[BOUQUINS] Elizabeth George – La Ronde Des Mensonges

E. George - La Ronde Des MensongesRetour à mon programme littéraire « normal » avec une auteure que j’ai découvert il y a peu (début 2011) mais dont son Cortège De La Mort m’avait enchanté par son côté polar « so british », je m’étais promis de revenir explorer son univers mais plutôt que de commencer par le début je vais me plonger dans la dernière enquête (la dix-septième quand même) en date de l’inspecteur Lynley et « son » équipe, La Ronde Des Mensonges.
Ian Cresswell, héritier pressenti d’une richissime famille, est retrouvé mort noyé après une chute accidentelle selon le légiste. Bernard Fairclough, son oncle et père adoptif mais aussi actuel chef de famille, a des doutes quant à la version officielle ; l’homme d’affaire persuade David Hillier, le préfet de police de mettre un de ses hommes sur l’affaire. Et c’est sur l’inspecteur Lynley que ça tombe, une enquête non officielle à mener seul et surtout dans la plus grande discrétion. Ne pouvant impliquer son équipe il se rend sur les lieux avec Simon et Deborah Saint James, un couple de proches amis…
On retrouve avec plaisir tous les ingrédients du polar à l’anglaise façon Elizabeth George (bien que l’auteure soit américaine) : une intrigue fouillée aux multiples facettes menée avec un flegme tout britannique mais sans toutefois nous laisser le temps de nous ennuyer (ça ne foisonne peut être pas d’action mais les révélations ne manquent pas), les personnages sont traités en profondeur et jouissent d’une véritable personnalité (avec ses bons et mauvais côtés). C’est aussi l’occasion pour l’auteure d’égratigner les hautes sphères de la société qui se croient à l’abri de tout grâce à leur fric mais quand on gratte sous le vernis on révèle de nombreux secrets dont certains bien glauques (à ce titre le clan Fairclough réserve bien des surprises) ; la presse poubelle (ou people pour faire dans le politiquement correct) en prend aussi pour son grade. Ajoutez à cela un style très agréable à lire et vous avez une perle du roman policier entre les mains.
Au niveau des personnages on renoue bien entendu avec Thomas Lynley qui envisage peut être de faire le deuil de son épouse et de reprendre une vie de couple. L’heureuse élue ne serait autre qu’Isabelle Ardery, la commissaire par intérim, que l’on découvre plus humaine dans le privé mais toujours aussi pète-sec avec son équipe ; ne comptez pas sur moi pour vous dire si leur idylle débouchera ou s’orientera vers autre chose que du « purement sexuel ». La seule autre membre de l’équipe à faire une apparition régulière dans l’enquête est l’éternelle complice de Lynley, Barbara Havers, c’est d’ailleurs l’occasion de creuser un peu du côté de ses relations avec ses voisins. Et puis il y a le couple Saint James qui traverse une phase difficile et dont cette affaire pourrait bien sonner le glas. Enfin comme je l’ai dit le clan Fairclough ne manque pas de cadavres dans le placard, tous semblent avoir quelque chose à se reprocher ou manigancer un mauvais coup… Bref tout ce beau monde, et plus encore, viennent enrichir l’intrigue principale (qu’est-il réellement arrivé à Ian Cresswell ?) sans jamais l’alourdir.
Mon enthousiasme pour l’univers d’Elizabeth George et de Thomas Lynley étant renforcé par la lecture de ce second roman il va falloir que je me décide à attaquer les 15 précédents, vu comme je suis parti je pense les prendre dans l’ordre chronologique inverse (du plus récent au plus ancien), un peu comme si je remontais dans les souvenirs de l’inspecteur Lynley… Comme l’auteure vient de sortir un nouveau roman (Saratoga Woods), annoncé comme le premier tome d’une trilogie consacrée à sa nouvelle héroïne (Becca King), et comme je doute fort qu’Elizabeth George ait décidé d’offrir à l’inspecteur Lynley une retraite littéraire, la question est plutôt de savoir si l’avenir de notre inspecteur préféré va être mis entre parenthèse le temps de boucler ce nouveau projet ou si elle va décider de poursuivre en simultané l’exploration de ses deux univers…

