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Archives Mensuelles: juin 2013

[TV News] Strike Back – Vengeance

Strike Back S03Encore une série pour laquelle nous aurons pris Canal+ de vitesse, la troisième saison de Strike Back, intitulée Vengeance, est en cours de diffusion sur la chaîne cryptée.
Michael Stonebridge (Philip Winchester) a quitté la Section 20 du MI6 pour un boulot plus « serein » d’entraîneur des futurs commandos du SAS afin de privilégier une vie de famille normale auprès de sa femme. Toutefois quand Damien Scott (Sullivan Stappelton), son ancien collègue et ami, est capturé par un groupe de rebelles somaliens, il n’hésite pas à reprendre temporairement du service pour une mission d’extraction non officielle. De retour en Grande Bretagne un incident au cours d’un entraînement l’oblige à tuer une recrue du SAS devenue incontrôlable, pour se venger Graig Hanson (Shane Taylor), son frère, lui même ancien commando, abat la femme de Stonebridge. Ce dernier demande alors à réintégrer la section 20, d’une part pour traquer Hanson mais aussi pour démanteler un réseau qui cherche à mettre la main sur des détonateurs nucléaires…
Suite à la mort d’Eleanor Grant (Amanda Mealing) en fin de saison 2, c’est désormais Rachel Dalton (Rhona Mitra) qui dirige la Section 20 avec Oliver Sinclair (Rhashan Stone), le reste de l’équipe demeure inchangé. Bien entendu les agents spéciaux vont croiser un tas d’individus peu recommandables, si bon nombre d’entre eux connaîtront une fin aussi rapide que brutale, d’autres leur causeront d’avantage de soucis, dont Karl Matlock (Vincent Regan), qui dirige une milice sur-entraînée et sur-armée.
Le découpage de cette troisième saison est le même que celui de la seconde, une trame unique déclinée sous forme de 10 épisodes de 42 minutes, les épisodes se regroupent deux à deux pour situer l’action sur une même zone géographique : Somalie (épisodes 1 et 2), Niger/Algérie (3 et 4), Le Cap (5 et 6), Zimbabwe (7 et 8) et enfin Johannesburg (9 et 10) . Comme les saisons précédentes celle-ci repose sur un rythme boosté à l’adrénaline, aucun temps mort, les scènes d’action spectaculaires se succèdent et le duo Stonebridge/Scott fonctionne à merveille, apportant même quelques touches d’humour dans les situations les plus désespérées. Mais bon ce serait dommage de limiter Strike Back à une succession de pétarades, l’intrigue est réellement fouillée et riche en rebondissements, qui plus est visuellement plus que convaincant.
La série a été renouvelée pour une quatrième saison dont on ne sait pas grand chose à l’heure actuelle (il est question d’un réseau terroriste agissant à l’échelon mondial). Au niveau des saisons c’est un peu compliqué de s’y retrouver, certaines chaines estiment que la première saison constitue une série à part entière, les saisons 2 et 3 étant une forme de spin-off ; d’une part je suppose à cause du changement de casting (et pourtant c’est toujours la Section 20 qui opère) mais aussi je pense du fait qu’à partir de la seconde saison la production devient anglo-américaine avec l’arrivée de HBO (via sa filiale Cinemax) dans le projet. Du coup les américains estiment que Strike Back démarre à la saison 2 (n’ayant pas participé à la première ça peut se comprendre), du coup la saison 3 devient saison 2 aux States ; par contre j’ai plus de mal à comprendre la chose quand les chaînes françaises (dont Canal+) suivent cette même logique…

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Publié par le 30 juin 2013 dans TV News

 

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[BOUQUINS] Jacques Expert – Qui ?

