[TV News] Strike Back – Vengeance

Strike Back S03Encore une série pour laquelle nous aurons pris Canal+ de vitesse, la troisième saison de Strike Back, intitulée Vengeance, est en cours de diffusion sur la chaîne cryptée.
Michael Stonebridge (Philip Winchester) a quitté la Section 20 du MI6 pour un boulot plus « serein » d’entraîneur des futurs commandos du SAS afin de privilégier une vie de famille normale auprès de sa femme. Toutefois quand Damien Scott (Sullivan Stappelton), son ancien collègue et ami, est capturé par un groupe de rebelles somaliens, il n’hésite pas à reprendre temporairement du service pour une mission d’extraction non officielle. De retour en Grande Bretagne un incident au cours d’un entraînement l’oblige à tuer une recrue du SAS devenue incontrôlable, pour se venger Graig Hanson (Shane Taylor), son frère, lui même ancien commando, abat la femme de Stonebridge. Ce dernier demande alors à réintégrer la section 20, d’une part pour traquer Hanson mais aussi pour démanteler un réseau qui cherche à mettre la main sur des détonateurs nucléaires…
Suite à la mort d’Eleanor Grant (Amanda Mealing) en fin de saison 2, c’est désormais Rachel Dalton (Rhona Mitra) qui dirige la Section 20 avec Oliver Sinclair (Rhashan Stone), le reste de l’équipe demeure inchangé. Bien entendu les agents spéciaux vont croiser un tas d’individus peu recommandables, si bon nombre d’entre eux connaîtront une fin aussi rapide que brutale, d’autres leur causeront d’avantage de soucis, dont Karl Matlock (Vincent Regan), qui dirige une milice sur-entraînée et sur-armée.
Le découpage de cette troisième saison est le même que celui de la seconde, une trame unique déclinée sous forme de 10 épisodes de 42 minutes, les épisodes se regroupent deux à deux pour situer l’action sur une même zone géographique : Somalie (épisodes 1 et 2), Niger/Algérie (3 et 4), Le Cap (5 et 6), Zimbabwe (7 et 8) et enfin Johannesburg (9 et 10) . Comme les saisons précédentes celle-ci repose sur un rythme boosté à l’adrénaline, aucun temps mort, les scènes d’action spectaculaires se succèdent et le duo Stonebridge/Scott fonctionne à merveille, apportant même quelques touches d’humour dans les situations les plus désespérées. Mais bon ce serait dommage de limiter Strike Back à une succession de pétarades, l’intrigue est réellement fouillée et riche en rebondissements, qui plus est visuellement plus que convaincant.
La série a été renouvelée pour une quatrième saison dont on ne sait pas grand chose à l’heure actuelle (il est question d’un réseau terroriste agissant à l’échelon mondial). Au niveau des saisons c’est un peu compliqué de s’y retrouver, certaines chaines estiment que la première saison constitue une série à part entière, les saisons 2 et 3 étant une forme de spin-off ; d’une part je suppose à cause du changement de casting (et pourtant c’est toujours la Section 20 qui opère) mais aussi je pense du fait qu’à partir de la seconde saison la production devient anglo-américaine avec l’arrivée de HBO (via sa filiale Cinemax) dans le projet. Du coup les américains estiment que Strike Back démarre à la saison 2 (n’ayant pas participé à la première ça peut se comprendre), du coup la saison 3 devient saison 2 aux States ; par contre j’ai plus de mal à comprendre la chose quand les chaînes françaises (dont Canal+) suivent cette même logique…

[BOUQUINS] Jacques Expert – Qui ?