[BOUQUINS] James Hayman – L’Ecorcheur De Portland

J. Hayman - L'Ecorcheur De PortlandEncore une avant première France Loisirs et encore un invité surprise dans mon challenge 100% thriller au programme de cette chronique littéraire (ce qualificatif étant employé sans la moindre prétention de ma part), place donc à L’Ecorcheur De Portland signé James Hayman.
L’inspecteur Michael McCabe a choisi de s’installer à Portland pour offrir à sa fille un cadre de vie plus serein que New-York mais c’était aussi l’occasion de s’éloigner de son ex-femme. Quand le corps de Katie Dubois, une adolescente disparue depuis une semaine, est retrouvé, le coeur soigneusement prélevé, McCabe et sa partenaire se jettent à corps perdu dans cette enquête, d’autant que l’on signale la disparition d’une autre jeune femme, Lucinda Cassidy, au profil proche de celui de la victime. Refusant de croire à une simple coïncidence McCabe sait qu’il doit jouer contre la montre s’il veut sauver Lucinda et neutraliser le tueur…
Le moins que l’on puisse dire c’est que j’aurai pris mon temps pour venir à bout de ce bouquin (qui n’est pourtant pas un pavé), j’ai eu du mal à accrocher tout simplement. L’intrigue est intéressante mais un peu légère et parfois prévisible, les personnages (comme l’enquête) manquent de profondeur, l’auteur ne parvient pas à nous scotcher en retranscrivant le sentiment d’urgence. C’est pourquoi je sors de cette lecture avec un sentiment mitigé, la base était bonne mais la sauce a du mal à prendre ; toutefois je serai indulgent dans mes commentaires du fait qu’il s’agit du premier roman de l’auteur.
A la décharge de l’auteur qui n’y est pour rien, le titre français est maladroit, en effet stricto sensu le mot écorcheur fait penser à un tueur qui ôterait la peau de ses victimes alors qu’il n’en est rien ; bon d’accord ce n’est pas plus gênant que ça mais quand même la langue française est suffisamment riche pour ne pas embrouiller le lecteur avec des termes inappropriés.
James Hayman, qui fut, comme McCabe, officier au NYPD avant de déménager pour Portland, a indiqué qu’il souhaitait faire de McCabe un héros récurrent de ses romans, d’ores et déjà un second titre devrait sortir courant juin aux Etats Unis. L’occasion sans doute d’étoffer quelque peu la personnalité de McCabe tout en le confrontant à de nouvelles affaires criminelles, bien que n’ayant pas été totalement emballé par ce coup d’essai je suivrai de près la sortie française des prochains titres (le second McCabe est annoncé pour le mois de juin aux Etats-Unis)…

[BRD] Canalsat en dérangement… Vive le cinéma !

L’antenne parabolique de l’immeuble ayant décidé de jouer les filles de l’air ce weekend (pour une raison inconnue elle s’est cassée la gueule) nous avons donc dû improviser un programme cinéphile en Blu-ray (du coup je n’ai plus rien en attente) auquel est venu s’ajouter la première partie de la saison 5 de True Blood (mais j’y reviendrai dans la semaine, une fois que nous aurons visionné les 12 épisodes).

Films en vrac
Le Magasin Des Suicides

On commence en douceur avec Le Magasin Des Suicides, film d’animation réalisé par Patrice Leconte, adapté du roman de Jean Teulé.
La famille Tuvache gère le très florissant Magasin Des Suicides, qui, comme son nom l’indique, propose toute une gamme d’articles garantissant un suicide 100% mortel. La naissance du petit dernier, Alan, va bouleverser le quotidien de la famille, l’enfant est en effet l’incarnation même de la joie de vivre, en grandissant sa bonne humeur pourrait bien s’avérer contagieuse…
Avec pas loin de 50 films à son actif Patrice Leconte fait ici ses premiers pas dans l’animation en choisissant un format classique (pas d’images de synthèse ou de 3D) qui est particulièrement bien adapté à son scénario (soit dit en passant les graphismes sont très réussis) de même les quelques passages chantés s’intègrent bien à l’ensemble, lui conférant un air de comédie musicale sur un (trop) léger fond d’humour noir.
Ayant eu l’occasion de chroniquer le roman il y a quelques temps (lire ma chronique) celui-ci m’avait laissé un sentiment mitigé, une première partie vraiment originale et décalée qui, malheureusement, finit par perdre à la fois son rythme et son ton. L’adaptation de Patrice Leconte prend quelques libertés avec l’original mais globalement mon sentiment reste le même : sympathique mais pas transcendant.
Pas vraiment un dessin animé tout public du fait du thème abordé avec quelques touches d’humour noir (pas assez à mon goût) qui réussit tout de même à être divertissant et original (ce qui n’est déjà pas si mal).

