La culture d’entreprise vue par Bernard Werber

Dans son ouvrage, l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (ESRA), Bernard Werber relate une expérience qui illustre parfaitement selon lui la « culture d’entreprise ».

ESRAMettez 20 singes dans une chambre close, accrochez une banane au plafond et mettez une échelle permettant d’accéder à la banane. Il n’y a aucun autre moyen d’attraper la banane que d’utiliser l’échelle. Mettez en place un système qui fait que dès qu’un chimpanzé commence à escalader l’échelle toute la pièce est arrosée d’eau glacée… L’idée étant que si un chimpanzé décide de grimper à l’échelle tous les chimpanzés reçoivent une douche glacée. Rapidement les singes comprendront qu’il ne faut pas approcher de l’échelle.
Coupez ensuite l’arrivée d’eau glacée, aucun singe ne tentera d’escalader l’échelle qui reste pour eux synonyme de danger ou de punition. Remplacez maintenant un des 20 chimpanzés par un nouveau. Ce-dernier va bien entendu essayer de choper la banane et sans comprendre pourquoi il se fera tabasser par les autres ; pour lui l’idée est simple : les autres savent quelque chose qu’il ne sait pas et donc échelle = danger.
Remplacez de nouveau un des « anciens » chimpanzés par un nouveau, même topo son premier réflexe sera de se ruer sur la banane et dès qu’il approchera de l’échelle les autres l’attaqueront, et c’est le singe introduit juste avant lui qui sera le plus virulent. Continuez l’expérience jusqu’à ce que les 20 « anciens » chimpanzés aient été remplacés par des nouveaux, chaque nouvel arrivant étant passé à tabac par ses pairs dès qu’il approchera de l’échelle.
Au final les 20 nouveaux chimpanzés éviteront l’échelle sans savoir pourquoi il ne faut pas s’en approcher… Ils suivent bêtement une règle imposée à la collectivité sans chercher à en comprendre les tenants et les aboutissants.

Cette expérience illustre un concept économique appelé Loi de Parkinson qui veut que « plus une entreprise grandit, plus elle engage des gens médiocres et surpayés. Pourquoi ? Tout simplement parce que les cadres en place veulent éviter la concurrence. La meilleure manière de ne pas avoir de rivaux dangereux consiste à engager des incompétents. La meilleure façon de supprimer en eux toute velléité de faire des vagues est de les surpayer. Ainsi les castes dirigeantes se trouvent assurées d’une tranquillité permanente. A contrario, selon la loi de Parkinson tous ceux ayant des idées, des suggestions originales ou des envies d’améliorer les règles de la maison seront systématiquement éjectés. Ainsi, paradoxe moderne, plus l’entreprise sera grande, plus elle sera ancienne, plus elle entrera dans un processus de rejet de ses éléments dynamiques bon marché, pour les remplacer par des éléments archaïques onéreux. Et cela au nom de la tranquillité de la collectivité » (Bernard Werber).

Ainsi naît et se développe la culture de l’entreprise, plus une entreprise se structure, plus elle devient une machine à produire du conformisme et plus le jeu politique prend de l’espace au détriment des idées novatrices…

A méditer messieurs les managers et autres chefs en tout genre…

Quelques liens concernant Bernard Werber et l’ESRA :
Site officiel
ESRA Online

[MUSIC] Laurent Ottogalli – Tout Slam Est Egal (2009)

S’il est un genre musical inclassable il s’agit bien du slam tout simplement parce qu’il tient d’avantage de la poésie que de la chanson à proprement parler et moins encore de la musique (certains titres ne bénéficiant d’aucun accompagnement musical). D’autre part j’avoue que j’ai du mal à me positionner par rapport à ce genre, à vrai dire selon les artistes ça passe ou ça casse ; ainsi sur la scène française il n’y a guère que Grand Corps Malade que j’écoute avec un réel plaisir ; ses textes sont parfois amusants, parfois émouvants mais toujours intelligents (et surtout dénués de tout aspect revendicatif) et le son de sa voix grave est un pur bonheur pour les oreilles d’un amoureux de la langue française.