J. Expert - Qui ?C’est une critique de Fabe sur son blog qui m’a donné envie de découvrir Qui ? de Jacques Expert, ajoutez à cela une quatrième de couv’ alléchante  et que le bouquin fait partie du catalogue des Editions Sonatine ; toutes les conditions sont réunies pour que je craque.
1994, Carpentras. Laetitia, 10 ans est violée et assassinée en pleine forêt ; son assassin ne sera jamais identifié. 2013, une émission de TV retrace l’affaire en essayant d’y apporter des éléments nouveaux ; quatre couples directement concernés par ce sordide faits divers suivent l’émission. Parmi ces quatre hommes l’un d’eux est l’assassin de Laetitia, sa femme le sait mais n’a pas de preuves, elle espère que l’émission le poussera enfin à se trahir afin que justice soit faite…
Sur un peu plus de 300 pages représentant une heure en temps réel (de 22h30 à 23h30, la durée de l’émission) on suit le reportage ainsi que les réactions de chacun des couples face aux images et commentaires qui défilent, mais aussi et surtout le ressenti de l’assassin et de son épouse (désignés par Lui et Elle). Le challenge pour le lecteur est de démasquer le coupable avant la fin de l’émission, mais surtout de le démasquer avec la certitude absolue de tenir le bon.
Forcément pour que le jeu de piste tienne la route (et nous tienne en haleine) il faut que les personnages soient à la hauteur, et à ce titre même si l’auteur dissémine çà et là quelques indices on va rapidement s’apercevoir que les quatre couples sont assez semblables dans leur vie privée, leur loisirs et même leur personnalité. Du coup les fameux indices peuvent alternativement s’appliquer à l’un ou l’autre, les présomptions de culpabilité aussi ! D’autant que, au fur et à mesure que les non-dits refont surface, on se rend compte que nos quatre suspects ont tous quelques sombres secrets dans leur placard.
Avec le recul on peut reprocher aux personnages certaines réactions ou propos « choquants » (quoique ça reste discutable) mais essayez simplement de vous mettre à leur place avant de juger, la gamine d’un couple d’ami est violée avant d’être sauvagement assassinée ; vous êtes sûr(e) de pouvoir rester zen et raisonnable ? Pour ma part je ne juge pas utile de répondre à cette question, si vous me suivez depuis quelques temps déjà vous connaissez mes prises de position (que j’assume et revendique).
Passons maintenant à LA question du jour : challenge réussi ou pas ? Bien entendu je n’ai pas la prétention d’y répondre au nom de tous les lecteurs mais en mon propre. Comme je l’ai dit plus haut les suspects deviennent tour à tour potentiellement coupable, j’ai eu des soupçons plus prononcés (un indice a fait basculer la balance) mais sans aucune certitude absolue sur un individu (que je nommerai pas) ; et finalement je me suis planté du coupable, on a frôlé l’erreur judiciaire !
Jacques Expert a longtemps été journaliste (aujourd’hui responsable des programmes à RTL) et plus particulièrement chargé des grandes affaires criminelles en France, il a ainsi couvert l’affaire Grégory et l’on sent effectivement qu’il maîtrise son sujet (on trouvera d’ailleurs certaines similitudes entre cette triste et bien réelle affaire et l’assassinat de Laetitia), on est complétement immergé dans l’affaire et dans la vie de ces quatre couples, à la limite du voyeurisme même. Le style peut surprendre, voire déranger, mais pour ma part je le trouve plutôt bien adapté au découpage du roman.
Qui ? est son septième roman, le second publié par Sonatine (Adieu, le précédent figure déjà dans mon Stock à Lire) ; une découverte que je ne regrette pas et surtout qui m’a donné envie de prolonger ma plongée dans l’univers littéraire de Jacques Expert…

[BOUQUINS] Paolo Bacigalupi – La Fille Automate

P. Bacigalupi - La Fille AutomateC’est d’abord la couverture qui m’a attiré (en l’occurence la couv’ originale francisée par Les Hérétiques, ô combien plus réussie que la couv’ française officielle), la quatrième de couv’ étant plutôt sympa, il n’en fallait pas moins pour que La Fille Automate de Paolo Bacigalupi finisse dans mon Stock à Lire ;  quelques critiques enthousiastes (dont celle de Gruz) et un challenge 100% SF remettront le titre à l’ordre du jour.
Quatrième de couv’ : « Dans un futur proche où le tarissement des énergies fossiles a radicalement modifié la géopolitique mondiale, la maîtrise de la bio-ingénierie est devenue le nerf d’une guerre industrielle sans merci. Anderson Lake travaille à Bangkok pour le compte d’un géant américain de l’agroalimentaire. Il arpente les marchés à la recherche de souches locales au coeur de bien des enjeux. Son chemin croise celui d’Emiko, la fille automate, une créature étrange et belle, créée de toutes pièces pour satisfaire les caprices décadents des puissants qui la possèdent, mais désormais sans plus d’attaches. »
Si j’ai opté pour la solution de facilité en proposant un copier-coller ce n’est pas par fainéantise mais plutôt parce que ce bouquin est d’une incroyable richesse de part les multiples thèmes qu’il aborde (politique, écologie, génétique, religion, corruption, tolérance…). Par contre pour entrer dans l’univers de l’auteur il falloir vous accrocher, les premiers chapitres pourront rebuter les moins tenaces mais, même si je reconnais que la prise en main est laborieuse au début, je vous invite à persévérer, le récit devient rapidement addictif et vous ne devriez pas le regretter.
La première surprise vient justement de l’univers du roman, une vision plutôt sombre de notre devenir, une Terre ravagée par les catastrophes naturelles, les épidémies et les guerres, le terrain est dorénavant franchement hostile ; on se retrouve au coeur d’un décor à la fois futuriste et passéiste (certaines technologies appartiennent clairement au futur alors que d’autres, de notre présent, semblent avoir disparues). D’autre part c’est plutôt original de choisir pour cadre la Thaïlande, devenue un avant poste de la biogénétique, seule chance de survie de l’humanité, mais instable sur le plan politique ; exotique certes mais en contrepartie ça complique un peu la donne pour retenir les noms propres ainsi que certains termes locaux.
La densité du bouquin tient autant dans le nombre de ses personnages que dans les différentes intrigues qui semblent, de prime abord, sans rapport les unes avec les autres mais finissent par se lier en un tout particulièrement soigné (même si certains personnages subissent l’intrigue plus qu’ils n’y prennent part activement). Si l’intrigue peine un peu à se mettre en branle je peux vous garantir que par la suite on a l’impression d’être au coeur d’un thriller tant le rythme est soutenu et les rebondissements ne manquent pas (jusqu’au dernier chapitre vous serez surpris).
Contrairement à ce que pourrait laisser supposer son nom l’auteur est américain, La Fille Automate est son premier roman, publié en 2009 aux USA (2012 en France) il a été récompensé des prix les plus prestigieux Nebula (meilleur roman en 2009), Hugo (meilleur roman en 2010) et Locus (meilleur premier roman en 2010) pour ne citer qu’eux ; pas mal pour un coup d’essai. Depuis l’auteur a publié deux autres titres, encore inédits en français, mais je suis curieux de les découvrir tant celui-ci m’aura mis l’eau à la bouche…

