étrange. On frappe à ma porte. Deux policiers. Ils m’annoncent que Raquel a été tuée hier soir et qu’ils ont besoin de moi au poste. Des heures d’interrogatoire. Ils ont trouvé mes empreintes sur ses cuisses et sa poitrine ainsi que des traces de mon rouge à lèvres dans son cou. Elle a été empalée, une barre enfoncée dans son vagin jusqu’au travers de sa tête. Ils me montrent le corps.
Je me réveille au retentissement de la sonnette. Je regarde mon téléphone. Cinq appels manqués. 15h. Merde !
J’ouvre la porte.
Je bredouille. “Mon Dieu je suis vraiment désolée. J’ai passé une nuit difficile et… “
“C’est pas grave ma chérie, on a été jeunes nous aussi. Je vois que la dinde est en train de cuire. Je peux commencer à préparer les pommes de terre.”
“Merci Maman.” Je l’embrasse sur la joue et prends mon père dans les bras.
“Bien, où est ce beau bébé ?” demande mon père.
“Là il dort mais je suis sûre qu’il adorerait voir son grand-père.”
Pendant que mes parents enlèvent leur manteau, j’attrape deux Advil dans le placard et les avale tout rond.
“Viens, p’pa.”
Ne plus se mettre de mine la veille d’une visite des parents. Je suis dans un état lamentable.
J’ouvre la porte et allume la lumière de la chambre de mon fils. Mon père accourt tout sourire au-dessus du berceau et tire la couverture.
“Jess, pourquoi y a une dinde dans le berceau ?”

Version originale signée HeadsOnSticks et publiée sur Reddit
Traduction proposée par erverg sur le forum de la Team AlexandriZ