[DVD] District 9

District 9Après un bilan en demi-teinte face à un présumé blockbuster place à une production plus modeste qui fit pourtant frémir le box-office, dimanche nous avons en effet opté pour District 9, premier film du réalisateur sud-africain Neill Blomkamp.
Suite à un problème technique des extra-terrestres sont accueillis sur Terre mais parqués dans un ghetto de la banlieue de Johannesburg, le fameux District 9. Après 30 ans de cohabitation pas toujours cordiale avec les humains il est décidé de les expulser vers un ghetto encore plus pourri. Opération de routine pour le responsable chargé de superviser les opérations (Sharlto Copley) avec soutien militaire, juste au cas où. Mais les choses se compliquent quand il est infecté par une substance alien qui l’entraine inéluctablement vers une mutation extra-terrestre. Ses alliés d’antan deviennent ses ennemis, propageant de fausses rumeurs afin de le discréditer et de justifier la traque dont il fait l’objet. Quand il parvient à prendre la fuite il devient, pour tous, l’homme à abattre ; traqué par l’armée il n’aura d’autres choix que de se réfugier dans le District 9 et y trouver des alliés inattendus…
Le film commence comme un énième vrai faux-documentaire avec des extraits de reportages et des interviews… Soupir las et désabusé… Pfft encore… Mais heureusement ça ne dure qu’un temps, dès que les choses sérieuses commencent on se retrouve face à un « vrai » film. Le projet du jeune réalisateur a su séduire Peter Jackson (réalisateur notamment de la cultissime trilogie Le Seigneur Des Anneaux) qui endosse la casquette de producteur, lui donnant ainsi l’occasion (et les moyens) de réaliser son rêve. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’essai a été brillamment transformé… Et largement rentabilisé !
Sous couvert de science-fiction le film n’en reste pas moins un plaidoyer pour la tolérance, plaidoyer dans lequel nous, les humains avons le mauvais rôle et les aliens sont nos victimes (un concept qui n’est pas sans rappeler Avatar de James Cameron). Que le film se situe en Afrique du Sud n’a rien d’un hasard ou d’un concours de circonstances, la situation décrite fait clairement penser à l’apartheid et au racisme latent voire à la xénophobie pure et dure… Si dans la première partie du film le personnage principal est une véritable tête à claques multipliant les bourdes (pour ne pas dire les clichés du beauf basique), face à sa mutation, il va devoir apprendre à ouvrir les yeux et à voir les choses autrement.
Le succès a été au rendez-vous aussi bien de la part de la critique que du public, à croire que tout le monde est tombé sous le charme de cet OVNI cinématographique et franchement il y a de quoi succomber. Original et plein de fraîcheur malgré un scénario dramatique ce film souffle un vent de renouveau sur un genre qui avait une nette tendance à se reposer sur ses lauriers, un peu de sang neuf qui n’est pas pour déplaire. D’autant que tout est parfaitement maîtrisé, du jeu des acteurs (pour la plupart inconnus) à l’image volontairement brute sans oublier la clé de voute de la SF : les effets spéciaux, qui sont présents mais pas omniprésents, ils viennent enrichir le contenu et non masquer des faiblesses scénaristiques.
Bref j’ai été conquis par la chose, une suite est d’ores et déjà annoncée et franchement ce n’est pas juste histoire de surfer sur le succès, il reste en effet beaucoup de questions en suspens après le clap de fin. District 9 nous a mis l’eau à la bouche, espérons que District 10 nous comblera tout autant, voire plus…