[TV News] American Horror Story Asylum

Deuxième weekend passé essentiellement à glander devant la TV. Samedi et dimanche dernier nous nous sommes fait toute la seconde saison de Homeland, je confirme ma première bonne impression, vraiment bien foutu et addictif à souhait ; au vu du final j’ai hâte de découvrir la saison 3. Ce samedi aura plutôt été placé sous le signe du cinéma avec deux films que je ne chroniquerai pas ici (sans être nuls ils ne présentent pas un grand intérêt cinématographique), Mais Qui A Re-Tué Pamela Rose (de et avec Kad Merad et Olivier Baroux) et Hôtel Transylvanie (une animation des studios Sony). Enfin ce dimanche nous opterons pour un programme 100% série TV puisque l’on passera la journée avec American Horror Story Asylum (qui est l’objet du présent post) et les premiers épisodes de la saison 3 de Strike Back (que je chroniquerai ultérieurement).

American Horror Story AsylumRevenons à nos moutons et donc à American Horror Story Asylum, comme son nom l’indique il s’agit de la seconde saison de AHS, une série de Ryan Murphy et Brad Falchuck pour la chaîne FX. La première saison nous ayant agréablement surpris il nous tardait de découvrir cette suite qui n’en est pas une puisque le cadre et les personnages changent.
1964. Quand Lana Winters (Sarah Paulson), jeune et ambitieuse journaliste, pénètre dans l’Institut Briarcliff, un asile psychiatrique dirigé d’une main de fer par Soeur Jude (Jessica Lange), elle est loin de se douter que sa curiosité lui vaudra d’être internée contre son  gré. Elle se liera avec Kit (Evan Peters), un jeune homme accusé de plusieurs meurtres sordides, et Grace (Lizzie Brocheré), une jeune femme qui a tué son père et sa belle mère. Tout trois n’auront de cesse de s’échapper afin de dénoncer les horreurs qui se passent entre les murs de Briarcliff…
Dès le générique stroboscopique on plonge dans l’ambiance unique d’American Horror Story ; toutefois si la saison 1 (Murder house) nous plongeait au coeur d’une maison hantée avec son lot de phénomènes inexpliqués et revenants, Asylum change de registre, la maison est uniquement le théâtre des horreurs. A ce titre on se retrouve avec un saison plus classique et moins subtile que la première mais toujours aussi glauque, surprenante et aussi bien ficelée. Vous aurez le droit, en vrac, à un cas de possession (avec l’exorcisme qui va de pair), des extra-terrestres aux intentions pas clairement définies et des tueurs en série (un qui sévit en 1964 et un autre de nos jours).
Autre changement de taille, Murder House se déroulait de nos jours, les flashbacks permettaient de revenir sur des événements liés à la maison, Asylum se déroule presque exclusivement en 1964 (avec quelques flashbacks concentrés le personnage de Soeur Jude), peu de séquences contemporaines, et il faut attendre les derniers épisodes avoir confirmation du lien entre le passé et le présent(sans être un disciple de Sherlock Holmes on le devine bien avant).
Un petit détour par le casting, outre Jessica Lange et Evan Peters qui retrouvent des rôles clés dans Asylum, l’on retrouve d’autres acteurs de Murder House qui gagnent du galon en changeant de rôle (j’indique entre parenthèses leur rôle et la fréquence de leur apparition dans la première saison) : Sarah Paulson (Billie, 3 épisodes), Zachary Quinto (Chad, 4 épisodes) et Lily Rabe (Nora, 7 épisodes). Je ne serai pas exhaustif si j’oubliais de mentionner deux nouveaux venus prestigieux: Joseph Fiennes (Monseigneur O’Hara) et James Cromwell (Docteur Arden). Parmi tout ce beau monde je lève mon chapeau à Jessica Lange qui semble à l’aise dans tous les états imposés par son rôle (je ne peux pas en dire plus afin de laisser la surprise intacte), je n’avais aucun doute quant à ses talents (connus et reconnus) d’actrice mais là j’avoue avoir été bluffé.
Cette seconde saison se décline sous la forme de 13 épisodes de 42 minutes, les fans (dont je suis) seront ravis d’apprendre que la série a été renouvelée pour une troisième saison, American Horror Story Covent, dont le tournage devrait démarrer cet automne…

