[BRD] Skyfall

SkyfallA l’occasion du jubilé de James Bond au cinéma (50 ans déjà depuis Dr No sorti en 1962) nous nous sommes offert une pause cinéma avec Skyfall, vingt-troisième film « officiel » de la saga James Bond et troisième rôle titre pour Daniel Craig avec Sam Mendes à la réalisation.
Au cours d’une mission qui tourne mal James Bond (Daniel Craig) est laissé pour mort et une liste des agents du MI6 infiltrés tombe entre de mauvaises mains. Quand les locaux du MI6 sont la cible d’une attaque terroriste et que les compétences et les méthodes de M (Judi Dench) sont remises en question, Bond sort de sa retraite et reprend du service afin d’identifier leur ennemi avant qu’il ne rende la liste publique. Son enquête le lance sur sur les traces de Raoul Silva (Javier Bardem), un ancien agent du MI6 et un petit génie de l’informatique, qui ne reculera devant rien pour se venger de M…
Que vous dire de James Bond qui n’a pas déjà été dit et redit. Si la qualité des différents films est inégale ça reste toujours divertissant et efficace, celui-ci ne déroge pas à la règle avec un scénario en béton, un rythme soutenu, un méchant que l’on adorera détester et la touche Daniel Craig qui se confirme, donnant à 007 d’avantage d’humanité que ses prédécesseurs. A ce titre je ne me prononcerai pas sur celui qui aurait le mieux incarné le plus célèbre des espions britanniques, je me contenterai de botter en touche en disant que chacun, de Sean Connery (6 films) à Daniel Craig (3 films à ce jour) , en passant par George Lazenby (1 film), Roger Moore (7 films), Timoothy Dalton (2 films) et Pierce Brosnan (4 films), ont su apporter leur touche personnelle au personnage. Le James Bond idéal serait un fin mélange de toutes ces personnalités (n’ayant lu aucun des romans de Ian Flemming je suis dans l’impossibilité de vous dire lequel est le plus proche du personnage original).
Face au succès incontestable de Skyfall il a commencé à se dire çà et là que c’était le meilleur James Bond jamais tourné, autant dire qu’il n’en fallait pas plus pour lancer le débat chez les fans. Si je refuse de me prononcer sur ce point c’est simplement parce que je suis bien incapable de vous dire quel est le James Bond que je considère comme étant le meilleur. J’estime que la trilogie avec Daniel Craig dans le rôle phare se situe dans indéniablement dans la partie haute du podium justement parce qu’il a réussi à débarrasser le personnage d’une certaine futilité en lui rendant un aspect plus brut de décoffrage (moins de gadgets, moins de James Bond girls) et, comme signalé plus haut, plus humain (il a un passé comme vous et moi).
Le prochain James Bond est d’ores et déjà annoncé pour 2016 mais l’on ne sait rien de plus pour le moment, si ce n’est que Daniel Craig aurait accepté de rempiler pour deux autres films de la plus longue saga du cinéma. Si l’information se confirme il semblerait donc que la question de la succession de Daniel Craig ne soit pas encore à l’ordre du jour. Mais supposons que, vous verriez qui endosser le costume de 007 ? Perso j’imagine bien Bradley Cooper ou Ryan Gosling pour assurer la relève.

[BOUQUINS] Zoran Drvenkar – Toi

Z. Drvenkar - ToiCa faisait déjà quelques temps que ce bouquin m’intriguait, d’une part parce qu’il figure au catalogue des éditions Sonatine mais aussi au vu du nombre de critiques positives reçues, finalement c’est Gruz qui me donnera le « coup de grâce » et me poussera à l’achat, de fait il m’a semblé naturel d’en faire un invité surprise de mon challenge 100% thriller, place donc à Toi de Zoran Drvenkar.
Alors dans un premier temps il faut vous proposer un pitch et là vous pouvez me croire ce n’est pas un mince affaire (même celui de la quatrième de couverture ne me convient pas). On a d’abord un tueur en série non identifié qui tue sans mobile apparent et à un rythme indéfini. Ensuite on retrouve cinq adolescentes qui semblent avoir bien du mal à trouver leur place dans la société et ignorent encore dans quel merdier elles vont se retrouver embringuées. Enfin on a une bande de mafieux énervés par la mort de l’un des leurs et plus encore par la disparition d’un important stock de drogues en tout genre. Mettez tout ça dans un shaker, mélangez longuement et lisez…
Bien que je sois un adepte du numérique j’avoue que je préfère les couvertures sur papier que la photo (en noir et blanc qui plus est) proposée par ma liseuse, notamment cette couv’ rouge sang avec cette bouche ouverte sur un cri silencieux ; il n’en faut pas plus pour m’attirer vers le bouquin, si en plus la quatrième de couv’ est alléchante alors là c’est craquage assuré. Une fois l’objet entre les mains il est temps de se plonger dans sa lecture ; d’office le style est déstabilisant, le narrateur porte un regard extérieur aux événements mais en usant de la seconde personne du singulier, comme s’il était le témoin direct et privilégié des événements, cherchant chaque fois à sonder l’âme de celui ou celle qu’il « observe ». Ah oui c’est sans doute le moment idéal pour vous préciser que les différents chapitres portent le prénom du personnage à travers lequel le narrateur va nous faire vivre les faits. Déconcertant, d’autant que les différentes pièces du puzzle ne s’imbriquent pas immédiatement les unes aux autres et que l’ordre chronologique n’est pas toujours de mise, mais on finit par s’y habituer et même par apprécier cette touche d’originalité dans le style narratif.
Venons à l’intrigue (ou plutôt aux intrigues) à proprement parler, on se retrouve plongé dans un thriller sur fond de road-movie entre l’Allemagne et la Norvège sombre mais, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, on y retrouve une certaine fraîcheur (toute relative) et même quelques touches d’humour (notamment grâce aux réactions et commentaires de gamines en fuite). Clairement on sent que l’auteur n’a pas cherché à miser sur un scénario totalement ancré dans la réalité, bien que certains passages soient peu crédibles on est totalement embarqué par ce récit plein de surprises jusqu’à la dernière page, du coup on a envie d’y croire… juste pour le plaisir des yeux.
Tous les personnages ont une personnalité et un caractère bien trempé, du plus sombre ou plus innocent, les destinées de tout ce petit monde vont se croiser dans un cocktail détonnant (on ne comprend l’implication du Voyageur, le tueur en série, que dans la dernière partie du roman) mais ces rencontres plus ou moins calculées, ou au contraire totalement liées au hasard, ainsi que leurs conséquences donnent à l’ensemble une réelle cohérence (ce qui n’apparaissait pas comme une évidence dans les premières pages).
Passé la surprise du style narratif et d’un début volontairement embrouillé je vous promets vous ne pourrez plus lâcher cet excellent thriller. Il s’agit du deuxième roman de cet auteur allemand d’origine croate, d’ores et déjà j’ai son premier titre, Sorry (il faut croire que l’auteur affectionne les titres courts), dans mon Stock à Lire Numérique et je compte bien m’y plonger rapidement étant donné qu’il a lui aussi bénéficié de critiques élogieuses.