J. Expert - Qui ?C’est une critique de Fabe sur son blog qui m’a donné envie de découvrir Qui ? de Jacques Expert, ajoutez à cela une quatrième de couv’ alléchante  et que le bouquin fait partie du catalogue des Editions Sonatine ; toutes les conditions sont réunies pour que je craque.
1994, Carpentras. Laetitia, 10 ans est violée et assassinée en pleine forêt ; son assassin ne sera jamais identifié. 2013, une émission de TV retrace l’affaire en essayant d’y apporter des éléments nouveaux ; quatre couples directement concernés par ce sordide faits divers suivent l’émission. Parmi ces quatre hommes l’un d’eux est l’assassin de Laetitia, sa femme le sait mais n’a pas de preuves, elle espère que l’émission le poussera enfin à se trahir afin que justice soit faite…
Sur un peu plus de 300 pages représentant une heure en temps réel (de 22h30 à 23h30, la durée de l’émission) on suit le reportage ainsi que les réactions de chacun des couples face aux images et commentaires qui défilent, mais aussi et surtout le ressenti de l’assassin et de son épouse (désignés par Lui et Elle). Le challenge pour le lecteur est de démasquer le coupable avant la fin de l’émission, mais surtout de le démasquer avec la certitude absolue de tenir le bon.
Forcément pour que le jeu de piste tienne la route (et nous tienne en haleine) il faut que les personnages soient à la hauteur, et à ce titre même si l’auteur dissémine çà et là quelques indices on va rapidement s’apercevoir que les quatre couples sont assez semblables dans leur vie privée, leur loisirs et même leur personnalité. Du coup les fameux indices peuvent alternativement s’appliquer à l’un ou l’autre, les présomptions de culpabilité aussi ! D’autant que, au fur et à mesure que les non-dits refont surface, on se rend compte que nos quatre suspects ont tous quelques sombres secrets dans leur placard.
Avec le recul on peut reprocher aux personnages certaines réactions ou propos « choquants » (quoique ça reste discutable) mais essayez simplement de vous mettre à leur place avant de juger, la gamine d’un couple d’ami est violée avant d’être sauvagement assassinée ; vous êtes sûr(e) de pouvoir rester zen et raisonnable ? Pour ma part je ne juge pas utile de répondre à cette question, si vous me suivez depuis quelques temps déjà vous connaissez mes prises de position (que j’assume et revendique).
Passons maintenant à LA question du jour : challenge réussi ou pas ? Bien entendu je n’ai pas la prétention d’y répondre au nom de tous les lecteurs mais en mon propre. Comme je l’ai dit plus haut les suspects deviennent tour à tour potentiellement coupable, j’ai eu des soupçons plus prononcés (un indice a fait basculer la balance) mais sans aucune certitude absolue sur un individu (que je nommerai pas) ; et finalement je me suis planté du coupable, on a frôlé l’erreur judiciaire !
Jacques Expert a longtemps été journaliste (aujourd’hui responsable des programmes à RTL) et plus particulièrement chargé des grandes affaires criminelles en France, il a ainsi couvert l’affaire Grégory et l’on sent effectivement qu’il maîtrise son sujet (on trouvera d’ailleurs certaines similitudes entre cette triste et bien réelle affaire et l’assassinat de Laetitia), on est complétement immergé dans l’affaire et dans la vie de ces quatre couples, à la limite du voyeurisme même. Le style peut surprendre, voire déranger, mais pour ma part je le trouve plutôt bien adapté au découpage du roman.
Qui ? est son septième roman, le second publié par Sonatine (Adieu, le précédent figure déjà dans mon Stock à Lire) ; une découverte que je ne regrette pas et surtout qui m’a donné envie de prolonger ma plongée dans l’univers littéraire de Jacques Expert…

 
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Publié par le 27 juin 2013 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Paolo Bacigalupi – La Fille Automate