Générique de American Horror Story Asylum

[BOUQUINS] Tom Sharpe – Wilt 1

T. Sharpe - Wilt 1Un Book Club inhabituel proposé par la Team AlexandriZ pour ce mois de juin puisqu’il s’agit d’un hommage à Tom Sharpe, écrivain britannique spécialisé dans l’humour, décédé le 6 juin 2013. Une fois le principe acté il restait à choisir un titre, c’est tout naturellement Wilt, premier du nom (la série compte cinq romans), qui s’est imposé étant donné que c’est ce roman, publié en 1976, qui lui a valu d’être reconnu comme l’un des plus grands humoristes anglais contemporains. Titre que je résumerai à Wilt 1 mais dont le titre complet est Wilt 1 ou Comment Se Sortir D’Une Poupée Gonflable Et De Beaucoup D’Autres Ennuis Encore, prometteur non ?
A l’approche de la quarantaine Henry Wilt se fait chier dans sa vie, aussi bien au niveau professionnel, où il enseigne la Culture Générale dans un lycée technique à des élèves qui n’en ont franchement rien à cirer, qu’au niveau personnel, où il a de plus en plus de mal à supporter sa femme, Eva. Et ce n’est certainement la nouvelle amie d’Eva, Sally Pringsheim , une américaine aussi délurée que manipulatrice, qui va arranger les choses. Aux grands maux les grands remèdes, Wilt est bien déterminé à ne plus se laisser marcher sur les pieds ; mais même avec la meilleure volonté du monde il n’est pas au bout de ses peines…
Ca faisait un moment que j’avais inscrit les Wilt dans ma liste de bouquins à lire, mais vous savez ce que c’est, le Stock à Lire grossit encore et encore et comme j’ai tendance à piocher parmi les dernières entrées il y a forcément des titres qui sombrent dans l’oubli, attendant l’occasion de remonter à la surface. Dommage pour Tom Sharpe que ladite occasion fut son décès (d’un autre côté à 85 ans ça fait partie des risques de la condition humaine) ; ajoutez à cela une proposition dans le cadre du Book Club de la Team et toutes les conditions sont réunies pour vous proposer cette chronique.
J’avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans l’histoire lors des premiers chapitres, heureusement la soirée chez les Pringsheim (qui justifie la première partie du titre) met le feu aux poudres et à partir de là les situations absurdes et les quiproquos se succèdent pour notre plus grand plaisir. A ce titre si je ne devais retenir qu’une (longue) partie du récit je conserverai sans hésitation toute la période de garde à vue de Wilt et ses joutes verbales avec l’inspecteur Flint ; c’est franchement jouissif. Mais au-delà de l’absurde l’auteur prend un malin plaisir à dénoncer les travers de la société de consommation, de la course aux apparences et d’une certaine pseudo-liberté de penser et d’agir. Critique qui reste toujours de mise à l’heure actuelle, 37 ans après la première parution du bouquin.
Que dire des personnages d’Eva et de Henry Wilt ? Finalement aucun n’est réellement attachant, Henry peine à affirmer sa personnalité et sa femme manque cruellement de jugeote ; alors que chacun déploie une énergie monumentale (volontairement ou non) à pourrir la vie de l’autre on sent toutefois qu’il existe entre eux un lien fort, certes quelque peu enfoui par le poids des années (sans parler des engueulades et autres brimades) mais toujours présent. Les autres personnages, bien que secondaires, sont tous hauts en couleurs (mention spéciale pour le révérend Saint John Froude) et viendront pimenter, plus ou moins longuement l’intrigue.
Le style  est aussi agréable qu’abordable, ça se lit tout seul et ça devient rapidement addictif. Nos zygomatiques alternent entre sourires et rires (attention, une lecture en public pourra vous attirer des regards réprobateurs, voire plus), l’auteur joue à la fois sur un comique de situation et sur un comique de mots ; un peu de bonne humeur dans la grisaille ambiante ne se refuse pas.
Une chose est sure je ne regrette pas d’avoir découvert l’univers littéraire de Tom Sharpe, je continuerai avec plaisir la saga Wilt (je ne les lirai pas d’affilée, un de temps en temps quand je rechercherai une lecture légère) et, si l’occasion se présente, m’aventurerai vers ses autres titres.
La littérature humoristique est une denrée suffisamment rare pour en profiter pleinement quand on tombe sur de pareilles pépites, toutefois, sans vouloir faire dans le chauvinisme primaire, et quitte à me faire lyncher, je placerai Gilles Legardinier un poil au-dessus de Tom Sharpe mais ce jugement n’engage que moi…

