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[BOUQUINS] Joël Dicker – La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert

23 Jan

J. Dicker - La Vérité Sur L'Affaire Harry QuebertPour ma prochaine escapade littéraire numérique je quitte momentanément la noirceur des thrillers, mais je garde un pied dans le monde du polar, pour une juste cause : le Book Club de la Team (j’ai raté celui de décembre par manque de temps mais j’y reviendrai car le titre semble valoir le détour). Au programme de ce mois de janvier (déjà bien entamé) La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert de Joël Dicker, un jeune écrivain suisse.
1975, Aurora (New Hampshire), Nola Kellergan, 15 ans, disparait sans laisser de traces. 2008, le squelette de l’adolescente est retrouvé enterré dans la propriété de Harry Quebert, un écrivain de renommée internationale ayant entretenu une relation avec elle au moment de sa disparition, il avait alors 34 ans ; l’écrivain est arrêté et emprisonné bien qu’il clame son innocence. Marcus Goldman, ami et ancien élève de Harry, lui aussi écrivain bien qu’en panne d’inspiration actuellement, est convaincu de l’innocence de son ami et compte bien tout mettre en oeuvre pour découvrir la vérité…
D’entrée de jeu je dois avouer que j’allais à reculons vers ce bouquin, si pour certains le mot Goncourt est gage de qualité pour moi c’est plutôt synonyme de « à éviter sous peine d’ennui mortel » (j’ai peut être tort, toujours est-il qu’aucun de ces « prestigieux » lauréats ne m’inspire), La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert ayant été nominé pour le Goncourt 2013 et ayant remporté le Goncourt des Lycéens (un lot de consolation ?) vous comprendrez ma première réaction. Qui plus est j’ai une nette tendance à éviter les bouquins que l’on cherche à nous fourguer comme étant « à lire impérativement » sous peine de passer pour un demeuré. A sa décharge je reconnais que la quatrième de couverture était plutôt encourageante, le Book Club m’aura donc fourni un bon prétexte pour me lancer.
La première bonne surprise vient de l’écriture qui est très agréable à lire, pas d’effets de style tarabiscotés histoire de se donner des airs d’intello-qui-se-la-pète, une lecture fluide qui permet de plonger tout de suite dans un récit qui se partage entre le présent et les souvenirs. D’autre part toute la partie de l’intrigue qui tourne autour de l’enquête de Marcus est plutôt bien construite, on a le droit à de nombreux rebondissements qui relancent sans cesse le suspense. Mais le bouquin ne se résume pas à ce seul aspect « policier », c’est aussi et avant tout une grande histoire d’amitié (entre Marcus et Harry) et bien entendu il y a aussi l’histoire d’amour entre Harry et Nola, histoire que le puritanisme ambiant propre à l’Amérique n’hésitera pas à qualifier de sulfureuse, perverse (et encore ce sont les versions politiquement correctes) ; toujours est il que ces divers éléments s’imbriquent parfaitement les uns aux autres.
Le découpage du roman est plutôt original puisqu’il commence par le chapitre 31 et se termine par le chapitre 1, l’on remonte le temps au gré des souvenirs des protagonistes afin d’essayer de comprendre ce qu’il s’est réellement passé au cours de l’été 75, et lors de cette quête de la vérité bien des secrets « oubliés » refont surface. Le récit étant sensé émaner de Marcus il s’attarde surtout à déchiffrer les personnalités de Harry et Nola, les autres personnages sont survolés ce qui ne nous empêche pas de les cerner en quelques lignes. Mais revenons à notre « couple interdit » et plus précisément leurs échanges, c’est vrai qu’ils ne font pas très crédibles, empreints d’un romantisme fleur bleue limite nunuche ils manquent de profondeur sachant ce qu’implique leur engagement ; mais finalement on fait facilement abstraction de ce bémol et ça ne gâche en rien la beauté de leur histoire.
Au final on obtient une intrigue policière plutôt bien ficelée, riche en surprises, profondément humaine et bourrée d’émotions ; certes ce n’est pas la perfection absolue mais à l’aube de ses 28 ans l’auteur a encore le temps de peaufiner son style et de pallier ces prétendues faiblesses, il n’en reste pas moins que pour un second roman on peut estimer que Joël Dicker a réussi un coup de maître… Même si j’ai été bluffé par ce roman mon opinion sur le Goncourt et autres prix littéraires n’a pas évolué d’un iota, ce n’est pas un bandeau rouge autour d’un bouquin qui me poussera à l’acheter et à le lire, je continuerai comme je l’ai toujours fait : au feeling. Tant pis si je passe à côté de supposés chefs d’oeuvre…

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2 Commentaires

Publié par le 23 janvier 2013 dans Bouquins

 

2 réponses à “[BOUQUINS] Joël Dicker – La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert

  1. Zofia

    28 janvier 2013 at 03:27

    Tous les Goncourt et autres livres primés ne sont pas chiants et prétentieux, bien au contraire. Il arrive parfois que des primés soient des premiers romans. Personnellement, je reste toujours ouverte à tout ! ^^
    Quant à ce livre, il m’attire vraiment beaucoup beaucoup, grâce à son couverture, son résumé et ton article 😉

     
    • Lord Arsenik

      28 janvier 2013 at 07:27

      Ca fait partie de mes a priori inconscients 🙂
      Il n’en reste pas moins que je parcourais la liste des Goncourt récents et je n’ai trouvé aucun titre que me donne envie de le lire… Mais tout peut arriver, la preuve !

       

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