[MUSIC] Black Sabbath – 13

Black Sabbath - 13Décidément l’année 2013 semble être placée sous le signe des grands retours musicaux, après le retour gagnant de David Bowie et celui plus mitigé de Deep Purple c’est au tour de Black Sabbath de sortir des oubliettes, et pas n’importe quel Black Sabbath (voir les explications plus bas), LE Black Sabbath des débuts (ou presque… le batteur, Bill Ward a, pour d’obscures raisons, été remplacé par Brad Wilk de Rage Against The Machine). Du haut de ses 45 ans Wilk fait un peu jeune aux côtés d’Ozzy Osbourne (64 ans) au chant, Tony Iommy (65 ans) et Geezer Butler (63 ans) à la basse.
Un peu d’histoire avant d’entrer dans le vif du sujet, Black Sabbath est considéré comme l’un des pères fondateurs du Metal (ou plus exactement du Heavy Rock, précurseur moins agressif du Metal pur et dur), formé en 1968 à Birmingham, le groupe sort son premier album (Black Sabbath) et impose immédiatement son style ; entre 1970 et 1978 il sortira huit albums (dont certains des pièces majeures du genre) avant d’imploser en 1979 (départ d’Ozzy Osbourne). Si le nom Black Sabbath est resté la formation connaitra pas mal de chamboulements entre 1980 et 1995 (seul Tony Iommi restera indéboulonnable mais verra passer huit chanteurs, cinq bassistes et huit batteurs) et sortira dix albums trés inégaux. Officiellement le groupe d’origine s’est reformé en 2011 mais Bill Ward refuse de participer à l’album, contestant son contrat, il est donc remplacé par Brad Wilk et c’est donc en 2013, trente cinq après Never Say Die, le dernier album du Black Sabbath « historique », que le groupe nous offre son dix neuvième album, 13 (cherchez pas à comprendre le titre, j’ai tourné et retourné la question sans trouver de réponse).
Produit par Rick Rubin l’album propose onze titres (dans sa version Deluxe, huit en édition standard), grosso modo l’idée imposée par le producteur était de s’imaginer en 1970, le premier album dépasse toutes les espérances du groupe, le public en redemande il faut le satisfaire, innover tout en restant fidèle à la griffe Black Sabbath. Un retour aux sources en quelque sorte, un pari risqué mais, autant vous le dire d’office réussi haut la main.
Je passe sur le visuel, la jaquette attire le regard mais sans plus, j’aurai presque passé mon chemin mais le nom du groupe a toutefois retenu mon attention, découvrir que c’est le « vrai » Black Sabbath aura suffi à me convaincre. On mets la galette dans le lecteur, on monte le son, on appuye sur la touche Play et on attend, fébrile, inquiet…
L’album s’ouvre sur End Of The Beginning, une longue intro musicale, un son lent et lourd, un court chanté par Ozzy Osbourne et on passe aux choses sérieuses avec un son et un rythme nettement plus emmenés. Effectivement on est clairement dans un retour aux sources du Heavy Rock, suivra le single God Is Dead qui a servi de promo au lancement de l’album, pas forcément le meilleur titre de l’album mais incontestablement celui qui nous reste à l’esprit. Les titres s’enchainent sans fausse note pour notre plus grand plaisir, il y en aura toujours qui regretteront la non participation de Bill Ward mais on ne peut pas dire que le groupe lui ait claqué la porte au nez, c’est lui qui a choisi de s’exclure du projet (il doit s’en mordre les couilles aujourd’hui).
Onze titres et plus d’une heure de bonheur (à condition d’aimer le genre cela va de soi), pas besoin de sortir de Maths Sup pour comprendre que les titres proposés sont relativement longs, plus de six minutes en moyenne, la palme revenant à God Is Dead qui flirte avec les 9 minutes.

[BOUQUINS] Dan Brown – Inferno

D. Brown - InfernoN’en déplaise à mes « amis », les intégristes culturels de tout poil et les traqueurs de Grande littérature, depuis le Da Vinci Code la sortie d’un roman de Dan Brown, et plus encore quand celui-ci met en scène le Professeur Langdon, est un événement attendu par de nombreux inconditionnels. N’ayant aucune honte à faire partie du lot je me suis tout naturellement précipité sur son dernier opus, Inferno.
Robert Langdon se réveille dans un hôpital à Florence, blessé à la tête il a tout oublier des 48 dernières heures, et notamment des raisons qui l’ont amenés à se rendre en Italie. A peine a-t-il le temps de réaliser qu’une femme tente de l’abattre, aidé par le docteur Sienna Brooks il parvient à échapper à la tueuse. Rapidement les deux compagnons d’infortune vont réaliser qu’ils sont traqués par un ennemi puissant qui semble prêt à tout pour récupérer un artefact que possède Langdon bien qu’il ignore ce à quoi peut servir cet objet…
Dan Brown reste fidèle à lui même et use les mêmes recettes éprouvées lors des trois précédentes aventures de Robert Langdon. Une intrigue riche en rebondissements sur fond d’énigmes artistiques et ou historiques avec son lot de personnages secondaires attachants et ou intrigants ; dommage toutefois que parfois (surtout au début, le temps que les choses se mettent en place) le rythme soit un peu cassé par une surabondances de détails, d’accord ça ancre l’histoire dans la réalité mais ça fait aussi un peu Guide Du Routard en version romancée. Un peu de mal à entrer dans l’histoire donc (peut être aussi du fait que j’avais priorisé mes autres lectures) mais une fois que ça se décante on se laisse balader à un rythme soutenu, de surprise en surprise, jusqu’au clap de fin.
Ce que j’apprécie tout particulièrement avec Dan Brown c’est le côté interactif de ses titres, ma curiosité me pousse à vérifier les petits détails de chaque oeuvre ou monument qu’il intègre à son intrigue (toujours aussi richement documentée) ; cette fois c’est l’univers de Dante qui est au coeur de l’histoire et tout particulièrement La Divine Comédie (le titre fait référence à L’Enfer, la première partie de l’ouvrage) ; sans surprise la majeure partie du bouquin se passe donc à Florence (la ville chérie de l’auteur mais d’où il a été banni).
De même au coeur de l’intrigue l’auteur nous invite à réfléchir aux conséquences de la surpopulation à plus ou moins long terme (épuisement des ressources, vieillissement des populations, espaces habitables limités…) ; entre malthusianisme (limitation de la surpopulation par un contrôle des naissances) et transhumanisme (la science et la technologie utilisées pour « améliorer » l’être humain) en passant par des options moins extrêmes, les pistes ne manquent pas. Grosso modo on peut résumer la situation par la question, à la fois simple et complexe, que pose Sienna à Robert : « Tueriez-vous la moitié de la population pour empêcher l’extinction de notre espèce ? » ; question que Langdon élude.
L’auteur affirme que ce fameux, puissant et intriguant (rayez les mentions inutiles) Consortium, dont il a « changé le nom pour des raisons de sécurité » existe bel et bien et serait effectivement une organisation multinationale visant à assouvir les lubies de ses puissants clients. Je ne me prononcerai pas sur la question mais d’une part je n’ai aucune raison de mettre en doute la parole de l’auteur et d’autre part, si cela devait être avéré, ça ne me surprendrait pas outre mesure (ce qui ne signifie pas que j’approuverai).