[MUSIC] Black Sabbath – 13

Black Sabbath - 13Décidément l’année 2013 semble être placée sous le signe des grands retours musicaux, après le retour gagnant de David Bowie et celui plus mitigé de Deep Purple c’est au tour de Black Sabbath de sortir des oubliettes, et pas n’importe quel Black Sabbath (voir les explications plus bas), LE Black Sabbath des débuts (ou presque… le batteur, Bill Ward a, pour d’obscures raisons, été remplacé par Brad Wilk de Rage Against The Machine). Du haut de ses 45 ans Wilk fait un peu jeune aux côtés d’Ozzy Osbourne (64 ans) au chant, Tony Iommy (65 ans) et Geezer Butler (63 ans) à la basse.
Un peu d’histoire avant d’entrer dans le vif du sujet, Black Sabbath est considéré comme l’un des pères fondateurs du Metal (ou plus exactement du Heavy Rock, précurseur moins agressif du Metal pur et dur), formé en 1968 à Birmingham, le groupe sort son premier album (Black Sabbath) et impose immédiatement son style ; entre 1970 et 1978 il sortira huit albums (dont certains des pièces majeures du genre) avant d’imploser en 1979 (départ d’Ozzy Osbourne). Si le nom Black Sabbath est resté la formation connaitra pas mal de chamboulements entre 1980 et 1995 (seul Tony Iommi restera indéboulonnable mais verra passer huit chanteurs, cinq bassistes et huit batteurs) et sortira dix albums trés inégaux. Officiellement le groupe d’origine s’est reformé en 2011 mais Bill Ward refuse de participer à l’album, contestant son contrat, il est donc remplacé par Brad Wilk et c’est donc en 2013, trente cinq après Never Say Die, le dernier album du Black Sabbath « historique », que le groupe nous offre son dix neuvième album, 13 (cherchez pas à comprendre le titre, j’ai tourné et retourné la question sans trouver de réponse).
Produit par Rick Rubin l’album propose onze titres (dans sa version Deluxe, huit en édition standard), grosso modo l’idée imposée par le producteur était de s’imaginer en 1970, le premier album dépasse toutes les espérances du groupe, le public en redemande il faut le satisfaire, innover tout en restant fidèle à la griffe Black Sabbath. Un retour aux sources en quelque sorte, un pari risqué mais, autant vous le dire d’office réussi haut la main.
Je passe sur le visuel, la jaquette attire le regard mais sans plus, j’aurai presque passé mon chemin mais le nom du groupe a toutefois retenu mon attention, découvrir que c’est le « vrai » Black Sabbath aura suffi à me convaincre. On mets la galette dans le lecteur, on monte le son, on appuye sur la touche Play et on attend, fébrile, inquiet…
L’album s’ouvre sur End Of The Beginning, une longue intro musicale, un son lent et lourd, un court chanté par Ozzy Osbourne et on passe aux choses sérieuses avec un son et un rythme nettement plus emmenés. Effectivement on est clairement dans un retour aux sources du Heavy Rock, suivra le single God Is Dead qui a servi de promo au lancement de l’album, pas forcément le meilleur titre de l’album mais incontestablement celui qui nous reste à l’esprit. Les titres s’enchainent sans fausse note pour notre plus grand plaisir, il y en aura toujours qui regretteront la non participation de Bill Ward mais on ne peut pas dire que le groupe lui ait claqué la porte au nez, c’est lui qui a choisi de s’exclure du projet (il doit s’en mordre les couilles aujourd’hui).
Onze titres et plus d’une heure de bonheur (à condition d’aimer le genre cela va de soi), pas besoin de sortir de Maths Sup pour comprendre que les titres proposés sont relativement longs, plus de six minutes en moyenne, la palme revenant à God Is Dead qui flirte avec les 9 minutes.