P. Bacigalupi - La Fille AutomateC’est d’abord la couverture qui m’a attiré (en l’occurence la couv’ originale francisée par Les Hérétiques, ô combien plus réussie que la couv’ française officielle), la quatrième de couv’ étant plutôt sympa, il n’en fallait pas moins pour que La Fille Automate de Paolo Bacigalupi finisse dans mon Stock à Lire ;  quelques critiques enthousiastes (dont celle de Gruz) et un challenge 100% SF remettront le titre à l’ordre du jour.
Quatrième de couv’ : « Dans un futur proche où le tarissement des énergies fossiles a radicalement modifié la géopolitique mondiale, la maîtrise de la bio-ingénierie est devenue le nerf d’une guerre industrielle sans merci. Anderson Lake travaille à Bangkok pour le compte d’un géant américain de l’agroalimentaire. Il arpente les marchés à la recherche de souches locales au coeur de bien des enjeux. Son chemin croise celui d’Emiko, la fille automate, une créature étrange et belle, créée de toutes pièces pour satisfaire les caprices décadents des puissants qui la possèdent, mais désormais sans plus d’attaches. »
Si j’ai opté pour la solution de facilité en proposant un copier-coller ce n’est pas par fainéantise mais plutôt parce que ce bouquin est d’une incroyable richesse de part les multiples thèmes qu’il aborde (politique, écologie, génétique, religion, corruption, tolérance…). Par contre pour entrer dans l’univers de l’auteur il falloir vous accrocher, les premiers chapitres pourront rebuter les moins tenaces mais, même si je reconnais que la prise en main est laborieuse au début, je vous invite à persévérer, le récit devient rapidement addictif et vous ne devriez pas le regretter.
La première surprise vient justement de l’univers du roman, une vision plutôt sombre de notre devenir, une Terre ravagée par les catastrophes naturelles, les épidémies et les guerres, le terrain est dorénavant franchement hostile ; on se retrouve au coeur d’un décor à la fois futuriste et passéiste (certaines technologies appartiennent clairement au futur alors que d’autres, de notre présent, semblent avoir disparues). D’autre part c’est plutôt original de choisir pour cadre la Thaïlande, devenue un avant poste de la biogénétique, seule chance de survie de l’humanité, mais instable sur le plan politique ; exotique certes mais en contrepartie ça complique un peu la donne pour retenir les noms propres ainsi que certains termes locaux.
La densité du bouquin tient autant dans le nombre de ses personnages que dans les différentes intrigues qui semblent, de prime abord, sans rapport les unes avec les autres mais finissent par se lier en un tout particulièrement soigné (même si certains personnages subissent l’intrigue plus qu’ils n’y prennent part activement). Si l’intrigue peine un peu à se mettre en branle je peux vous garantir que par la suite on a l’impression d’être au coeur d’un thriller tant le rythme est soutenu et les rebondissements ne manquent pas (jusqu’au dernier chapitre vous serez surpris).
Contrairement à ce que pourrait laisser supposer son nom l’auteur est américain, La Fille Automate est son premier roman, publié en 2009 aux USA (2012 en France) il a été récompensé des prix les plus prestigieux Nebula (meilleur roman en 2009), Hugo (meilleur roman en 2010) et Locus (meilleur premier roman en 2010) pour ne citer qu’eux ; pas mal pour un coup d’essai. Depuis l’auteur a publié deux autres titres, encore inédits en français, mais je suis curieux de les découvrir tant celui-ci m’aura mis l’eau à la bouche…

 
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Publié par le 25 juin 2013 dans Bouquins

 

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[TV News] American Horror Story Asylum

Deuxième weekend passé essentiellement à glander devant la TV. Samedi et dimanche dernier nous nous sommes fait toute la seconde saison de Homeland, je confirme ma première bonne impression, vraiment bien foutu et addictif à souhait ; au vu du final j’ai hâte de découvrir la saison 3. Ce samedi aura plutôt été placé sous le signe du cinéma avec deux films que je ne chroniquerai pas ici (sans être nuls ils ne présentent pas un grand intérêt cinématographique), Mais Qui A Re-Tué Pamela Rose (de et avec Kad Merad et Olivier Baroux) et Hôtel Transylvanie (une animation des studios Sony). Enfin ce dimanche nous opterons pour un programme 100% série TV puisque l’on passera la journée avec American Horror Story Asylum (qui est l’objet du présent post) et les premiers épisodes de la saison 3 de Strike Back (que je chroniquerai ultérieurement).