The Secret

Retour au cinéma avec des vrais gens pour la suite de notre programme avec The Secret, réalisé par Pascal Laugier.
Depuis quelques années les enfants de Cold Rock, petite ville minière en déroute, les enfants disparaissent mystérieusement ; les habitants attribuent ces soudaines disparitions à « The Tall Man« , un croque-mitaine des légendes urbaines. Julia (Jessica Biel), infirmière et médecin de la bourgade, ne prête qu’une oreille discrète à ces rumeurs, quand une nuit son fils, David, est enlevé sous ses yeux, elle se lance alors à la poursuite du ravisseur…
Un peu succinct comme synopsis mais il est difficile d’en dire plus sans en dire trop, ce qui sera un peu le cas de toute cette chronique. Pour sa première réalisation outre-Atlantique, le réalisateur français (à qui l’on doit notamment Saint Ange) s’attaque à un thriller original et riche en surprises. Tout le film est porté par Jessica Biel qui joue à la perfection sur l’ambiguïté de son personnage. Ne vous attendez pas à un film bourré d’action, la force du film réside d’avantage dans son ambiance oppressante et la psychologie de Julia.
Pour la petite histoire The Secret n’est pas le titre original du film, en VO il se nomme en effet The Tall Man, allez savoir quelle mouche a bien pu piquer les distributeurs pour donner un titre français en anglais ; ils ont sans doute dû juger que ça faisait plus vendeur (pour moi ça fait surtout plus con mais ça n’engage que moi).

Des Hommes Sans Loi

Notre programme cinéma sera bouclé avec Des Hommes Sans Loi de John Hillcoat.
En pleine prohibition le comté de Franklin est réputé pour son alcool de contrebande de haute qualité, les frères Bondurant, Howard (Jason Clarke), Forrest (Tom Hardy) et Jack (Shia La Beouf), comptent parmi les nombreux bootleggers de la région. En refusant de graisser la patte d’un procureur corrompu ils se mettent à dos l’agent spécial Charlie Rakes (Guy Pearce), ce dernier va tout mettre en oeuvre pour couler leur business et éventuellement les neutraliser…
John Hillcoat m’avait bluffé avec son adaptation de La Route et je dois reconnaître qu’il est tout aussi efficace dans ce thriller/polar/western ; servi aussi par des acteurs en grande forme tous plus convaincants les uns que les autres (mention spéciale à Guy Pearce qui joue admirablement une pourriture de première). Autant vous prévenir tout de suite vous aurez très certainement envie de foutre des claques à Shia LaBeouf; son personnage se comporte en effet comme un trou du cul hors concours pendant quasiment tout le film… Ceci dit et au risque de me répéter, le film mérite franchement le détour.
Le film s’inspire de faits réels et notamment du récit de Matt Bondurant, le petit fils de Jack Bondurant (la tête à claques).

[BOUQUINS] Marc Levy – Un Sentiment Plus Fort Que La Peur

M. Levy - Un Sentiment Plus Fort Que La PeurJe me permets une petite entorse à mon programme mais comme j’ai eu entre les mains (ou plutôt devant les yeux) le dernier Marc Levy, Un Sentiment Plus Fort Que La Peur, je m’y suis plongé toutes affaires cessantes ; et oui n’en déplaise aux Levyphobes en tout genre je suis un fan de la première heure parfaitement assumé d’autant qu’il m’a rarement déçu.
Au cours d’une ascension du Mont Blanc Suzie Baker espère avoir trouvé, dans la carlingue d’un avion, ce qu’elle recherche depuis des années : une preuve permettant de laver l’honneur de sa famille accusée de haute trahison. Mais cette découverte à un prix, le compagnon de Suzie se sacrifie pour lui permettre de rejoindre la surface en vie. De retour aux Etats-Unis elle va se rapprocher d’Andrew Stilman, reporter au NY Times en mal d’inspiration et un peu trop porté sur la bouteille, afin qu’il s’intéresse à son affaire sans toutefois le lui demander directement. Bien qu’ils l’ignorent d’autres personnes suivent de prés les recherches de Suzie et Andrew, mais leur intérêt semble être d’étouffer la vérité…
Aussi surprenant que cela puisse paraitre venant de Marc Levy (quoique l’auteur nous a habitué à jongler avec les genres), ce titre pourrait presque s’inscrire comme invité surprise au sein de mon challenge 100% thriller, le personnage d’Andrew Stilman mène une enquête quasiment policière afin de découvrir la vérité sur les déboires de la famille Baker. Mais avant d’aller plus avant dans ma chronique je tiens à préciser que si ce roman n’est pas à proprement parler une suite de Si C’Etait A Refaire on y retrouve le journaliste Andrew Stilman deux mois après être sorti du coma suite à son agression et forcément il y a quelques références à sa première « enquête ».
L’intrigue se met lentement en place, Suzie ne souhaitant pas influencer Andrew les deux protagonistes prennent un certain temps à se jauger mutuellement, ce qui donne lieu à des échanges qui ne manquent pas de comique (et parfois même de piquant). Une fois que l’intrigue à proprement parler se met en branle on entre dans une enquête journalistique sur fond d’espionnage avec d’un côté Andrew et Suzie qui cherchent la vérité, de l’autre les services secrets qui ne reculeront devant rien pour empêcher cette histoire de refaire surface et d’autres intéressés dont les intentions resteront longtemps obscures. Ne vous attendez pas à une intrigue à la Tom Clancy mais ça reste plutôt bien ficelé (quoique un peu tiré par les cheveux parfois) avec juste ce qu’il faut de suspense, de manipulations et de rebondissements pour nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le récit.
Retrouver le personnage d’Andrew Stilman fut un plaisir même si dans la première partie du bouquin il n’est plus que l’ombre de lui même, démotivé et sans la moindre niaque, heureusement qu’il reprend du poil de la bête quand son instinct professionnel se réveille (et aussi une touche d’intérêt personnel). Le personnage de Suzie Baker est plus ambigu, difficile de savoir ce qu’elle pense vraiment vu qu’elle semble prendre un malin plaisir à manipuler les autres pour arriver à ses fins, même si ses motivations ne sont pas mauvaises on a du mal à s’y attacher.
Comme toujours avec Marc Levy ça se lit vite et bien, certes ce n’est pas le titre qui convertira les Levyphobes (comme tous les intégristes ils portent des oeilléres et ignorent l’ouverture d’esprit… oui je sais c’est une attaque mesquine et gratuite), pour ma part j’ai apprécié ce nouvel opus, Marc Levy ajoute une nouvelle corde (sans une once de romance) à son arc et transforme l’essai. Pour ma part je serai donc ravi de retrouver Andrew Stilman pour une troisième enquête…
Pour l’anecdote la sortie du roman a été avancée au 14 février, jour de la Saint Valentin et surtout deux semaines avant le nouveau Guillaume Musso, son éternel rival littéraire bien que tout deux affirment le contraire (pour ma part ayant « découvert » Musso l’année dernière je compte bien me laisser tenter par son nouveau bébé).