[BOUQUINS] Dan Brown – Inferno

D. Brown - InfernoN’en déplaise à mes « amis », les intégristes culturels de tout poil et les traqueurs de Grande littérature, depuis le Da Vinci Code la sortie d’un roman de Dan Brown, et plus encore quand celui-ci met en scène le Professeur Langdon, est un événement attendu par de nombreux inconditionnels. N’ayant aucune honte à faire partie du lot je me suis tout naturellement précipité sur son dernier opus, Inferno.
Robert Langdon se réveille dans un hôpital à Florence, blessé à la tête il a tout oublier des 48 dernières heures, et notamment des raisons qui l’ont amenés à se rendre en Italie. A peine a-t-il le temps de réaliser qu’une femme tente de l’abattre, aidé par le docteur Sienna Brooks il parvient à échapper à la tueuse. Rapidement les deux compagnons d’infortune vont réaliser qu’ils sont traqués par un ennemi puissant qui semble prêt à tout pour récupérer un artefact que possède Langdon bien qu’il ignore ce à quoi peut servir cet objet…
Dan Brown reste fidèle à lui même et use les mêmes recettes éprouvées lors des trois précédentes aventures de Robert Langdon. Une intrigue riche en rebondissements sur fond d’énigmes artistiques et ou historiques avec son lot de personnages secondaires attachants et ou intrigants ; dommage toutefois que parfois (surtout au début, le temps que les choses se mettent en place) le rythme soit un peu cassé par une surabondances de détails, d’accord ça ancre l’histoire dans la réalité mais ça fait aussi un peu Guide Du Routard en version romancée. Un peu de mal à entrer dans l’histoire donc (peut être aussi du fait que j’avais priorisé mes autres lectures) mais une fois que ça se décante on se laisse balader à un rythme soutenu, de surprise en surprise, jusqu’au clap de fin.
Ce que j’apprécie tout particulièrement avec Dan Brown c’est le côté interactif de ses titres, ma curiosité me pousse à vérifier les petits détails de chaque oeuvre ou monument qu’il intègre à son intrigue (toujours aussi richement documentée) ; cette fois c’est l’univers de Dante qui est au coeur de l’histoire et tout particulièrement La Divine Comédie (le titre fait référence à L’Enfer, la première partie de l’ouvrage) ; sans surprise la majeure partie du bouquin se passe donc à Florence (la ville chérie de l’auteur mais d’où il a été banni).
De même au coeur de l’intrigue l’auteur nous invite à réfléchir aux conséquences de la surpopulation à plus ou moins long terme (épuisement des ressources, vieillissement des populations, espaces habitables limités…) ; entre malthusianisme (limitation de la surpopulation par un contrôle des naissances) et transhumanisme (la science et la technologie utilisées pour « améliorer » l’être humain) en passant par des options moins extrêmes, les pistes ne manquent pas. Grosso modo on peut résumer la situation par la question, à la fois simple et complexe, que pose Sienna à Robert : « Tueriez-vous la moitié de la population pour empêcher l’extinction de notre espèce ? » ; question que Langdon élude.
L’auteur affirme que ce fameux, puissant et intriguant (rayez les mentions inutiles) Consortium, dont il a « changé le nom pour des raisons de sécurité » existe bel et bien et serait effectivement une organisation multinationale visant à assouvir les lubies de ses puissants clients. Je ne me prononcerai pas sur la question mais d’une part je n’ai aucune raison de mettre en doute la parole de l’auteur et d’autre part, si cela devait être avéré, ça ne me surprendrait pas outre mesure (ce qui ne signifie pas que j’approuverai).