American Horror Story AsylumRevenons à nos moutons et donc à American Horror Story Asylum, comme son nom l’indique il s’agit de la seconde saison de AHS, une série de Ryan Murphy et Brad Falchuck pour la chaîne FX. La première saison nous ayant agréablement surpris il nous tardait de découvrir cette suite qui n’en est pas une puisque le cadre et les personnages changent.
1964. Quand Lana Winters (Sarah Paulson), jeune et ambitieuse journaliste, pénètre dans l’Institut Briarcliff, un asile psychiatrique dirigé d’une main de fer par Soeur Jude (Jessica Lange), elle est loin de se douter que sa curiosité lui vaudra d’être internée contre son  gré. Elle se liera avec Kit (Evan Peters), un jeune homme accusé de plusieurs meurtres sordides, et Grace (Lizzie Brocheré), une jeune femme qui a tué son père et sa belle mère. Tout trois n’auront de cesse de s’échapper afin de dénoncer les horreurs qui se passent entre les murs de Briarcliff…
Dès le générique stroboscopique on plonge dans l’ambiance unique d’American Horror Story ; toutefois si la saison 1 (Murder house) nous plongeait au coeur d’une maison hantée avec son lot de phénomènes inexpliqués et revenants, Asylum change de registre, la maison est uniquement le théâtre des horreurs. A ce titre on se retrouve avec un saison plus classique et moins subtile que la première mais toujours aussi glauque, surprenante et aussi bien ficelée. Vous aurez le droit, en vrac, à un cas de possession (avec l’exorcisme qui va de pair), des extra-terrestres aux intentions pas clairement définies et des tueurs en série (un qui sévit en 1964 et un autre de nos jours).
Autre changement de taille, Murder House se déroulait de nos jours, les flashbacks permettaient de revenir sur des événements liés à la maison, Asylum se déroule presque exclusivement en 1964 (avec quelques flashbacks concentrés le personnage de Soeur Jude), peu de séquences contemporaines, et il faut attendre les derniers épisodes avoir confirmation du lien entre le passé et le présent(sans être un disciple de Sherlock Holmes on le devine bien avant).
Un petit détour par le casting, outre Jessica Lange et Evan Peters qui retrouvent des rôles clés dans Asylum, l’on retrouve d’autres acteurs de Murder House qui gagnent du galon en changeant de rôle (j’indique entre parenthèses leur rôle et la fréquence de leur apparition dans la première saison) : Sarah Paulson (Billie, 3 épisodes), Zachary Quinto (Chad, 4 épisodes) et Lily Rabe (Nora, 7 épisodes). Je ne serai pas exhaustif si j’oubliais de mentionner deux nouveaux venus prestigieux: Joseph Fiennes (Monseigneur O’Hara) et James Cromwell (Docteur Arden). Parmi tout ce beau monde je lève mon chapeau à Jessica Lange qui semble à l’aise dans tous les états imposés par son rôle (je ne peux pas en dire plus afin de laisser la surprise intacte), je n’avais aucun doute quant à ses talents (connus et reconnus) d’actrice mais là j’avoue avoir été bluffé.
Cette seconde saison se décline sous la forme de 13 épisodes de 42 minutes, les fans (dont je suis) seront ravis d’apprendre que la série a été renouvelée pour une troisième saison, American Horror Story Covent, dont le tournage devrait démarrer cet automne…

Générique de American Horror Story Asylum

 
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Publié par le 24 juin 2013 dans TV News

 

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[BOUQUINS] Tom Sharpe – Wilt 1