[BDR] Destination Finale – La totale !

Destination FinaleHistoire d’étrenner notre nouveau home cinéma (la version DVD de Sony ayant cédé la place à une version Blu-Ray de Samsung) nous nous sommes offerts les cinq chapitres de Destination Finale d’affilée, signé par trois réalisateurs différents : James Wong pour les premier et troisième, David R. Ellis, décédé en début d’année, pour les second et quatrième et Steven Quale pour le dernier en date.
Je ne vais pas vous présenter les cinq films un par un, le pitch de base étant le même on va faire une chronique groupée. Un petit groupe de personnes échappe de justesse à une catastrophe (dans l’ordre des films : un crash aérien, un énorme carambolage, le déraillement d’un grand huit, un accident sur une course automobile et l’effondrement d’un pont suspendu) après que l’un d’eux ait eu une prémonition. A peine le temps de se réjouir que les rescapés commencent à mourir dans des circonstances pour le moins inhabituelles ; la Mort veut terminer son travail et les survivants vont tout mettre en oeuvre pour déjouer ses plans…
Le gros atout de ces films est de ne pas miser toutes ses billes sur la carte du film d’horreur (même si certaines morts sont bien trash et gores) mais de jouer aussi la carte de l’humour (noir cela va de soi) et du second degré. Les scènes de morts (pas vraiment des morts naturelles vous l’aurez compris) constituent bien sûr le point d’orgue des films et bien que peu probables, sont particulièrement soignées (j’adore la réaction en chaîne qui précède chaque mort, au départ un événement anodin qui va enfler jusqu’à l’issue fatale). Les films sont naturellement riches en effets spéciaux et cascades en tout genre plutôt soignés et efficaces. Enfin même si les films sont indépendants les uns des autres (le groupe de rescapés n’étant jamais le même) vous aurez de nombreuses références et autres clins d’oeil à la saga. De fait mater les films les uns à la suite des autres ne m’aura pas dérangé outre mesure, les ficelles restent les mêmes mais les mises à mort sont sans cesse renouvelées.
Certes on est bien loin du film d’auteur hautement intellectuel mais perso je privilégie le divertissement à l’enrichissement intellectuel quant je mate un film (si je peux avoir les deux je n’ai rien contre), en l’occurrence on peut dire que j’ai été servi en matière de divertissement, un tantinet sadique je l’admets et à ne pas forcément mettre entre toutes les mains, certaines scènes étant bien gores, les amateurs du genre apprécieront (on est loin du gore dérangeant façon Saw).
Deux autres volets devaient être développés autour de la saga mais je ne sais pas si c’est toujours d’actualité ou non, pour le moment le public a toujours répondu présent et la qualité était au rendez-vous mais à force de vouloir user et abuser de la franchise ça risque de faire plus de mal que de bien, ce serait dommage que la stratégie marketing finisse par nuire à la saga.
Pour les curieux et intéressés voici les liens sur Allociné :
Destination Finale (2000)
Destination Finale 2 (2002)
Destination Finale 3 (2005)
Destination Finale 4 (2009)
Destination Finale 5 (2011)