[BOUQUINS] Daniel Keyes – Des Fleurs Pour Algernon

D. Keyes - Des Fleurs Pour AlgernonIl aura fallu que je me fixe un challenge 100% SF pour me décider enfin à découvrir Des Fleurs Pour Algernon de Daniel Keyes, un incontournable du genre il semblerait ; depuis le temps que j’en entends parler et avec toutes les louanges lues ou entendues il fallait bien que je me fasse ma propre opinion de la chose.
Charlie Gordon, un jeune adulte attardé mental, subit une intervention chirurgicale qui triple son QI. Il est le premier patient humain à bénéficier de cette prouesse médicale testée auparavant sur la souris de laboratoire Algernon. L’opération est un succès, mais si Charlie a désormais le QI d’un génie il a le vécu et le ressenti d’un attardé mental ; l’intelligence dont il avait tant espéré peut s’avérer une arme à double tranchant…
L’auteur a d’abord publié son récit sous forme de nouvelle (en 1960) et récompensée par le prix Hugo avant de l’enrichir pour en faire un roman qui sera publié en 1966 et obtiendra le prix Nebula. Si je mentionne ces dates c’est pour vous dire que même après quasiment un demi-siècle le bouquin n’a pas pris une ride, le style est intemporel, je suis convaincu que même dans 50 ans les lecteurs auront le même ressenti. Le bouquin se présente comme le journal intime de Charlie, commencé quelques jours avant l’opération et poursuivi aussi longtemps qu’il a pu le compléter. A travers les comptes rendus que Charlie rédige on suit son évolution, si les premiers passages sont écrits quasiment en phonétique, l’orthographe se corrige et s’enrichit peu à peu, idem pour le contenu de ses rapports.
Rapidement on oublie le côté SF pour privilégier le côté humain et en la matière on peut dire que le livre frappe fort et réussit admirablement à nous faire partager les émotions de Charlie, on a vraiment l’impression d’être lui et de voir le monde par ses yeux. En plus de sa soif d’apprendre il renoue avec des souvenirs d’une enfance qu’il avait oublié, une période difficile et traumatisante. L’innocence envolée il voit aussi les gens sous leur véritable jour et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a toujours été mal entouré. Mais heureusement tout n’est pas sombre pour le jeune homme, il va aussi faire l’apprentissage de l’amour (et là encore rien n’est simple pour Charlie).
Attention risque de spoilers dans ce qui va suivre, mais chroniquer ce bouquin sans parler des différentes phases que va traverser Charlie ne présenterait aucun intérêt, je ne dirai rien de la fin et je peux d’ores et déjà vous assurer que ces quelques lignes ne vous gâcheront pas la lecture du roman (la preuve j’ai adoré alors que j’en connaissais la trame de A à Z).
Ce bouquin propose, à sa façon, une réflexion sur la tolérance, cette fois la différence est l’intelligence ; si vous en manquez cruellement vous deviendrez immanquablement le souffre-douleur d’une bande d’abrutis, si vous en avez trop on se méfiera de vous. Et le comble c’est que, dans un premier temps, Charlie commettra la même erreur face à ses pairs. Alors finalement est-ce que l’intelligence fait le bonheur ? Charlie va découvrir (et nous faire découvrir) que ce n’est pas forcément une évidence, attardé ou génial il sera toujours aussi seul. Et pourtant face au processus de régression, annoncé par le déclin d’Algernon il va tout mettre en oeuvre pour lutter contre l’inexorable. Et à ce moment là le bouquin devient encore plus poignant.
Franchement ce roman m’a laissé sur le cul, rarement il m’a été donné de lire un bouquin possédant une telle charge émotionnelle. A noter que les éditions J’ai Lu proposent une version enrichie par l’essai Algernon, Charlie Et Moi et par la nouvelle originale ; présentement j’ai lu le roman au format numérique mais je me suis d’ores et déjà précipité à la librairie pour commander cette version enrichie (c’est sa couverture qui illustre ce post), nul doute que c’est un bouquin que je relirai à l’occasion. C’est vraiment une expérience de lecture unique et touchante, je pourrai en parler pendant des pages et des pages mais au lieu de ça, et avant que vous n’abandonniez lâchement cette chronique, je me contenterai de vous le recommander chaudement même si vous n’êtes pas attiré par la SF.

[BOUQUINS] George R.R. Martin – Le Volcryn

GRR Martin - Le VolcrynSi j’ai inscrit Le Volcryn au programme de mon challenge 100% SF ce n’est pas forcément dans l’espoir de découvrir un roman exceptionnel (même s’il a remporté le prix Locus du meilleur roman court en 1981) mais plutôt pour découvrir George R. R. Martin dans un autre style que la fantasy (au cas où vous ayez quitté la planète Terre ces dernières années il est l’auteur du Trône De Fer).
Un équipage de neuf experts triés sur le volet décolle d’Avalon à bord du vaisseau Armageddon, commandé par Royd Eris, leur mission est d’entrer en contact avec les volcryns, une race extra-terrestre supposée beaucoup plus évoluée que les humains qui se déplace aux confins de l’espace connu dans de gigantesques vaisseaux-cités. Au fil du voyage, le confinement aidant, des tensions et autres frustrations apparaissent ; quand le télépathe du groupe fait état d’une menace intérieure l’ambiance devient encore plus tendue…
Quand le premier tome du Trône De Fer est paru, en 1996, George R. R. Martin avait 48 ans, on peut donc légitimement supposer qu’il ait eu une vie littéraire avant et c’est effectivement le cas puisque son premier roman (hors nouvelles), L’Agonie De La Lumière, a été publié en 1977, si l’on prend en compte les nouvelles les débuts littéraires de l’auteur datent de 1971. Le Volcryn est son second roman (même si j’avoue avoir un peu de mal à m’y retrouver entre les nouvelles, les nouvelles longues, les romans courts et les romans).
La chose se présente donc au format roman court (160 pages), réédité en 2010 par Actusf, histoire de surfer sur le succès du Trône De Fer. Au-delà de l’aspect purement marketing (il est vendu moins de 10 €) c’est une bonne chose car ce roman est bien plus riche que ne pourrait le laisser penser son épaisseur. Le voyage spatial est prétexte pour l’auteur de nous offrir un huis-clos plus que convaincant, comme il se doit l’ambiance à bord du vaisseau devient de plus en plus étouffante au fur et à mesure que les personnages s’interrogent, de fait les tensions, les soupçons et les non-dits se multiplient ; il faut dire que le fait que le commandant du vaisseau ne se présente à eux que sous forme d’un hologramme n’aide pas à établir une relation de confiance. Dans un premier temps on se demande si la menace est réelle ou non, puis qui se cache derrière tout ça ; bien entendu je ne répondrai à aucune de ces questions !
Pour un roman aussi court la psychologie des personnages est plutôt approfondie, parmi l’équipage deux leaders s’imposent, Karoly D’Branin et Melantha Jhirl, ils sont sans doute un peu moins « bras cassés » que les autres ; mais c’est surtout le commandant de bord qui retient toute notre attention, lui aussi est-il bien réel ? Joue-t-il franc jeu avec l’équipage ? Qui est-il exactement ? Les questions le concernant ne manquent pas et les réponses ne manqueront pas de vous surprendre. Et ces fameux volcryns qui sont ils donc ? Vous aurez la réponse en lisant ce court mais très bon roman.
Le bouquin se lit d’une traite, une fois pris dans sa spirale infernale vous ne pourrez plus le lâcher (d’autant que le rythme monte crescendo) ; je me suis lancé de cette lecture sans grande conviction et j’en ressors agréablement surpris et même franchement comblé ; du coup ça m’a donné envie de découvrir les deux autres titres de George R. R. Martin que l’éditeur propose dans son catalogue (il s’agit de Skin Trade, un polar teinté fantastique, et de Dragons De Glace, un recueil de nouvelles).