T. Sharpe - Wilt 1Un Book Club inhabituel proposé par la Team AlexandriZ pour ce mois de juin puisqu’il s’agit d’un hommage à Tom Sharpe, écrivain britannique spécialisé dans l’humour, décédé le 6 juin 2013. Une fois le principe acté il restait à choisir un titre, c’est tout naturellement Wilt, premier du nom (la série compte cinq romans), qui s’est imposé étant donné que c’est ce roman, publié en 1976, qui lui a valu d’être reconnu comme l’un des plus grands humoristes anglais contemporains. Titre que je résumerai à Wilt 1 mais dont le titre complet est Wilt 1 ou Comment Se Sortir D’Une Poupée Gonflable Et De Beaucoup D’Autres Ennuis Encore, prometteur non ?
A l’approche de la quarantaine Henry Wilt se fait chier dans sa vie, aussi bien au niveau professionnel, où il enseigne la Culture Générale dans un lycée technique à des élèves qui n’en ont franchement rien à cirer, qu’au niveau personnel, où il a de plus en plus de mal à supporter sa femme, Eva. Et ce n’est certainement la nouvelle amie d’Eva, Sally Pringsheim , une américaine aussi délurée que manipulatrice, qui va arranger les choses. Aux grands maux les grands remèdes, Wilt est bien déterminé à ne plus se laisser marcher sur les pieds ; mais même avec la meilleure volonté du monde il n’est pas au bout de ses peines…
Ca faisait un moment que j’avais inscrit les Wilt dans ma liste de bouquins à lire, mais vous savez ce que c’est, le Stock à Lire grossit encore et encore et comme j’ai tendance à piocher parmi les dernières entrées il y a forcément des titres qui sombrent dans l’oubli, attendant l’occasion de remonter à la surface. Dommage pour Tom Sharpe que ladite occasion fut son décès (d’un autre côté à 85 ans ça fait partie des risques de la condition humaine) ; ajoutez à cela une proposition dans le cadre du Book Club de la Team et toutes les conditions sont réunies pour vous proposer cette chronique.
J’avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans l’histoire lors des premiers chapitres, heureusement la soirée chez les Pringsheim (qui justifie la première partie du titre) met le feu aux poudres et à partir de là les situations absurdes et les quiproquos se succèdent pour notre plus grand plaisir. A ce titre si je ne devais retenir qu’une (longue) partie du récit je conserverai sans hésitation toute la période de garde à vue de Wilt et ses joutes verbales avec l’inspecteur Flint ; c’est franchement jouissif. Mais au-delà de l’absurde l’auteur prend un malin plaisir à dénoncer les travers de la société de consommation, de la course aux apparences et d’une certaine pseudo-liberté de penser et d’agir. Critique qui reste toujours de mise à l’heure actuelle, 37 ans après la première parution du bouquin.
Que dire des personnages d’Eva et de Henry Wilt ? Finalement aucun n’est réellement attachant, Henry peine à affirmer sa personnalité et sa femme manque cruellement de jugeote ; alors que chacun déploie une énergie monumentale (volontairement ou non) à pourrir la vie de l’autre on sent toutefois qu’il existe entre eux un lien fort, certes quelque peu enfoui par le poids des années (sans parler des engueulades et autres brimades) mais toujours présent. Les autres personnages, bien que secondaires, sont tous hauts en couleurs (mention spéciale pour le révérend Saint John Froude) et viendront pimenter, plus ou moins longuement l’intrigue.
Le style  est aussi agréable qu’abordable, ça se lit tout seul et ça devient rapidement addictif. Nos zygomatiques alternent entre sourires et rires (attention, une lecture en public pourra vous attirer des regards réprobateurs, voire plus), l’auteur joue à la fois sur un comique de situation et sur un comique de mots ; un peu de bonne humeur dans la grisaille ambiante ne se refuse pas.
Une chose est sure je ne regrette pas d’avoir découvert l’univers littéraire de Tom Sharpe, je continuerai avec plaisir la saga Wilt (je ne les lirai pas d’affilée, un de temps en temps quand je rechercherai une lecture légère) et, si l’occasion se présente, m’aventurerai vers ses autres titres.
La littérature humoristique est une denrée suffisamment rare pour en profiter pleinement quand on tombe sur de pareilles pépites, toutefois, sans vouloir faire dans le chauvinisme primaire, et quitte à me faire lyncher, je placerai Gilles Legardinier un poil au-dessus de Tom Sharpe mais ce jugement n’engage que moi…