Frédéric Mars – Non Stop

F. Mars - Non StopEncore un bouquin qui traînait depuis un temps certain dans mon Stock à Lire Numérique (il faut dire que ça se bouscule là-dedans, pas facile de faire un choix) et pourtant il m’avait été chaudement recommandé et les quelques critiques que j’ai pu lire çà et là sont plutôt élogieuses ; à mon tour de vous faire partager mes impressions sur Non Stop de Frédéric Mars.
A quelques jour de la commémoration du 11 septembre les Etats Unis sont de nouveau la cible d’attaques terroristes. Aucune revendication et un mode opératoire jamais vu, les terroristes semblent en effet capables de transformer « n’importe quel quidam » en bombe humaine. Sam Pollack officier du NYPD et Liz McGeary responsable du DHS (département de la sécurité intérieure) font équipe pour démasquer le ou les auteurs de ces attaques et enrayer la vague d’attentats tout en jonglant avec les différentes agences de sécurité et les impératifs politiques divers et variés. D’autant que pour Sam l’affaire prend rapidement une dimension personnelle…
Le roman s’écarte du thriller/polar pour privilégier l’aspect thriller/espionnage, en effet si l’enquête de « police » est bien présente elle est d’envergure nationale et ses enjeux dépassent largement ceux d’une chasse au serial-killer. A ce titre je suis surpris qu’un tel roman soit écrit par un français tant il semble parfaitement documenté sur le fonctionnement des hautes instances plus ou moins secrètes américaines, franchement il y aurait presque de quoi faire rougir Tom Clancy (et croyez-moi pour l’inconditionnel que je suis ce n’est pas un mince compliment) ; en passant je note que Frédéric Mars s’autorise un clin d’oeil à Tom Clancy : « Retner n’était pas le Jack Ryan de la cardiologie« . On pourrait craindre d’être un peu largué par le nombre de protagonistes et les différentes agences impliquées dans cette traque mais l’auteur réussit à rester clair, au besoin le lecteur pourra toujours se replonger dans les premières pages du roman qui présentent justement les intervenants et offre un plan succinct de Manhattan ainsi que dans le glossaire en fin de bouquin qui définit clairement les différents acronymes que l’on rencontre au fil du récit.
Venons en à l’intrigue à proprement parler, autant vous prévenir tout de suite ce roman est hautement addictif, une fois que vous l’aurez commencé vous ne pourrez plus le lâcher. Le bouquin fait penser à la série 24 Heures Chrono (même si l’intrigue s’étale principalement sur trois journées) par son découpage en courts chapitres horodatés mais aussi par son rythme haletant, limite frénétique, ainsi que par un suspense maintenu au sommet jusqu’au dénouement. Le style de l’auteur est parfaitement adapté au récit, sec et tranchant il va à l’essentiel pour ne pas casser le rythme.
Venons en aux bémols que je pourrai émettre. J’ai trouvé que les personnages principaux n’étaient que trop superficiellement travaillés, certes le choix colle au rythme imposé mais avec le temps j’ai appris à apprécier un soupçon d’humanité au coeur de l’action (ils ne sont pas non plus de marbre mais même leurs émotions semblent s’intégrer à l’intrigue plutôt que de contribuer à leur donner une certaine réalité). Par contre le comportement humain est plutôt bien abordé, plutôt que de faire bloc intelligemment face à la menace terroriste il y a toujours des cons qui ne font qu’agraver les choses, qu’il s’agisse de pillards ou de « justiciers » autoproclamés.
Techniquement je ne sais pas si le plan terroriste abordé ici serait réalisable (de prime abord je dirai que non mais je suis loin d’être un expert en la matière) si tel était le cas alors je ne trouve pas d’autre qualificatif que le « génialement odieux » utilisé par Liz McGeary pour qualifier ce projet. Non seulement le bilan en pertes humaines serait terrible mais la psychose qui suivrait mènerait le pays tout droit au chaos, sans parler de l’impact financier d’un tel complot. Mais mon second bémol ne portera pas sur cet aspect faisabilité ou non mais plutôt sur le manque d’explications au final, c’est certes bien ficelé mais en étant vicieux (ou pinailleur) il reste encore pas mal de questions en suspens quant aux différentes étapes du mode opératoire.
Peut être pas excellent mais tout de même très très bon ; et puis il m’a donné envie de me plonger dans Ligne De Mire de Tom Clancy, qui traîne depuis trop longtemps dans mon Stock à Lire Numérique
A la base le fichier était un epub commercial (dont les DRM ont été supprimés) de 4,4 Mo (énorme pour un epub), il faut dire que tous les titres de chapitres sont au format jpg ainsi que de nombreux textes et tableaux rendant la lecture sur liseuse plutôt chaotique (un chapitre était illisible ; celui du dénouement en plus). Après être passé entre mes mains et avoir subi quelques retouches (titres de chapitres au format texte, transformation en texte de certaines images et réécriture complète du chapitre « défaillant ») la chose est parfaitement lisible et pèse moins de 1 Mo.