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Nous Etions Les Hommes

G. Legardinier - Nous Etions Les HommesDe Gilles Legardinier je ne connais que ses excellents titres humoristiques (Demain J’Arrête et Complétement Cramé) mais avant ça ce brave homme s’est frotté au thriller, il me tardait donc de découvrir cette autre facette de son univers littéraire, Nous Etions Les Hommes, son dernier titre du genre (publié en 2011) m’a semblé un bon moyen de plonger vers la « face obscure » de l’auteur.
En travaillant ensemble sur la maladie d’Alzheimer Scott Kinross, neurologue, et Jenni Cooper, généticienne, découvrent que ce mal tendrait à se propager sous une forme nouvelle particulièrement violente, de manière exponentielle et frappant toutes les tranches d’âge. Si la tendance se confirme c’est l’humanité toute entière qui pourrait bien être menacée d’extinction. Si leurs recherches d’une solution éveillent certains intérêts louables d’autres voient d’un mauvais oeil une éventuelle avancée scientifique susceptible d’aller contre leurs intérêts, ils ne reculeront devant rien pour faire en sorte que les travaux de Kinross et Cooper n’aboutissent pas…
L’auteur sait faire monter la pression crescendo, l’intrigue commence doucement, on en arrive même à se demander si on tient vraiment un thriller entre les mains, mais peu à peu le doute n’est plus permis, non seulement c’est un thriller mais en plus il est diablement efficace et rondement mené (la dernière partie mettra vos nerfs à rude épreuve). Outre l’intrigue principale qui suit le périple, plein de surprises, de Kinross et Cooper on trouve d’autres intervenants dont on ne comprend pas tout de suite ni leur rôle, ni leur implication, mais une fois encore Gilles Legardinier régit son petit monde en véritable chef d’orchestre, tout s’imbrique parfaitement en temps et en heure.
En plus d’une intrigue captivante le roman repose aussi sur des personnages bien travaillés, bien entendu ceux de Kinross et Cooper occupent le centre de la scène et de fait bénéficient d’un soin particulier mais les autres ne sont pas pour autant laissés pour compte ; pour ma part j’ai particulièrement apprécié David Hold, tout au long du récit il émane de lui un subtil mélange de froideur et de chaleur, sans parler d’une bonne dose de mystère.
N’étant pas un spécialiste en matière de maladies neurodégénératives en général et d’Alzheimer en particulier , je ne me prononcerai quant aux aspects techniques abordés dans le bouquin, dans ses remerciements l’auteur indique que beaucoup d’éléments abordés sont vrais (sources à l’appui), je n’ai aucune raison de mettre sa parole en doute ; par contre je me rassure en me disant que la forme aigüe développée dans le roman est une fiction (ou une base réelle largement amplifiée pour les besoins du récit). Il n’en reste que par son approche humaine de la maladie l’auteur donne encore plus de profondeur à son récit déjà bien dense.
Il me semble avoir lu que le prochain titre de l’auteur restera dans le registre de l’humour et je m’en réjouis car c’est un domaine dans lequel il excelle, toutefois si un jour il compte renouer avec le thriller je le suivrai avec le même plaisir (en attendant je pourrai toujours me « rabattre » sur L’Exil Des Anges, publié en 2009 et qui figure dans mon Stock à Lire).