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Archives du 28 septembre 2011

[BOUQUINS] Dacre Stoker & Ian Holt – Dracula – L’Immortel

Dacre Stoker - Dracula, L'ImmortelEncore une plongée dans la lecture numérique pour découvrir un roman qui me laissait plutôt sceptique, il s’agit de Dracula – L’Immortel co-écrit par Dacre Stoker (arrière-petit neveu de Bram Stoker) et Ian Holt (écrivain et spécialiste reconnu de tout ce qui touche au mythe de Dracula). Le roman se présente comme étant la suite officielle (et agréée par tous les héritiers de Bram Stoker) de Dracula, rien que ça… Offrir une suite à un pareil monument de la littérature fantastique était un pari osé (et un tantinet insensé), surtout plus de 110 ans après la parution du récit originel.
L’action débute en 1912 (25 ans après la disparition de Dracula), le groupe d’amis (Jonathan et Mina Harker, Jack Seward, Arthur Holmwood et Abraham Val Helsing) étant venus à bout du vampire s’est éparpillé aux quatre vents. Quincey Harker, le fils de Jonathan et Mina, abandonne ses études de droit pour se consacrer à sa passion, le théâtre. C’est à cette occasion qu’il rencontre Bram Stoker alors qu’il s’échine à adapter au théâtre son livre, Dracula ; en parcourant le roman Jonathan découvre l’histoire de ses parents sans vraiment réussir à séparer la fiction du réel. Il est loin de se douter qu’il va  à son tour se retrouver au coeur de la tourmente et aux prises avec les vampires…
Cette fameuse « suite officielle » mérite-t-elle que l’on s’y attarde ? Ma réponse est plutôt mitigée et prudente, à la normande : oui et non. Certes le roman est plutôt agréable à lire, l’intrigue est rythmée et riche en rebondissements mais il faut plus que ça pour se proclamer digne successeur de Dracula.
Déjà l’idée de faire apparaître Bram Stoker et son roman dans le récit c’est vraiment du grand n’importe quoi, il y avait certainement une façon plus sensée d’assurer la transition ; si l’auteur voulait rendre ainsi hommage à son illustre ancêtre on peut dire qu’il s’est lamentablement planté (d’autant que le personnage de Bram Stoker apparaît comme un raté antipathique). D’autres personnages « réels » ponctuent le récit, comme si les auteurs tenaient désespérément à ancrer leur histoire dans la réalité ; une perte de temps qui n’apporte rien, à l’exception toutefois du personnage de la Comtesse Bathory, transformée en vampire assoiffée de vengeance et de haine.
Mais tout ça n’est rien par rapport à l’outrage fait au roman original et au personnage de Dracula, le comte vampire, personnification du Mal incarné, est présenté comme un espèce de guerrier de Dieu transi d’amour pour sa belle (imaginez un Templier victime d’une méga overdose de bit-lit à la sauce Twilight), les auteurs n’hésitant pas à détourner et à réinterpréter le récit originel pour justifier leur ligne de conduite imbécile. J’ai franchement du mal  à croire que ce genre de choses puisse être le résultat de notes personnelles de Bram Stoker ! Jamais il n’aurait souillé à ce point son personnage, le terme outrage est encore trop faible c’est à un véritable viol littéraire que nous assistons !
C’eut été une histoire de vampires des plus honorables si elle n’avait emprunté les personnages de Bram Stoker (le Comte Dracula n’est pas le seul à subir les foudres barbares des auteurs), mais en se présentant comme « suite officielle » de son cultissime aïeul le roman fait insulte au mythe de Dracula et forcément ça laisse un arrière goût amer dans la gorge. A lire si vous ne connaissez pas le récit original ou si vous parvenez à en faire abstraction, à défaut replongez vous dans le seul et unique Dracula de Bram Stoker.

 
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Publié par le 28 septembre 2011 dans Bouquins