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Profanation

J. Adler-Olsen - ProfanationIl est des bouquins inscrits au programme de mon challenge 100% thriller que je brûlais d’impatience de lire, le deuxième tome des enquêtes du Département V (un Cold Case à la sauce danoise) en faisait incontestablement partie ; j’avais vraiment apprécié le premier opus, Miséricorde, autant pour son intrigue que pour ses personnages atypiques, c’est donc avec plaisir que je me suis plongé dans Profanation de Jussi Adler-Olsen.
De retour de vacances l’inspecteur Carl Morck réintègre le Département V et retrouve son assistant Assad ; à peine le temps de se poser et voilà qu’il apprend qu’on lui adjoint, pour son plus grand déplaisir, une secrétaire, Rose. Le Département décide de se pencher sur une ancienne affaire, un double homicide impliquant de richissimes fils-à-papa, innocentés par les « aveux » spontanés du supposé assassin ; sauf qu’un examen approfondi du dossier révèle de nombreuses zones d’ombre et une enquête bâclée. Contre l’avis de ses supérieurs et malgré les tentatives d’intimidation Carl persiste, aidé par ses deux acolytes, il n’hésite pas à remuer la merde qui se cache sous le vernis de la haute société danoise…
Ce second roman confirme toutes les bonnes impressions que m’avait laissé Miséricorde ; on retrouve la paire improbable constituée de Carl, plus bourru et grognon que jamais, et Assad avec sa bonne humeur permanente mais on en apprend aussi un peu plus sur eux (notamment sur Assad), enfin la touche féminine apportée par Rose, une jeune femme au caractère bien trempé, met un peu de renouveau au sein du département (et apporte aussi une touche d’humour, les premiers contacts avec Carl sont plutôt tendus). L’intrigue rythmée et pleine de surprises n’est pas laissée pour compte même si cette fois on connait les coupables et leurs motivations ça n’en reste pas moins intéressant de savoir comment la police va faire tomber ces salopards (je ne trouve pas de mots plus politiquement corrects pour les qualifier, par contre dans un style plus méprisant j’en ai un paquet qui me viennent à l’esprit sans trop avoir à réfléchir) ; pour tout vous dire, et au risque de passer, une fois de plus, pour un sadique, je souhaitais ardemment que ce soit Kimmie (qui vaut à peine mieux que les autres soit dit en passant) qui les trouve avant la police, leur châtiment serait alors bien plus expéditif et moins coûteux pour le contribuable… Ce plaisir sadique a-t-il pu être assouvi ? Il va vous falloir lire le bouquin pour le savoir… Qui plus est on découvre aussi de nouveaux éléments concernant la fusillade qui a coûté la vie à un coéquipier de Carl et cloué le second sur un lit d’hôpital sans espoir de pouvoir à nouveau bouger ; cette « continuité » dans le récit tend à rendre le contexte plus humain et d’ailleurs on a hâte de connaître le fin mot de l’histoire (les soupçons d’Hardy sont-ils fondés ? Si oui, pourquoi ?)
Pour moi Jussi Adler-Olsen a amplement gagné sa place parmi mon top des auteurs nordiques « qui comptent », au côté de feu Stieg Larson, Jo Nesbo et Henning Mankell (et certainement bien d’autres qu’il me reste à découvrir) ; d’ores et déjà le troisième bouquin de la série, Délivrance, a rejoint mon Stock à Lire Numérique, je pense m’y plonger dès la fin de mon challenge 100% thriller, à moins que l’impatience ne soit plus forte… Un quatrième opus est paru au Danemark, Journal 64, mais n’a pas encore été traduit…

[Tag] – Faites circuler la chose…

Gruz m’ayant tagué pendant mon sommeil je me dois donc de continuer la chaîne…

Les règles du jeu sont les suivantes :

– Répondre aux 5 questions ci-après.

– Ajouter le logo et les consignes.

– Nominer 3 blogueurs ou blogueuses de ton choix.

– Les prévenir par commentaire.