 
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Publié par le 18 juin 2013 dans Bouquins

 

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[MUSIC] Black Sabbath – 13

Black Sabbath - 13Décidément l’année 2013 semble être placée sous le signe des grands retours musicaux, après le retour gagnant de David Bowie et celui plus mitigé de Deep Purple c’est au tour de Black Sabbath de sortir des oubliettes, et pas n’importe quel Black Sabbath (voir les explications plus bas), LE Black Sabbath des débuts (ou presque… le batteur, Bill Ward a, pour d’obscures raisons, été remplacé par Brad Wilk de Rage Against The Machine). Du haut de ses 45 ans Wilk fait un peu jeune aux côtés d’Ozzy Osbourne (64 ans) au chant, Tony Iommy (65 ans) et Geezer Butler (63 ans) à la basse.
Un peu d’histoire avant d’entrer dans le vif du sujet, Black Sabbath est considéré comme l’un des pères fondateurs du Metal (ou plus exactement du Heavy Rock, précurseur moins agressif du Metal pur et dur), formé en 1968 à Birmingham, le groupe sort son premier album (Black Sabbath) et impose immédiatement son style ; entre 1970 et 1978 il sortira huit albums (dont certains des pièces majeures du genre) avant d’imploser en 1979 (départ d’Ozzy Osbourne). Si le nom Black Sabbath est resté la formation connaitra pas mal de chamboulements entre 1980 et 1995 (seul Tony Iommi restera indéboulonnable mais verra passer huit chanteurs, cinq bassistes et huit batteurs) et sortira dix albums trés inégaux. Officiellement le groupe d’origine s’est reformé en 2011 mais Bill Ward refuse de participer à l’album, contestant son contrat, il est donc remplacé par Brad Wilk et c’est donc en 2013, trente cinq après Never Say Die, le dernier album du Black Sabbath « historique », que le groupe nous offre son dix neuvième album, 13 (cherchez pas à comprendre le titre, j’ai tourné et retourné la question sans trouver de réponse).
Produit par Rick Rubin l’album propose onze titres (dans sa version Deluxe, huit en édition standard), grosso modo l’idée imposée par le producteur était de s’imaginer en 1970, le premier album dépasse toutes les espérances du groupe, le public en redemande il faut le satisfaire, innover tout en restant fidèle à la griffe Black Sabbath. Un retour aux sources en quelque sorte, un pari risqué mais, autant vous le dire d’office réussi haut la main.
Je passe sur le visuel, la jaquette attire le regard mais sans plus, j’aurai presque passé mon chemin mais le nom du groupe a toutefois retenu mon attention, découvrir que c’est le « vrai » Black Sabbath aura suffi à me convaincre. On mets la galette dans le lecteur, on monte le son, on appuye sur la touche Play et on attend, fébrile, inquiet…
L’album s’ouvre sur End Of The Beginning, une longue intro musicale, un son lent et lourd, un court chanté par Ozzy Osbourne et on passe aux choses sérieuses avec un son et un rythme nettement plus emmenés. Effectivement on est clairement dans un retour aux sources du Heavy Rock, suivra le single God Is Dead qui a servi de promo au lancement de l’album, pas forcément le meilleur titre de l’album mais incontestablement celui qui nous reste à l’esprit. Les titres s’enchainent sans fausse note pour notre plus grand plaisir, il y en aura toujours qui regretteront la non participation de Bill Ward mais on ne peut pas dire que le groupe lui ait claqué la porte au nez, c’est lui qui a choisi de s’exclure du projet (il doit s’en mordre les couilles aujourd’hui).
Onze titres et plus d’une heure de bonheur (à condition d’aimer le genre cela va de soi), pas besoin de sortir de Maths Sup pour comprendre que les titres proposés sont relativement longs, plus de six minutes en moyenne, la palme revenant à God Is Dead qui flirte avec les 9 minutes.