Laurent OttogalliSur le Territoire quand on parle slam on pense tout de suite à Paul Wamo, il est vrai qu’il est le premier à s’être essayé au genre mais je n’adhère pas à sa quête identitaire et donc forcément ses textes me laissent de marbre ; c’est sur Calédosphere que j’ai entendu pour la première fois parler de Laurent Ottogalli à l’occasion de la diffusion d’un slam qu’il a écrit à l’intention du maire de Nouméa, Jean Léques (voir l’article). Le texte a tout de suite fait tilt et du coup j’ai décidé de guetter la sortie prochaine de l’album.
Et c’est désormais chose fait, Laurent Ottogalli nous propose, au travers de son premier album, Tout Slam Est Egal, de découvrir au travers de 19 textes toute l’étendue de son talent et se laisser bercer par les mots… Il faudra d’ailleurs certainement plusieurs écoutes pour saisir toutes les subtilités de l’album mais dès les premiers morceaux on se laisse embarquer dans le monde du slammeur pour un voyage enchanté dans les méandres de notre belle langue. Quelques titres bénéficient d’un arrangement musical léger (assuré par Alain Eschenbrenner) qui n’éclipse jamais le texte mais vient au contraire renforcer l’impact des mots.
A noter que le CD est accompagné d’un livret de 36 pages permettant de se plonger dans les textes de l’auteur, mais franchement pour les premières écoutes je vous recommande d’oublier le livret et de vous laisser simplement guider par les mots…

Mon Slam A Lèques (Laurent Ottogali) – Voir sur Youtube

Disney s’offre Marvel – Le début de la fin ?

En parcourant le Net sans but précis je suis tombé sur une news qui aura eu le don de faire frétiller mes antennes de cinéphile… Et pas forcément dans un élan d’optimisme !

En effet j’ai appris que le groupe Walt Disney Company devrait prochainement s’offrir Marvel Comics pour la coquette somme de 4 milliards de dollars. Pour ceux qui l’ignoreraient (il y en a ?) Marvel détient les licences de la plupart des super héros légendaires dont certains sont (et seront) adaptés au cinéma (Spider-Man, Daredevil, Iron-Man, Hulk, X-Men, Les 4 Fantastiques…) et c’est justement sur ce dernier point que je me fais du souci.
Quand on sait que Disney refuse d’adapter la suite du Monde de Narnia sous prétexte qu’elle serait « trop adulte » on peut craindre le pire pour nos super héros préférés… Et c’est bien dommage au vu de la production actuelle sous licence Marvel qui nous offre des films intelligents et adultes bien loin des niaiseries nunuches que l’on pouvait voir  dans les années 80/90 ! A l’heure où des projets ambitieux, toujours sous licence Marvel, étaient annoncés (devant aboutir notamment sur le film Les Vengeurs en 2012) on peut espérer que le passage sous la coupe de Disney ne se fera pas au détriment de la qualité et des attentes du public déjà fidèle de Marvel.
Mais d’un autre côté, si l’on veut positiver, on peut aussi se dire que l’activité cinématographique de Disney, hormis les productions Studios Pixar, a tendance à battre de l’aile et que justement l’intérêt de la firme est de profiter de cette manne (la gamme Marvel représente plus de 5000 personnages) pour se remettre sur les rails ; et donc dans ce cas il va dans leur intérêt de ne pas décevoir un public déjà acquis tout en essayant de ratisser plus large (mais pas trop)…

Marvel

Le fait est que le marché financier a plutôt l’air de bien prendre la chose, après l’annonce de l’opération l’action Disney a légèrement chuté alors que celle de Marvel a fait un bond en avant… Il est amusant de constater que le grand rival de Marvel, DC  Comics, est la propriété depuis de nombreuses années déjà, d’un autre géant du cinéma, Warner Bros. Alors bon présage ou pas ? Affaire à suivre, prochainement sur vos écrans…

Source : Slate.fr