Marie Luce Penchard : démission !

Au cours d’un meeting en Guadeloupe où elle est candidate UMP aux élections régionales Marie-Luce Penchard, Ministre de l’Outre-Mer, a multiplié les « maladresses » (à ce stade on peut dire conneries). Qu’elle affirme son attachement à son ile en martelant que son « coeur est et restera en Guadeloupe » passe encore, mais la suite est plus préoccupante quand elle lance « Je n’ai envie de servir qu’une population, c’est la population guadeloupéenne » avant d’enfoncer le clou « Il y a des enjeux financiers considérables, nous en sommes à une enveloppe de plus de 500 millions d’euros aujourd’hui pour l’outre-mer. (…) Et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique, et de me dire, enfant de la Guadeloupe, je ne suis pas capable d’apporter quelque chose à mon pays, mais à quoi je sers ? ».

OK un politicien n’est pas à l’abri d’une bourde, d’une bévue, d’une gaffe ou d’un lapsus mais là elle tape fort, très fort même, dans la connerie ! Grosso modo on doit comprendre que ses fonctions à l’Outre-Mer ne profiteront qu’à la Guadeloupe ; sympa pour les 10 autres collectivités placées sous son autorité et une belle baffe dans la gueule à son devoir de neutralité ! C’est un peu comme si Luc Chatel, Ministre de l’Education (un thème à la mode en ce moment c’est pour ça que je le prends comme exemple), annonçait que l’enveloppe budgétaire de son ministère ne servirait que la Haute Marne…
Il n’y a pas que les DOM-TOM qui ont été surpris (voire choqués) par cette déclaration, la classe politique française n’a pas tardé à réagir. Que le PS exige la démission de Marie Luce Penchard n’est pas franchement une surprise mais à droite aussi des voix, et pas forcément des moindres (Patrick Balkany, proche de Nicolas Sarkozy, pense « qu’elle devrait être virée du gouvernement »), s’élèvent dans le même sens… Ses défenseurs tentent d’apaiser les choses en affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte, MLP s’exprimant en tant que candidate aux régionales et non en tant que ministre… Peut être mais alors pourquoi avoir mentionnée l’enveloppe budgétaire de son ministère ? Soit dit en passant qu’elle semble tenir pour acquit que son budget sera exclusivement réservé à la Guadeloupe, en effet pour quitter un point A il faut déjà s’y trouver. Donc pour que la « manne financière » en question puisse quitter la Guadeloupe il faut qu’elle y soit déjà… CQFD, la bourde dans la bourde… Encore mieux que les poupées russes emboitées !
Dans tous les cas je ne pense pas que la casquette de ministre soit un truc que l’on peut enlever à volonté, candidate ou non elle reste Ministre de l’Outre-Mer et se doit de rester neutre vis-à-vis de toutes les collectivités d’Outre-Mer…

Donc pour ma part je plussoie : elle doit démissionner ou à défaut être éjectée du Gouvernement ! N’en déplaise à Fillon qui qualifie la situation de « petite polémique dérisoire« … En effet comment les habitants des autres collectivités pourraient-ils encore faire confiance à ce ministre de pacotille après une pareille maladresse (pour ne pas dire un pareil aveu) ? Si elle a un minimum de bon sens (ce qui ne semble pas acquit) elle devrait quitter d’elle même, et dans les meilleurs délais, ses fonctions au ministère.
Déjà à la base la décision de nommer une ultramarine à l’Outre-Mer était une innovation saugrenue de la part de Nicolas Sarkozy ; il était évident que, à un moment ou à un autre, l’attachement personnel à sa terre prendrait le dessus sur sa fonction… Mais cela n’excuse en rien de tels propos !

[DVD] Brüno

BrünoChangement de registre dimanche après-midi avec le film Brüno, réalisé par Larry Charles.
Un styliste de mode autrichien, gay notoire, s’exile à Los Angeles avec pour seul objectif : devenir célèbre ! Quel qu’en soit le prix à payer…
Le film s’inscrit dans la lignée de Borat, lui aussi incarné par Sacha Baron Cohen, donc forcément on oublie le raffinement et le politiquement correct pour du trash ! Et comme son prédécesseur Brüno pointe du doigt les travers de l’Amérique profonde (voire basique pour ne pas dire profondément basique) à travers un mélange de fictions et d’images bien réelles (pas facile justement de savoir où s’arrête la fiction et ou commence le doc… et c’est justement l’une des forces du film).
En tête de file des dénonciations l’on trouve bien entendu l’homophobie sous diverses formes de la plus brute (manif. homophobe) à la plus sournoise (des pasteurs qui se clament convertisseurs d’homos, se vantant de les convertir en hétéro) mais l’on y voit aussi les dérives de la télé-poubelle, un florilège de déviances sexuelles… Bref il y en a pour tous les (mauvais) goûts !
Pour apprécier c’est clair qu’il ne faut pas avoir peur du trash et du hardcore, donc évidemment à ne pas mettre entre toutes les mains (à oublier pour la soirée DVD en famille, avec les gosses) mais quel pied ! Ce mec (Sacha Baron Cohen) est un fou !!! Pour notre plus grand plaisir… Tout à fait le genre de film qui ne laissera personne indifférent, les uns adoreront, les autres détesteront !

[DVD] Slumdog Millionaire

Slumdog MillionairePremière pause DVD du week-end, samedi après-midi, avec le film Slumdog Millionaire de Danny Boyle.
Un jeune indien des taudis (incarné Dev Patel) s’est inscrit au jeu « Qui veut gagner des millions » dans l’espoir de retrouver la femme qu’il aime depuis toujours (interprétée par Freida Pinto) mais à la veille de la dernière question il est arrêté par la police sur dénonciation de l’animateur qui le soupçonne de tricherie. Au cours de l’interrogatoire, qui revient sur les différentes questions posées, le jeune homme explique que chacune des questions posées lui rappelle un épisode de sa vie ; et c’est justement à cette vie de débrouilles et de magouilles que l’on assiste au cours de divers flashbacks…
On va pas tourner autour du pot j’ai tout simplement adoré ce film ! Le trio d’acteur qui mène le film (trois acteurs différents par personnage, enfant, ado et adulte) est plus que convaincant (il faut dire aussi qu’ils sont indiens et qu’ils ont vécu dans ce monde de débrouilles). L’histoire, certes dramatique, laisse une place au rire et au romantisme pour donner un film émouvant à souhait. On est transporté dans les bas-quartiers de l’Inde, si la misère y règne les enfants n’y sont pas forcément malheureux (ils n’ont connu que ça comme vie) mais cela n’empêche pas d’avoir de l’ambition… Et parfois d’en payer le prix… Une totale réussite à voir, à revoir et à avoir !
Avec neuf nominations et 8 Oscars (dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur) le film a largement dominé la cérémonie et c’est un succès plus que mérité surtout pour un film à petit budget et sans aucune tête d’affiche au casting (au contraire Danny Boyle a tenu à un casting indien). Pari réussi et essai plus que transformé ! Je reprends bien volontiers à mon compte l’accroche du DVD : « Plus qu’un film, un événement !« .