 
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Publié par le 17 juin 2013 dans CD Albums

 

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[BOUQUINS] Dan Brown – Inferno

D. Brown - InfernoN’en déplaise à mes « amis », les intégristes culturels de tout poil et les traqueurs de Grande littérature, depuis le Da Vinci Code la sortie d’un roman de Dan Brown, et plus encore quand celui-ci met en scène le Professeur Langdon, est un événement attendu par de nombreux inconditionnels. N’ayant aucune honte à faire partie du lot je me suis tout naturellement précipité sur son dernier opus, Inferno.
Robert Langdon se réveille dans un hôpital à Florence, blessé à la tête il a tout oublier des 48 dernières heures, et notamment des raisons qui l’ont amenés à se rendre en Italie. A peine a-t-il le temps de réaliser qu’une femme tente de l’abattre, aidé par le docteur Sienna Brooks il parvient à échapper à la tueuse. Rapidement les deux compagnons d’infortune vont réaliser qu’ils sont traqués par un ennemi puissant qui semble prêt à tout pour récupérer un artefact que possède Langdon bien qu’il ignore ce à quoi peut servir cet objet…
Dan Brown reste fidèle à lui même et use les mêmes recettes éprouvées lors des trois précédentes aventures de Robert Langdon. Une intrigue riche en rebondissements sur fond d’énigmes artistiques et ou historiques avec son lot de personnages secondaires attachants et ou intrigants ; dommage toutefois que parfois (surtout au début, le temps que les choses se mettent en place) le rythme soit un peu cassé par une surabondances de détails, d’accord ça ancre l’histoire dans la réalité mais ça fait aussi un peu Guide Du Routard en version romancée. Un peu de mal à entrer dans l’histoire donc (peut être aussi du fait que j’avais priorisé mes autres lectures) mais une fois que ça se décante on se laisse balader à un rythme soutenu, de surprise en surprise, jusqu’au clap de fin.
Ce que j’apprécie tout particulièrement avec Dan Brown c’est le côté interactif de ses titres, ma curiosité me pousse à vérifier les petits détails de chaque oeuvre ou monument qu’il intègre à son intrigue (toujours aussi richement documentée) ; cette fois c’est l’univers de Dante qui est au coeur de l’histoire et tout particulièrement La Divine Comédie (le titre fait référence à L’Enfer, la première partie de l’ouvrage) ; sans surprise la majeure partie du bouquin se passe donc à Florence (la ville chérie de l’auteur mais d’où il a été banni).
De même au coeur de l’intrigue l’auteur nous invite à réfléchir aux conséquences de la surpopulation à plus ou moins long terme (épuisement des ressources, vieillissement des populations, espaces habitables limités…) ; entre malthusianisme (limitation de la surpopulation par un contrôle des naissances) et transhumanisme (la science et la technologie utilisées pour « améliorer » l’être humain) en passant par des options moins extrêmes, les pistes ne manquent pas. Grosso modo on peut résumer la situation par la question, à la fois simple et complexe, que pose Sienna à Robert : « Tueriez-vous la moitié de la population pour empêcher l’extinction de notre espèce ? » ; question que Langdon élude.
L’auteur affirme que ce fameux, puissant et intriguant (rayez les mentions inutiles) Consortium, dont il a « changé le nom pour des raisons de sécurité » existe bel et bien et serait effectivement une organisation multinationale visant à assouvir les lubies de ses puissants clients. Je ne me prononcerai pas sur la question mais d’une part je n’ai aucune raison de mettre en doute la parole de l’auteur et d’autre part, si cela devait être avéré, ça ne me surprendrait pas outre mesure (ce qui ne signifie pas que j’approuverai).

 
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Publié par le 17 juin 2013 dans Bouquins

 

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