– Ne pas oublier d’écrire une petite ligne de remerciement pour le blogueur ou la blogueuse à l’origine de la nomination (avec un lien sur son blog de préférence).

tag2013

 Fais-nous un rapide bilan de 2012 en choisissant un top et un flop littéraire :

Un seul top c’est impossible, du coup vous en aurez cinq (et encore je me modère) qui refléteront, je l’espère, la diversité de mes goûts littéraires :

Les Apparences de Gillian Flynn, certainement l’un des meilleurs thrillers de l’année 2012
Le Trône De Fer de George R.R. Martin, le top du top de la fantasy
Présumé Coupable d’Isabelle Gusso, un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) qui vaut le détour
Demain J’Arrête ! de Gilles Legardinier, une perle d’humour à lire pour retrouver le sourire
Les Cicatrices de Jac Barron, un thriller psychologique qui vous mettra les nerfs à vif

Un flop, sans hésitation L’Heure Des Loups de Shane Stevens, une monumentale perte de temps !

Quelles sont tes bonnes résolutions livresques pour l’année 2013 ?

Continuer d’élargir mon horizon littéraire en découvrant des auteurs que je ne connais pas tout en continuant d’explorer l’univers de ceux que je connais.

Quels auteurs découverts en 2012 souhaites-tu continuer à lire en 2013 ?

Etant donné que cette année j’ai découvert un max d’auteurs que je ne connaissais pas la liste risque d’être longue, à défaut d’être exhaustif on va citer ceux qui me viennent immédiatement à l’esprit : Karine Giebel, Sire Cédric, Gilles Caillot, John Verdon, Jussi Adler-Olsen, Gilles Legardinier, Paul Cleave, Sebastian Fitzek, Natacha Calestrémé… Stooop !!! J’vous avais prévenu, y’en a trop pour tous les citer !

Donne-nous les 3 premiers livres de ta PAL 2013 et explique-nous ce choix :

Heu… Mission impossible j’ai plus de 400 bouquins qui m’attendent, sans parler des sorties 2013 ; bon OK on va essayer de jouer le jeu :

Toi de Zoran Drvenkar, c’est la faute à Gruz, il m’a donné envie de le lire du coup je l’ai acheté
Non Stop de Frédéric Mars, parce que ça fait un moment que j’ai envie de le lire et qu’il est le prochain sur la liste de mon challenge 100% thriller
Ligne De Mire de Tom Clancy, juste parce que je suis un inconditionnel

Pour finir, un souhait livresque ?

Que l’année 2013 soit aussi riche en bonnes surprises que 2012.
Et une utopie : que le prix des livres (papier et numérique) baisse !

A mon tour de taguer : Zofia, Lilou et Selenne seront mes victimes.

[BOUQUINS] Karine Giebel – Juste Une Ombre

K. Giebel - Juste Une OmbreOn reste dans le thriller made in France et dans les « découvertes » pour la suite de mon challenge 100% thriller, l’auteure en question (et oui c’est une femme) est Karine Giebel et je me suis plongé dans son dernier roman en date, Juste Une Ombre.
Tout semble sourire à Cloé Beauchamp jusqu’à ce qu’elle croise, à la sortie d’une soirée, un inconnu qui la suit avant de disparaitre et de resurgir face à elle, de la fixer et de disparaitre à nouveau. Dès lors la jeune femme est convaincue que cette « Ombre » la suit, épie le moindre de ses mouvements et s’immisce dans sa vie. Tandis que son entourage refuse de la croire et que la police ne dispose pas d’aucun faits tangibles permettant de la prendre au sérieux, Cloé perd pied inexorablement ; est-elle en train de devenir folle ou la menace de l’Ombre est-elle bien réelle ?
Pour tout vous dire et bien qu’elle se place ici en victime j’ai d’emblée trouvé le personnage de Cloé Beauchamp antipathique, ce n’est pas son ambition qui me dérange, au contraire il n’y a aucun mal à vouloir le meilleur mais pas besoin de traiter les autres comme de la merde et de les écraser à la moindre occasion, même dans sa vie privée elle est imbue d’elle même comme ce n’est pas permis (voilà un extrait qui résume parfaitement le personnage : « Plaire à quelqu’un, même si c’est au mec de Caro. Même si c’est un minable. Faire de l’ombre aux autres, même si c’est à sa meilleure amie.« ). Même son passé douloureux ne suffit pas à justifier son comportement ; au risque de passer pour un sadique je vous avouerais que j’ai plutôt pris du plaisir à la voir perdre de sa superbe et passer du rôle de prédatrice à celui de proie. Au moins pendant la première partie du récit, après ça devient franchement flippant (même si Cloé reste toujours aussi conne).
A contrario le personnage d’Alexandre Gomez, le flic bourru par excellence qui cache sa souffrance personnelle derrière cette apparente froideur, m’est tout de suite apparu sympathique (j’ai adoré la scène où il remet à sa place un flic de la BAC qui se la pétait un peu trop). Les moments qu’il partage avec sa femme sont de loin les plus chargés en émotions (parfois contradictoires) du bouquin. A vrai dire on se demande ce qu’il vient faire dans le récit, sa vie et son enquête n’ont rien à voir avec Cloé ou l’Ombre ; il faut attendre le chapitre 30 (sur 62) pour qu’ils se croisent et le 33 pour qu’ils se rencontrent, et la rencontre fait des étincelles mais il faut bien la dureté d’Alexandre pour faire tomber Cloé de son piédestal et la ramener sur terre. Elle l’ignore mais pour Alexandre sauver Cloé serait une forme de rédemption.
Enfin bien sûr il y a l’Ombre, et oui nous lecteurs savons qu’elle est une menace invisible mais bien réelle, soit dit en passant son mode opératoire est d’une perversité particulièrement machiavélique, je n’en dirai pas plus pour éviter de casser l’effet de surprise mais c’est le summum du harcèlement ; de quoi faire perdre les pédales même aux plus aguerris. Quant à son identité l’auteure prend un malin plaisir à brouiller les pistes et à nous livrer de faux indices. Il faut dire que l’auteure maîtrise parfaitement son intrigue, elle joue habilement avec nos nerfs ce qui, personnellement, n’est pas pour me déplaire quand je lis un thriller (la preuve je l’ai achevé en deux petites journées).
Encore une auteure dont je compte bien explorer l’oeuvre plus en détail, ça tombe plutôt bien vu que j’ai d’autres titres en stock ; s’ils sont tous aussi bien ficelés que celui-ci ça promet de bons moments de lecture… et de stress.

