Quand le sport et la politique s’emmêlent…

Carton rouge !Le Mondial 2010 aura aussi été l’occasion d’assister à un curieux cocktail de politique et de sport… Et encore quand je parle de cocktail le mot juste serait plutôt franchement l’ingérence du monde politique dans le milieu sportif. Et pas seulement en France comme vous avez sans doute pu le constater.
Mais en bon français un tantinet chauvin je vais commencer par un rapide rappel de ce qui s’est passé dans l’hexagone (et au-delà). Le premier épisode aura été la visite de Roselyne Bachelot, ministre de la santé et des sports, à l’équipe de France après le ridicule putsch des joueurs ; l’occasion de leur remonter les bretelles et de leur rappeler qu’au-delà de leur petite personne ils sont aussi les représentants de leur pays…
Puis il y a eu l’entretien de Thierry Henry avec Nicolas Sarkozy au retour des Bleus (il est toujours difficile de savoir qui du footballeur ou du Président a été l’initiateur de cette rencontre). Par la suite Bachelot ira même jusqu’à demander la démission de Jean-Pierre Escalettes le président de la FFF (soit dit en passant c’est dommage qu’il ait été nécessaire de lui suggérer de virer, il aurait dû avoir la sagesse de prendre cette décision de son propre chef).
Et voilà que Domenech et Escalettes sont entendus à l’Assemblée Nationale pour rendre des comptes !!! Tout ça pour quoi ? Que dalle ! Beaucoup de remue ménage et de brassage d’air pour faire oublier des sujets plus graves et surtout plus politiques…

Mais il y en a qui vont plus loin, ainsi au Nigéria le président Jonathan Goodluck envisage de suspendre l’équipe nationale des Super Eagles de toutes les compétitions internationales pour une durée de deux ans en punition de leurs contre-performances lors de la compétition (éjectés au premier tour avec un nul et deux défaites). Une ingérence poussée à son maximum que la FIFA pourrait bien ne pas apprécier la politisation de la fédération nigériane et envisager des sanctions… Drôle de logique que de vouloir préparer la prochaine Coupe du Monde en privant sa propre équipe de deux années de compétition… Mais bon la logique et la politique ne font pas toujours bon ménage…

Finalement ce sont ceux pour qui l’ont se faisait le plus de soucis qui créent la bonne surprise. Après l’élimination de la Corée du Nord à l’issue du premier tour (trois défaites et un seul inscrit… ça vous rappelle pas quelque chose ce triste bilan ?) on pouvait craindre une réaction virulente du pouvoir en place ; la rumeur populaire parlait même de déportation au goulag ou de travaux forcés dans les mines mais finalement ils ont été plutôt bien accueillis et certains joueurs pourraient même rejoindre de grands clubs européens… Avec la bénédiction du pouvoir suprême.