[BOUQUINS] Sire Cédric – De Fièvre Et De Sang

S. Cédric - De Fièvre Et De SangEncore une découverte sur les conseils de Marquise66 et encore un auteur français au menu de mon challenge 100% thriller avec De Fièvre Et De Sang de Sire Cédric.
Le commandant Alexandre Vauvert de la brigade criminelle de Toulouse et le commandant Eva Svärta, profileuse au Quai des Orfèvres, sauvent in extremis Eloïse Lombard des griffes des frères Salaville, des tueurs en séries qui écorchent et saignent leurs victimes. Lors de l’intervention les deux tueurs sont abattus en état de légitime défense. Treize mois plus tard deux corps de femme sont retrouvés à Paris, le tueur a repris exactement le même mode opératoire que les frères Salaville : il y avait donc un troisième tueur et celui-ci a échappé à la police. Mais les deux policiers sont loin d’imaginer la véritable nature de leur adversaire…
L’auteur qualifie lui même ses romans de thrillers gothiques, perso ça ne me parle pas vraiment comme définition, quitte à faire moins subtil je me bornerai à thrillers fantastiques. Tous les ingrédients du thriller sont réunis avec une intrigue menée à 100 à l’heure et pleine de rebondissements, quelques touches fantastiques viennent s’intégrer au récit (en l’occurrence un ancien rituel magique et quelques créatures des ténèbres). Pour ma part je trouve que le mix est parfaitement dosé, ça apporte une touche d’originalité, j’ai tout de suite accroché à l’intrigue et je n’avais qu’une hâte : découvrir comment tout ça allait se terminer.
Le style de l’auteur est exactement comme j’aime pour un thriller, pas de fioritures ou d’effets de style inutiles, juste ce qu’il faut pour nous scotcher à son bouquin, à condition toutefois d’avoir le coeur bien accroché, âmes sensibles s’abstenir, Sire Cédric ne cherche pas à nous ménager lorsqu’il décrit « ses » scènes de crimes. C’est juste délicieusement pervers et gore…
Si le Commandant Vauvert était déjà le personnage central du précédent roman de  l’auteur, L’Enfant Des Cimetières (2009), ainsi que du suivant, Le Jeu De L’Ombre (2011) il semblerait que Eva Svartä le rejoigne en première ligne dans les affaires suivantes, Le Premier Sang (2012). Ca tombe plutôt bien car ce duo hors normes est plutôt attachant, on a envie de connaître la suite de leur parcours (individuel et commun). De mon côté je compte bien suivre de prés Sire Cédric, j’ai d’ores et déjà L’Enfant Des Cimetières dans mon Stock à Lire.
Dans la mesure du possible j’ai essayé de me peaufiner un programme équilibré dans le cadre de mon challenge 100% thriller avec d’une part autant d’auteurs que je connaissais déjà que d’auteurs « à découvrir » (18 sur 30 auteurs) et d’autre part autant de titres français (15 sur 32) que d’étrangers (Etats-Unis, Europe…). Globalement je suis plutôt satisfait du résultat, mes « découvertes » ont été autant d’excellentes surprises et ce n’est pas encore fini…